Bewheeli, le fauteuil obéissant aux émotions et à l’œil

Publié le 3 juin 2015 par Olivier Clot-Faybesse
Le système de navigation Bewheeli associe l’œil et le cerveau (émotions). © DR.

Solution innovante de pilotage, Bewheeli – pour Brain Eye Wheelchair Interface – permet de contrôler un fauteuil roulant électrique en associant la vue et la pensée. Plus précisément, en tenant compte de ce que ressent l’utilisateur.

Par la voix, le souffle, les mouvements du menton, la pensée, le calcul (de trajectoire) ou encore la détection (d’obstacles) : plusieurs solutions en matière de contrôle du fauteuil roulant électrique existent et, parfois, se conjuguent. « Mais aucune n’est vraiment satisfaisante pour les personnes les plus lourdement handicapées, relève le docteur Lamti du Laboratoire Handibio (Université de Toulon). Prises indépendamment, ces systèmes présentent tous des problèmes. »

Des dispositifs pas toujours adaptés aux handicaps les plus lourds

Exemple avec la navigation basée sur le suivi du regard. Utilisée pour un utilisateur tétraplégique, elle demande une attention accrue avec, à la clé, une fatigue intellectuelle et visuelle importante. Du coup, le contrôle du fauteuil devient moins précis accentuant ainsi les difficultés de pilotage. Sans compter l’incapacité du système à passer outre les fixations sporadiques, ces coups d’œil jetés  à l’improviste sans volonté d’indiquer une direction à prendre. Une addition de problèmes pouvant non seulement conduire au rejet de l’aide technique mais également nuire à la sécurité de la personne.

Fusionner les informations visuelle et cérébrale

Pour pallier ces différents écueils, le système de navigation Bewheeli, et c’est là toute son originalité, associe données électro-oculographiques (EOG) et données électro-encéphalographiques (EEG). Concrètement, l’œil indique la direction tandis que le cerveau contrôle la trajectoire. Comme le souligne Mohamed Ben Khelifa de Handibio, « la commande du fauteuil s’effectue par le mouvement des yeux grâce à un système d’eye-tracking. La vitesse d’exécution, elle, se régule en fonction des émotions. »
Ces dernières sont appréhendées via quatorze capteurs placés sur la tête. Ainsi, en fonction de l’état de stress, de fatigue ou d’excitation de l’utilisateur, le fauteuil roulant ajustera sa vitesse pour plus de sécurité, ralentissant, par exemple, pour franchir plus aisément une porte, contourner un obstacle ou descendre une pente.

Les battements du cœur et les muscles à la rescousse ?

Les dernières simulations sont suffisamment positives pour inciter les scientifiques à passer à l’étape supérieure. En l’occurrence, installer leur matériel sur une aide technique du marché capable de s’aventurer en extérieur. L’objectif étant de concevoir d’ici trois ans un modèle « low cost », dont le coût à l’achat reviendrait au même prix qu’un fauteuil électrique traditionnel.
En parallèle, les chercheurs ne comptent pas s’arrêter à la seule fusion des données EEG et EOG. Ils réfléchissent à intégrer la fréquence cardiaque et l’activité musculaire résiduelle pour (encore) plus d’efficacité dans le pilotage. O. Clot-Faybesse

Comment 2 commentaires

souhaiterais connaitre les normes de construction d’aménagement de batiment pour les handys : dimensions, entrées , normes électriques , aménagements spécifiques , sorties de secours ,aménagements de jardins et de cours ,la sécurité sonore et visuelle . Et bien-sûr les caractéristiques et dimensions de votre fauteuil électrique !
merci d’avance

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