Lancement d’une plateforme collaborative sur l’accessibilité

Publié le 6 janvier 2015 par Valérie Dichiappari

Pour aider son frère paraplégique à dépasser son handicap suite à un accident de la route, Audrey Sovignet a créé I Wheel Share. Un outil pour partager expériences, anecdotes, bons et mauvais plans ou autres. Le tout de manière géolocalisée sur une carte collaborative.

Imaginez ! Vous allez au cinéma et vous vous retrouvez bloqué à l’étage à cause d’un ascenseur en panne. Banal. Ce qui l’est moins, c’est de pouvoir le raconter, le partager (sur place ou après, une fois rentré chez soi), le faire apparaître sur une carte géographique collaborative (photo à l’appui ou non) et avoir un retour d’autres personnes ayant eu un vécu similaire. Comment ? Grâce à @I Wheel Share : comme ʺwheelchairʺ, fauteuil roulant en anglais et ʺshareʺ, partager.

Recenser les lieux non accessibles et accessibles

Cette plateforme et application mobile permettra bientôt de recenser et faire remonter les expériences quotidiennes de non-accessibilité ou de manque de sensibilisation, que ce soit dans les lieux de vie (cinéma donc, mais aussi bars, restaurants…), les transports en commun ou encore sur la voie publique. Tout endroit, ou contexte inadapté, pourra y être référencé. Mais aussi les lieux ʺhandi-friendlyʺ, les vécus et rencontres positifs.

Un projet né d’une expérience personnelle

Pour le moment, seul apparaît sur le Net une ʺlanding pageʺ ou page d’atterrissage pour attirer l’attention des personnes audrey sovignet et son ferepotentiellement intéressées par cet outil. Sa mise en route est prévue pour févier-mars 2015, indique celle qui en détient l’initiative : Audrey Sovignet, une jeune webdesigneuse formée à la programmation informatique. À l’aube de ses 30 ans, elle s’est inspirée de son histoire personnelle bouleversée par un accident de la route dont a été victime son frère, Lucas, 18 ans, en fauteuil roulant depuis.

Un réseau social d’entraide et un lanceur d’alerte citoyen

Elle a voulu I Wheel Share à la fois comme un réseau social d’entraide et un lanceur d’alerte citoyen, « une zone d’expression » afin d’éveiller les consciences et déclencher des solutions. « Le but n’est pas de taper sur les doigts des établissements qui ne sont pas aux normes mais de les encourager à évoluer », précise-t-elle. Établissements auxquels, en partenariat avec Carrotmob, elle entend proposer d’organiser des évènements anti-boycott en leur sein (concert, jeux…), d’en investir les recettes dans une rampe amovible en kit ou un menu en braille, par exemple (mis en place lors de la même soirée), et d’être ainsi ensuite valorisés sur sa carte pour cette démarche.
Le premier événement de ce type devrait se produire dans les semaines à venir. Avec l’envie chez Audrey Sovignet que cela se « viralise ». Elle va d’ailleurs élaborer un kit dans cette perspective. Au final, l’ambition de la jeune femme consiste à réaliser ainsi « un relevé de terrain inédit grâce à la force du collectif », à « pallier le manque d’engagement des pouvoirs publics en matière de mise en conformité des lieux publics », à ce que cette dernière ne soit plus vue comme une contrainte par les commerçants.

Une boutique en ligne pour pérenniser le projet

portrait Audrey SovignetMais I Wheel Share ne se contente pas de ce volet social. Sa conceptrice a songé à en assurer la viabilité économique, donc la pérennité. Elle le dotera à terme d’un volet commercial : une boutique en ligne permettra d’y acheter des « produits innovants, tendance et design » dans les domaines de la mode, du design fonctionnel, du sport, des arts et voyages ou encore de la vie affective et sexuelle. Ce commerce électronique est en cours de développement, dopé par le fait d’avoir remporté, il y a peu, un concours de Prestashop (sorte de WordPress du e-commerce). Son ouverture devrait se faire en 2015. « Je préfère pendre mon temps », souligne Audrey Sovignet, prudente, réfléchie et attentive à la ʺwebaccessibilitéʺ de ses propositions.

Une forte présence médiatique et sur les réseaux sociaux

Cette jeune entrepreneure sait aussi attirer la lumière sur elle et ses projets. Ayant déjà bénéficié de nombreux articles et interviews (Le Monde, Le Parisien, Le Progrès, France Info, Youphil…), elle est aussi très présente sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Linkedin, Viadeo…). Son énergie, sa détermination et sa réactivité payent : le 8 mars 2014, elle a remporté le prix Biilink, un concours soutenu par le ministère du Numérique et récompensant l’entrepreneuriat féminin. Elle avait alors reçu un chèque de 25 000 euros des mains de celle qui était alors ministre de l’Innovation et des PME, Fleur Pellerin. De quoi se constituer par la même occasion tout un réseau de partenaires. Et voir loin, très loin. Élise Jeanne – Photos DR

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