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Dépendance : trop de confusions au sujet des aidants dans le Figaro, selon l’Association française des aidants

Le sondage sur la perte d’autonomie*, publié le 22 avril dernier dans le supplément santé du Figaro, a fait réagir l’Association française des aidants. Selon elle, plusieurs points doivent être précisés car ils entretiennent une représentation faussée de ces 8,3 millions de Français qui soutiennent quotidiennement un proche malade ou en situation de handicap. Trois questions à Florence Leduc, sa présidente.

Faire Face : Qu’est-ce qui vous a plus particulièrement interpellée dans ce sondage ?

Florence Leduc : Il faut être attentif aux mots utilisés. Parler d' »aidants professionnels », par exemple, entraîne une confusion des genres. Par définition, les aidants sont des proches donc des « non professionnels ». L’expression « la placer en institution » est elle aussi révélatrice, comme si on occultait toute concertation familiale, l’avis de l’intéressée et la possibilité d’un accompagnement à domicile. Par ailleurs, la population interrogée -1 010 individus de 18 ans et plus- n’est pas représentative des aidants. Certains enfants ont d’énormes responsabilités vis-à-vis d’un parent malade ou d’une fratrie dans laquelle il existe un handicap.

FF : Vous regrettez aussi que les interventions professionnelles soient présentées comme des « aides aux aidants »…

F.L. : Le premier besoin d’un aidant n’est pas d’être accompagné pour faire les soins mais de savoir que son proche bénéficie des aides humaines et techniques adaptées à sa situation. Ce n’est pas à moi de soigner les escarres de mon père, de lui mettre sa prothèse ou de lui faire sa toilette… Par contre, je peux lui tenir compagnie, préparer de bons petits plats, inviter ses amis… Notre message commence à passer. Il intéresse le gouvernement, les aidants et, ce qui m’encourage énormément, les personnes accompagnées. Elles aussi plébiscitent cette séparation. Beaucoup aimeraient passer une journée sans leur proche mais elles ne peuvent pas le lui dire. En donnant constamment, l’aidant provoque sans en avoir conscience un contre-don dans lequel l’autre le laisse décider à sa place.

FF : Dans ce sondage, les aidants expriment cependant leur besoin de formation. Quel pourrait être son contenu ?

F.L. : Certains aidants peuvent avoir besoin de savoir à quoi ils s’engagent. Ils vont devoir apprendre à concilier leur vie d’aidant avec leur vie familiale et professionnelle sans se laisser déborder. Et puis il y a ceux qui cohabitent avec la personne en situation d’être aidée. Les professionnels n’étant pas présents 24/24h, l’aidant peut être amené à effectuer certains gestes, ne serait-ce que pour aider la personne accompagnée à se relever de son fauteuil et regagner son lit. Pour que ces moments se déroulent dans la sérénité, sans risquer de faire mal ou de se blesser soi-même, il faut avoir reçu des conseils en amont. Propos recueillis par Audrey Plessis – Photo Bernard Lachaud pour Unifaf * La perte d’autonomie, sondage OpinionWay du 16 avril 2013 pour L’Observatoire de la Santé Le Figaro – Weber Shandwick.

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