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Le philosophe Alexandre Jollien sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel mardi12 mai 2015. ©France 3

Alexandre Jollien, bouleversant sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel

L’écrivain et philosophe suisse Alexandre Jollien était l’invité de l’émission de Marc-Olivier Fogiel sur France 3 mardi 12 mai. Avec humilité, justesse et une bonne dose d’humour, il est revenu sur son parcours, son handicap, son enfance, son couple et son itinéraire spirituel. Un moment rare de télévision.

Avouons-le en préambule : exceptions faites de quelques articles dans la presse et d’un beau documentaire, De Chair et d’âme, sur sa rencontre avec Philippe Pozzo di Borgo, Alexandre Jollien demeurait un quasi-inconnu pour beaucoup d’entre nous jusqu’à ce qu’il prenne place sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel. Une heure quinze d’interview pour tenter de mieux cerner le parcours d’un « rescapé » marqué par le handicap dès la naissance, suite à une paralysie cérébrale. Quand la télévision prend son temps…

Après dix-sept ans passés dans un institut spécialisé en Suisse, Alexandre Jollien découvre la philosophie à 18 ans à travers un livre consacré à Platon. Une invitation à « devenir meilleur plutôt qu’à vivre mieux ». C’est la révélation ! Il entreprend des études de philosophie. Découvert en 1999 à l’occasion de la sortie de son premier livre, Éloge de la faiblesse, le jeune homme enchaîne best-sellers et conférences. Installé en Corée depuis près de deux ans avec sa femme Corinne et leurs trois enfants, Alexandre Jollien y poursuit sa quête spirituelle.

« Ne pas être vu par ses enfants comme handicapé, ça nettoie de beaucoup de traumatismes. »

Face caméra, l’écrivain-philosophe n’élude aucune question, évoque le manque affectif dont il a souffert lors de son placement en institution au motif de la sacro-sainte « distance thérapeutique », les blessures narcissiques liées au handicap dont on « guérit millimètre par millimètre », l’amour de sa femme qui a su « transpercer les apparences ». Il avoue aussi la peur qui l’a étreint à la pensée d’avoir un enfant handicapé et le bonheur de ne pas être vu par son fils et ses deux filles comme une personne handicapée. « Ça nettoie de beaucoup de traumatismes », confie-t-il avec beaucoup de retenue pour avouer quelques instants plus tard que sa « plus grande souffrance, ce n’est pas le handicap, c’est de ne pas goûter la paix ».

L’humilité, la quête de la sagesse, une manière unique de mettre des mots sur son ressenti ou ses sentiments (incroyable passage où il évoque la profonde amitié qui le lie au comédien Bernard Campan, « une des personnes dont je redoute le plus la mort »), c’est ce qu’on emporte avec soi d’Alexandre Jollien, une fois l’écran éteint. L’envie aussi de se plonger dans ses livres, notamment le dernier paru Vivre sans pourquoi : Itinéraire spirituel d’un philosophe en Corée (Éditions Seuil-L’Iconoclaste). Le parcours singulier de cet homme de 39 ans qui reconnaît que la « grande force est d’assumer sa faiblesse » résonne comme un message d’espoir pour tous les « enfants cabossés ». Claudine Colozzi

À revoir en replay sur France3.fr

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