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Un dérivé du cannabis est attendu par des milliers de patients atteints de sclérose en plaques... © DR

Cannabis thérapeutique : le tribunal correctionnel d’Avignon autorise un malade à fumer

Marc, 47 ans, est atteint de la maladie de Horton qui provoque d’intenses crises douloureuses. Il cultive et fume du cannabis depuis quinze ans, seul moyen, selon lui, de soulager ses symptômes. Contre toute attente, le juge l’a relaxé lundi 18 novembre. « C’est génial, je l’espérais mais je ne m’y attendais pas. C’est un début pour tous les autres malades », a commenté l’Avignonnais.

La maladie de Horton touche habituellement les sujets de plus de 50 ans en provoquant une inflammation des vaisseaux, une altération de l’état général et diverses douleurs, en particulier de violents maux de tête. Son traitement, à base de corticoïdes, ne semble pas suffisant dans le cas de Marc qui a dû cesser de travailler. Le parquet a néanmoins décidé de faire appel. « Nous ne nions pas que ce monsieur connaisse de graves difficultés, mais nous ne pouvons pas cautionner ce que j’ai qualifié d’automédication au cannabis car c’est illégal », a justifié le procureur adjoint.

En mars dernier, le Tribunal correctionnel de Belfort avait condamné Dominique Loumachi alors qu’il utilisait la plante pour soulager les douleurs de sa myopathie. Le quadragénaire avait fait appel mais le verdict était confirmé en juillet alors même que le gouvernement venait d’autoriser la commercialisation de médicaments contenant des dérivés cannabinoïdes. La contradiction n’est qu’apparente.

Comme nous le rappelions dans le dossier d’avril du magazine Faire Face, consacré au cannabis thérapeutique, les cannabinoïdes médicaments et le cannabis fumé présentent des propriétés bien différentes. D’autre part, si la ministre de la Santé Marisol Touraine s’était déclarée favorable aux premiers, elle avait rappelé son opposition la plus ferme à la dépénalisation du cannabis. Une position peu surprenante, concernant un usage récréatif, mais qui mériterait d’être clarifiée à propos des malades.

Audrey Plessis – Photo DR

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