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Demain sur les écrans : Grigris de Mahamat-Saleh Haroun, un film noir mais conventionnel autour d’un danseur hors norme

Le film porte le nom de son héros, Grigris. Un jeune habitant des quartiers pauvres de N’Djamena. Un peu photographe, un peu réparateur de radio et un peu danseur en dépit d’une jambe gauche atrophiée. Contraint à la débrouillardise et la survie, il n’a pas d’autres choix que de « bouger ». Encore plus lorsque son oncle, son père de substitution, tombe gravement malade. Pour le soigner, il faut de l’argent.

Sacrifiant son rêve de vivre des chorégraphies électriques qu’il improvise dans les boîtes de nuit de la capitale tchadienne, Grigris s’aventure alors à travailler pour des trafiquants d’essence, puis à tenter de les arnaquer. Une descente vers les enfers qu’il partage avec une autre marginale dont il s’amourache et aimerait être le sauveteur : Mimi, une jeune métisse prostituée, sans père connu et qui aspire à devenir mannequin.

Un récit conventionnel et plat

Seul film africain présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, il n’a pas totalement convaincu. Certes, la gestuelle incroyable et les chorégraphies saccadées de l’acteur qui campe Grigris, Souleymane Démé (lui-même danseur/musicien handicapé), ont de quoi étonner. Tout comme la beauté des images due à une photographie très stylisée. Mais le récit se révèle assez conventionnel et plat, la distribution inégale, le caractère des personnages insuffisamment épais. Dommage.

Restent de belles séquences. Et la portée documentaire de ce film naïf et touchant, le cinquième du cinéaste franco-tchadien Mahamat-Saleh Haroun (et le premier tourné en numérique et cofinancé par son pays d’origine) évoquant en filigrane la violence de l’univers de la nuit, règlements de compte mafieux, emprise d’êtres humains sur d’autres, exclusion sociale, maladie, misère… Le tout en évitant l’écueil du misérabilisme. Avec même une note d’espoir lorsqu’il y est question de vivre ensemble en ville et dans les villages, de solidarité des femmes et d’émancipation féminine.

Élise Jeanne

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