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Salto Mortale : Antoine Rigot à la reconquête de la verticalité

Dans ce long métrage documentaire, Guillaume Kozakiewiez a suivi pendant deux ans le travail d’Antoine Rigot, circassien, directeur de la compagnie Les Colporteurs, devenu paraplégique après un accident.

Acrobate burlesque, Antoine Rigot est monté sur un fil par amour. En ouverture de Salto Mortale, à travers des images d’archives extraites du duo Amore Captus, créé avec sa compagne la fildefériste Agathe Olivier, on le découvre évoluant avec virtuosité sur cette scène de douze millimètres de diamètre. Mais en mai 2000, ironie de la vie quand on a joué les trompe-la-mort à plusieurs mètres au-dessus du sol, il est victime d’un grave accident en plongeant dans la mer.
Les médecins lui affirment qu’il ne remarchera pas. Lui préfère écouter son corps, pressentant qu’un jour il se remettra debout. Le funambule blessé part alors à la reconquête de ce corps altéré. Après plus de vingt ans d’exercices sur le fil, d’acrobaties et d’entraînement physique, sa connaissance et sa maîtrise de cet outil de travail l’ont, sans nul doute, aidé à parcourir ce chemin. Une « forme d’intelligence animale du corps » aussi.

Salto Mortale ou la fragilité de l’être humain au cœur de la création artistique

Sur scène et devant la caméra, Antoine Rigot (Faire Face a publié son portrait dans son numéro de janvier 2010) dégage une énergie et une force de vie incroyables. Dans ses séances quotidiennes d’assouplissement, dans ses répétitions avec de jeunes circassiens, Guillaume Kozakiewiez filme au plus près cet homme massif et léger à la fois, menant chaque jour une bataille contre (avec ?) lui-même pour récupérer le plus possible de capacités. Au point de remonter sur le fil…
Directeur artistique de la compagnie Les Colporteurs fondée avec sa compagne Agathe Olivier, Antoine Rigot aurait pu tout arrêter mais cette réalité nouvelle lui a ouvert des champs d’exploration inédits. Le film le suit dans l’écriture de son dernier spectacle Le Bal des Intouchables, créé en en septembre 2012. Si on saisit par bribes ce qui s’est passé dans la vie d’Antoine Rigot, Salto Mortale n’est pas un film sur le handicap. C’est la trajectoire résiliente d’un homme dans sa cohabitation quotidienne avec un corps empêché qui a placé la fragilité de l’être humain au cœur de son propos artistique. Claudine Colozzi

Le film est projeté dans une seule salle au cinéma Saint-André-des-Arts à Paris (6e) tous les jours à 18h35. Salle 3 (accessible) située 12, rue Gît le Cœur.
Des projections sont organisées :
Le 04/12 à Lannion (22) au cinéma Les Baladins à 20h30.
Le 05/12 à Guingamp (22) au cinéma Les Baladins à 20h30.
Le 06/12 à l’Ile Tudy (29) au cinéma du Port à 19h30.
Le 09/12 à Concarneau (29) au cinéma Cinéville à 20h30.
Le 10/12 à Plougastel (29) au cinéma l’Image à 20h30,
Le 11/12 à Saint-Brieuc (22) au cinéma Club 6 à 20h15.
Tournée en Rhône-Alpes en janvier 2015.

A propos de Valérie Dichiappari

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