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Médicaments : les antalgiques perturbateurs endocriniens, selon des chercheurs de l’Inserm ?

Une équipe de l’Inserm place les antalgiques sur le banc des perturbateurs endocriniens. Elle vient en effet de prouver que le paracétamol, l’aspirine et l’indométacine sont associés à des dysfonctionnements hormonaux chez l’homme. Alors que ces antalgiques, disponibles en libre accès, font partie des médicaments les plus vendus, les voici soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Comme les phtalates, les dioxines ou le bisphénol A, ils interfèreraient avec nos hormones naturelles en induisant des effets délétères.

C’est ce que montrent les travaux d’une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), coordonnée par Bernard Jégou, directeur de l’Institut de recherche, santé, environnement et travail (Irset). Les chercheurs ont évalué les conséquences de trois d’entre eux -le paracétamol, l’aspirine et l’indométacine- sur des échantillons de tissus testiculaires d’hommes adultes. Les résultats sont sans appel : « Aux doses équivalentes à celles qui circulent dans le plasma après une prise de ces molécules, chacune d’elles perturbe la production d’hormones stéroïdiennes et d’autres facteurs nécessaires à la masculinisation et la fertilité », indique Bernard Jégou*.

La découverte a de quoi surprendre ! Pourtant, si les chercheurs ont mené ces travaux, avec le soutien de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM), c’est qu’ils avaient de fortes présomptions. Chez l’homme, plusieurs études leur faisaient soupçonner une association entre la prise d’antalgiques pendant la grossesse et le risque d’anomalie testiculaire chez l’enfant à naître (cryptorchidie). L’équipe de Bernard Jégou, qui avait aidé à collecter une partie des données, avait ensuite effectué des recherches chez le rat qui témoignaient elles aussi de perturbations hormonales liées à la prise d’antalgiques (baisse de la production de testostérone, féminisation des rats nouveau-nés…). Lors de ces travaux, le paracétamol semblait toutefois moins mis en cause.

Audrey Plessis

*Les antalgiques sur le banc des perturbateurs endocriniens, communiqué Inserm du 3 juin 2013.

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