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Euthanasie passive : la justice décide de maintenir en vie Vincent Lambert

Comme annoncé hier, le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a tranché ce jour dans le conflit qui déchire la famille de Vincent Lambert. Ce tétraplégique de 38 ans, en état de conscience minimale à la suite d’un accident de moto, continuera à être maintenu en vie malgré le souhait de sa femme et d’une partie de ses proches et l’appui des médecins du CHU de Reims.

Le soulagement est grand en revanche pour les parents de Vincent ainsi que deux de ses huit frères et sœurs qui étaient opposés à toute forme d’euthanasie passive. Pour leur avocat, Maître Jérôme Triomphe, il s’agit « d’une très grande victoire pour la vie de Vincent Lambert, dont même les médecins reconnaissaient que personne ne pouvait interpréter ses prétendus signes de volonté de mourir. »

Le personnel médical doit l’alimenter

Dans leur ordonnance, les neuf juges sont allés dans le même sens que le rapporteur public qui avait requis l’arrêt immédiat de l’exécution du processus de fin de vie. Dans ses conclusions, le rapporteur avait estimé que la suppression de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert représentait « une atteinte grave et manifestement illégale au droit fondamental à la vie » (L521-2 du Code de justice administrative), qui allait entraîner « nécessairement et donc délibérément sa mort. » En outre, il était précisé qu’il n’y avait pas « d’obstination déraisonnable » (comprendre : acharnement thérapeutique) à nourrir un patient qui n’était pas en fin de vie. Suivant ces arguments, le tribunal a par conséquent demandé au personnel médical de Reims d’alimenter à nouveau le jeune tétraplégique afin « de faire cesser le danger qui pèse sur lui ».

Le cas de Vincent Lambert en rappelle un autre : celui de Vincent Humbert. Ce dernier, tétraplégique, aveugle et muet, avait été aidé à mourir par sa mère, Marie, en 2003. O. Clot-Faybesse

A propos de Valérie Dichiappari

Valérie Dichiappari
Rédactrice en chef.

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