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Recherche et neurones : une nouvelle technique américaine pour rendre le cerveau plus lisible et faciliter l’imagerie cérébrale

Baptisée « Clarity » (clarté en français), la technique, mise au point aux États-Unis, devrait révolutionner les neurosciences. Il ne s’agit pas moins de rendre complètement transparent le cerveau afin de permettre d’effectuer facilement des images 3D d’une grande précision des neurones et de leurs connexions. Pour Thomas Insel, directeur de l’Institut national américain de santé mentale (Institute of Mental Health, Maryland), « il s’agit probablement de l’avancée la plus importante de ces dernières décennies dans le domaine de la neuroanatomie ». Le détail de cette méthode vient d’être publié dans la célèbre revue scientifique anglo-saxonne Nature, accompagné d’images parlant d’elles-mêmes.

Voir le cerveau dans ses plus petits détails

Pour contourner l’opacité naturelle du tissu cérébral à l’analyse, les chercheurs de l’Université de Stanford, emmenés par Karl Desseiroth, ont tout simplement retiré chimiquement les graisses, c’est-à-dire les lipides qui constituent la membrane des cellules. Un gel (appelé hydrogel) a été appliqué pour prendre la place des lipides éliminés. Il sert ainsi de support de substitution, sorte d’armature souple et transparente, afin de respecter l’intégrité des cellules.

Ensuite, différents marqueurs fluorescents, ciblant spécifiquement une cellule particulière (un neurone excitateur ou inhibiteur, entre autres) ont été injectés. La finesse obtenue du marquage est des plus remarquables puisqu’elle permet d’identifier un composant au niveau moléculaire, révélant, par exemple, la présence d’un neurotransmetteur ou d’une protéine donné(e) dans le cerveau.

Bien que les résultats révélés aient été obtenus pour du tissu de cortex de souris, l’engouement est fort dans la communauté scientifique. Car l’équipe de Deisseroth a réussi également à appliquer sa nouvelle technique sur des morceaux de cerveau humain.

On le comprend, les applications potentielles sont multiples. Certains chercheurs espèrent, par exemple, avoir ainsi accès un jour à la comparaison entre un réseau neuronal fonctionnel (sujet sain) et celui d’une personne atteinte d’une maladie ou incapacité neurologique. Avec, à la clé, une connaissance fine permettant de traiter une pathologie. Cependant, quelques années de recherche seront certainement encore nécessaires. O. Clot-Faybesse

 

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