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Intégration de neurones greffés (en vert) dans un cerveau lésé deux mois après greffe. © A. Gaillard/Inserm

Greffe et découverte de nouveaux neurones pour réparer le cerveau

Réparer un cerveau abîmé grâce à une greffe de neurones obtenus à partir de cellules souches ? Des scientifiques français et belges viennent de relever le défi chez la souris. En montrant aussi que les neurones ainsi « fabriqués » doivent être identiques à ceux de la région lésée.

Les lésions cérébrales, qu’elles soient d’origine traumatique ou neurodégénérative, entraînent la mort des cellules cérébrales avec, à la clé, des déficits fonctionnels importants. Des scientifiques français (Laboratoire de neurosciences de l’Université de Poitiers) et belges (Institut de recherche en biologie humaine et moléculaire de Bruxelles) viennent de réaliser cette prouesse chez la souris.

Un pas important pour la thérapie cellulaire

Après une greffe de neurones, les chercheurs ont pu observer, chez plusieurs animaux, le rétablissement fonctionnel des zones lésées du cerveau. Une première mondiale obtenue, qui plus est, au niveau du cortex cérébral, une des structures les plus complexes chez les mammifères. Ces résultats ont été publiés dans la revue internationale de langue anglaise Neuron.
En transplantant des neurones du cortex pour rétablir des connexions lésées, les scientifiques ont aussi mis en évidence un point fondamental : réparer le cerveau ne serait possible que par des neurones identiques à ceux de la région lésée.

De nouveaux neurones identifiés

Ce postulat d’une restauration possible uniquement entre cellules d’une même famille met particulièrement en relief une seconde découverte faite par une équipe suédoise : la mise en évidence de nouveaux types cellulaires dans le cerveau. Notamment d’une sous-classe de neurones présente… dans le cortex. Ainsi que de nouveaux oligodendrocytes, ces cellules fabriquant la myéline et servant d’isolants électriques aux prolongements des neurones. Ces travaux ont également apporté des renseignements sur l’architecture cérébrale. Ce qui fait dire à Jens Hjerling-Leffler, un des co-auteurs de l’étude, que « cela pourra nous aider à mieux comprendre comment les cellules cérébrales répondent aux maladies ou aux blessures ».

Le cerveau humain en ligne de mire

Ces approches ne sont encore qu’expérimentales. Une éventuelle application clinique chez l’homme n’est pas pour demain mais les différents succès rencontrés – générer des cellules nerveuses à partir de cellules souches, les greffer pour restaurer des circuits lésés, identifier tous les sous-types de neurones – ouvrent de nouvelles perspectives. Elles pourraient bien se révéler capables de pallier les capacités limitées de réparation spontanée de notre cerveau. O. Clot-Faybesse

A propos de Olivier Clot-Faybesse

Journaliste aides techniques, sciences, santé et recherche.

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5 commentaire

  1. Etant atteint d’une forme d’ataxie cerbelleuse (sca3) je me demande si dans un avenir que j’espère proche on pourra réparer les neurones détruits du cervelet par la thérapie cellulaire.
    Je me demande aussi si le cerveau peut compenser cette degénerescence du cervelet. On lit parfois des articles où l’on dit que ceratins labporatoires ont fait des avancées en matière de thérapie génie puis on en parle plus.

  2. Merci de me répondre car les neurologues que je consulte semblent assez démunis.

  3. Bonjour,

    La compensation d’une lésion par le cerveau, ou plutôt ses résultats, se font au cas par cas. Plusieurs facteurs très délicats à apprécier par le neurologue rentrent en jeu, tels que l’importance (étendue) de la lésion, sa localisation fine ou l’âge du patient.
    Ce qui est certain est que la recherche est mobilisée sur cette thématique et explore de multiples approches, parfois complémentaires. Malheureusement, les greffes de neurones, qui a priori sont réalisables dans le cervelet, représentent une étape nécessitant du temps (on parle en années) avant d’être autorisées chez l’homme. C’est pourquoi il y a un tel décalage entre résultats expérimentaux et application au patient.
    Cordialement
    La rédaction

  4. Je souffre comme vous d’ataxie cérébelleuse depuis de plus de 20 ans sans évolution notoire de celle-ci. Je vois tous les 2/3 ans le Pr Amarenco à l’hôpital de Bichat qui se contente de constater la dernière IRM à la précédente, mais me laisse errer.
    Je serais heureux de pouvoir vous contacter
    Cordialement

  5. Je souffre egalement d’un syndrome cerebelleux extrêmement invalidant depuis 4 ans. On peut en discuter : liladitca01@hotmail.fr

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