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Les 63 nouvelles places, en établissements spécialisés pour les enfants en situation critique ont été créées en un temps record : cinq à six mois. © Franck Seuret

Hérault : 63 places d’urgence pour les enfants handicapés

Dans l’Hérault, l’Agence régionale de santé de Languedoc-Roussillon vient de créer 63 places en établissements destinées à des enfants handicapés ayant besoin d’être accueillis en urgence. Avec des moyens financiers accrus pour des réponses adaptées à la prise en charge dont ils ont besoin. Une initiative positive dans un département ayant toujours affiché un déficit d’accueil élevé. Un petit bout de chemin parcouru alors que plusieurs centaines de familles demeurent toujours sans solution satisfaisante.

Dix-huit mois que Jibril attendait de pouvoir intégrer un établissement médico-social. Depuis que sa famille a emménagé à Montpellier (Hérault). Auparavant, ce garçon autiste de 9 ans, également atteint de troubles psycho-moteurs, était accueilli dans une structure spécialisée, en Alsace. « Il a très mal vécu le fait de ne plus avoir un emploi du temps rythmé par des activités, regrette Loubna Rami, sa mère. Il voyait ses sœurs partir à l’école et, lui, devait rester à la maison. Cela a eu des conséquences sur son alimentation, son sommeil, son moral… Il a fait une dépression. » La rentrée a sonné l’heure du retour à la normale.

Deux critères à remplir pour être considéré en « situation critique »

Depuis ce matin, 3 septembre, Jibril est accueilli à l’Institut médico-éducatif (IME) Les Pescalunes, à Lunel, à une demi-heure de chez lui, comme quatre autres enfants remplissant les critères définis par le ministère des Affaires sociales et de la santé dans une circulaire de novembre 2013. À savoir : rupture de soins en raison de la complexité de la prise en charge nécessaire et mise en danger de leur intégrité et de leur sécurité ou de celle de leur famille.

« 95 % des places opérationnelles à la rentrée. »

Dans l’Hérault, l’Agence régionale de santé (ARS) de Languedoc-Roussillon vient de créer 63 places destinées à ces jeunes « en situation critique ». « 95 % étaient opérationnelles à la rentrée, les autres le seront d’ici la fin de l’année, précise Isabelle Redini, la déléguée de l’ARS, dans ce département. C’était l’un de nos objectifs : que ces places voient le jour le plus rapidement possible, en quelques mois à peine, pour faire face à l’urgence. »

Les enfants doivent remplir deux conditions pour être reconnus "en situation critique''
Les enfants doivent remplir deux conditions pour être reconnus « en situation critique »

L’Hérault en déficit historique de places

Fin 2014, Ségolène Neuville, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, demande à l’ARS de Languedoc-Roussillon de plancher sur la création de places pour les « situations critiques » en Hérault. Le taux d’équipement de ce département est en effet, de longue date, inférieur à la moyenne nationale et son dynamisme démographique n’arrange rien. L’Agence et la Maison départementale des personnes handicapées commencent par chiffrer précisément le nombre d’enfants remplissant la double condition définie par la circulaire de novembre 2013. Résultat : 63 sont en « situation critique », essentiellement de jeunes déficients intellectuels ou autistes avec des troubles associés et quelques enfants polyhandicapés, ayant besoin d’un accueil en externat.

Un prix de journée plus élevé que la moyenne

Reste à dégager l’argent nécessaire. L’ARS revoit son plan régional de création pour donner priorité à ces places et réorienter des financements. Quant au ministère de la Santé, il  complète, à hauteur d’un tiers environ, au titre du troisième plan autisme. « Ces enfants ayant besoin d’un accompagnement important, nous sommes partis sur la fourchette haute du prix de journée, ce qui correspond à 42 000 €  par an au lieu de 35 000 € en moyenne », souligne Guillaume Klein, inspecteur de l’action sanitaire et sociale à l’ARS.

Créer des places sans construire de nouveaux bâtiments

En avril 2015, l’Agence invite les gestionnaires d’établissements à proposer des projets d’extension de quelques places. Sans création de nouveaux bâtiments, sauf exceptions, pour respecter les délais serrés. « Notre service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) doit déménager en décembre, explique Sylvie Giordano, la directrice de l’IME Les Pescalunes. Nous sommes un peu à l’étroit en attendant mais il nous a semblé important de faire tout notre possible pour offrir une solution aux familles en souffrance. Plus nous accueillons un enfant tôt, plus nous avons de chances de limiter les atteintes. »

Du sur mesure pour l’adaptation des enfants

L’autre défi à relever, pour l’IME, est d’intégrer simultanément cinq enfants ayant besoin d’un accompagnement lourd. « L’adaptation sera d’autant plus progressive qu’ils ne bénéficiaient pas ou plus d’une prise en charge adaptée. Certains n’ont même jamais été inscrits en établissement, insiste Sylvie Giordano. Le prix de journée, plus élevé, nous permet de faire encore plus du sur mesure, avec des horaires individualisés, un temps au domicile si nécessaire, etc. Nous avons créé quatre postes équivalent temps plein. »

« Les enfants devraient progressivement pouvoir sortir de ce dispositif spécial et s’intégrer au reste de l’effectif,  explique Isabelle Redini. Ces places pourront alors en accueillir d’autres en situation critique. Certes, c’est un schéma théorique mais c’est ce vers quoi nous tendons. » D’autres situations critiques vont bien évidemment émerger, ces 63 places ne suffisant pas à combler le manque de places en Hérault.

Encore beaucoup d’enfants sur liste d’attente

« C’est une bonne chose d’avoir mis la priorité sur ces situations d’urgence, dramatiques pour les parents et les enfants, approuve Pierre Garaude, le directeur général de l’Apei du Grand Montpellier, qui gère trois IME, dont celui des Pescalunes. Mais ce n’est qu’un bout du chemin. Nous avons 150 à 180 demandes en liste d’attente. Il faut accélérer les créations de places. » Franck Seuret

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2 commentaire

  1. Bonjour je viens d’emmenager sur Montpellier et je cherche un établissement pour mon enfant qui a 17ans et cela et très compliquer il et à la maison et ne fait rien alors qu’il a besoin de d’un équilibre et qu’il perd tout sont autonomie je comprend pas qu’on puisse laisser un enfant handicaper comme sa merci

    • Bonjour, je suis educatrice dans un etablissement pour afultes, connaissez vous les 90 jours par an auquel votre enfant a droit pour etre accueilli en accueil temporaire dans les etablissement ? Cela peut constituer des periodes de decouverte pour lui et de repit pour vous et les aidants. Cordialement

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