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Rapport Jacob : des propositions pour améliorer l’accès aux soins des personnes handicapées

« Les personnes handicapées ont plus de difficultés que les autres (…) pour accéder aux soins courants. » Ce désolant constat avait amené Marie-Arlette Carlotti à confier à Pascal Jacob une mission sur le sujet. La ministre en charge des personnes handicapées trouvera de très nombreuses pistes pour mettre fin à ce scandale sanitaire dans le rapport, Un droit citoyen pour la personne handicapée, un parcours de soins et de santé sans rupture d’accompagnement, que le président de Handidactique I=MC2 lui a remis, ce jeudi 6 juin. « Des décisions seront prises à l’issue du Comité interministériel du handicap » qui devrait se dérouler fin juin ou début juillet, a promis Marie-Arlette Carlotti.

Équipes mobiles d’urgence

Pour diminuer le recours aux urgences, le passage y étant « souvent décrit comme catastrophique » par les personnes handicapées et leurs proches, Pascal Jacob propose de déployer « des équipes mobiles d’urgence pluridisciplinaires et territorialisées ». Il recommande par ailleurs qu’un numéro vert 24h/24 permette aux personnes handicapées, aux familles et aux professionnels d’accéder à « une ressource experte ». Et qu’au sein de chaque hôpital soit instituée une équipe handicap pour aider les professionnels à « décoder les situations complexes ».

Autre priorité : améliorer la coordination entre les acteurs en créant des référents du parcours de santé qui aideraient les personnes à organiser ce parcours ou bien encore en développant le carnet de santé informatisé. Il faut également permettre « aux personnes handicapées de passer leur fin de vie chez elles, qu’il s’agisse d’un domicile privé ou d’un établissement médico-social ». Ce qui suppose de mieux former le médecin traitant, de faciliter le recours à l’hospitalisation à domicile, de développer les équipes mobiles de soins palliatifs et de soutenir l’entourage.

Pour Pascal Jacob, l’accessibilité ne se limite pas à l’élimination des obstacles architecturaux mais doit également englober la formation, les équipements nécessaires, les outils de communication, etc. Les professionnels seraient tenus de faire une déclaration d’accessibilité sur la base de critères à définir. Et un label pourrait être attribué suite à une évaluation externe. Des appels à projets permettraient de financer des mises aux normes dans les zones déficitaires et des unités de soins mobiles seraient créées dans les déserts médicaux.

Des coûts… et des économies

« Il y a indignité à ne pas faire bénéficier les personnes en situation de handicap des campagnes de prévention nationale », déplore Pascal Jacob qui recommande de rendre obligatoire un volet handicap dans toutes les campagnes, de systématiser un suivi préventif en gynécologie, de mettre en œuvre des actions d’éducation thérapeutiques dans les établissements, etc.

Bien évidemment, il propose aussi de sensibiliser le personnel soignant et de le former, tout comme les aidants. Enfin, parce que « bien soigner une personne handicapée exige beaucoup plus de temps », il est nécessaire de « revoir la tarification des soins à l’hôpital et à la ville » pour ces patients.

Pascal Jacob est bien conscient que les mesures proposées ont un coût, mais au final, elles engendreront des économies « parce qu’on aura pris les patients à temps, que certaines difficultés auront été anticipées et que de mauvaises orientations ou examens inutiles auront pu être évités ». Et surtout, elles permettront d’améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap.

Franck Seuret – Photo DR

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