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À Berlin, un mémorial pour les 300 000 personnes handicapées exterminées par les Nazis

Benjamin Traub a été assassiné en mars 1941, à l’âge de 27 ans. Condamné à mourir par les autorités nazies, en secret, parce qu’il était schizophrène. Comme quelque 300 000 autres personnes handicapées, mentales ou physiques, vivant dans des établissements spécialisés. Un monument à leur mémoire a été inauguré le 2 septembre, à Berlin, la capitale allemande.

memorial de Berlin hommage aux vixtimes handicapees du nazismeSur l’emplacement de l’ancien quartier général du programme baptisé T4, en référence à l’adresse, 4 rue Tiergarten, les visiteurs peuvent désormais voir un mur de verre bleuté de 24 m de long, posé sur un socle de béton gris sombre. Des panneaux racontent l’histoire de ce programme d’extermination. « Le premier crime de masse systématique du régime national-socialiste », selon Uwe Neumärker, le directeur de la Fondation du mémorial. Il « préfigure l’extermination des Juifs d’Europe ».

Six centres de gazage

Le 13 mars 1941, Benjamin Traub (le 2e, en partant de la droite, sur cette photo prise lorsqu’il avait 15 ans) avait été transféré, BenjaminTraubdepuis l’établissement où il était interné, à l’hôpital psychiatrique Hadamar. L’un des six lieux « d’euthanasie » mis en place dans le cadre du programme T4. Une des ailes du bâtiment avait été transformée en centre de gazage. C’est là que mourut Benjamin Traub, intoxiqué au monoxyde de carbone. Des dizaines de milliers d’autres personnes handicapées furent gazées, affamées ou victimes d’injection mortelle ou de surdose de drogues, de 1939 à 1945.

Quelques jours plus tard, ses parents reçurent une lettre les informant que leur fils « avait succombé soudainement et de manière inattendue à une grippe suivie d’une méningite ». Comme il était atteint « d’une lourde maladie intellectuelle incurable », sa famille devait « comprendre sa mort comme une libération ».

Le 4e mémorial de la ville

Le lieu de mémoire et d’information pour les victimes de « l’euthanasie » nazie est le quatrième à être inauguré, sous l’égide de la Fondation du mémorial, après le monument pour les victimes juives (2005), homosexuelles (2008) et tziganes (2012).

En France, une pétition réclame un « mémorial en hommage aux enfants, femmes et hommes fragilisés par la maladie et le handicap qui furent exterminés par le régime nazi ou condamnés à mourir par celui de Vichy ». 75 000 personnes l’ont signée, en moins d’un an. Franck Seuret – Photos DR

A propos de Valérie Dichiappari

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