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Stimulation électrique : des patients paraplégiques bougent à nouveau et volontairement leurs jambes

Heureusement, la science ne connaît pas de frontières et ne s’embarrasse pas de questions politiques. En effet, et alors qu’il flotte comme un regain de guerre froide entre Russes et Américains, des travaux conjoints menés par des chercheurs basés aux États-Unis (Universités de Louisville et de Californie) et en Russie (Institut de physiologie Pavlov) viennent d’aboutir à une avancée remarquable. Quatre jeunes hommes paraplégiques depuis de nombreuses années sont arrivés à bouger à nouveau les muscles des membres inférieurs grâce à la stimulation électrique de leur moelle épinière.

Le détail de ces résultats encourageants a été publié le 8 avril dans la revue scientifique internationale anglo-saxonne Brain.

Les jeunes patients atteints d’une section totale de la moelle, dont Kent Stephenson (photo ci-contre), ont été volontaires pour l’implantation d’un module de stimulation électrique dans l’espace épidural. Celui-ci se situe entre la dure-mère et le canal vertébral de la région lombo-sacrée, à l’endroit où aboutissent précisément les fibres des neurones contrôlant les muscles des jambes.

« Abandonner l’idée qu’aucune récupération n’est possible après une paralysie complète. »

Le rôle du module de stimulation électrique ? Mimer directement, et de manière continue, les signaux que transmet normalement le cerveau aux muscles pour initier le mouvement.

Progressivement, les expérimentations ont eu une conséquence surprenante et inattendue : les patients ont de moins en moins eu besoin d’être artificiellement stimulés afin d’activer les muscles de leurs membres inférieurs. Décryptage : la stimulation électrique répétée est en quelque sorte parvenue à ré-enclencher le réseau neuronal contrôlant et dirigeant les mouvements musculaires. Ainsi, des patients qui n’avaient plus aucune chance de récupération ont été capables de soulever les jambes, bouger leurs hanches, leurs chevilles et aussi leurs orteils !

Bien entendu, il est loin d’être certain que des personnes ainsi traitées puissent un jour remarcher. Néanmoins, cette avancée permet, comme l’estime le docteur Susan Harkema (Université de Louisville), co-responsable de ces travaux, « d’abandonner l’idée qu’aucune récupération n’est possible après une paralysie complète. Et de préciser que « notre découverte peut augmenter considérablement les mouvements volontaires chez des individus atteints d’une paralysie complète, et cela des années après la lésion. » O. Clot-Faybesse

 

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