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En France, une personne est hospitalisée toutes les quatre minutes pour un AVC. © France 5

Pas tous égaux devant l’accident vasculaire cérébral

60 000, c’est le nombre de décès survenant chaque année en France à cause d’un accident vasculaire cérébral. Troisième cause de décès après les cancers et les infarctus du myocarde, l’AVC est aussi la première cause de handicap. Le documentaire diffusé mardi 7 juin sur France 5 décrit une situation très inquiétante : souvent mal diagnostiquées, les victimes d’AVC ne bénéficient pas toutes, de surcroît, d’une bonne prise en charge. Cette pathologie reste un enjeu majeur de santé publique.

En France, une personne est hospitalisée toutes les quatre minutes pour un AVC. Pour toutes ces victimes, une véritable course contre la montre commence. En effet, dans l’idéal, elles doivent être traitées dans les quatre heures. Au-delà, les risques de garder des séquelles neurologiques deviennent très importants. Si quasiment tout le monde sait qu’une douleur dans la poitrine qui irradie dans le bras demeure le signe d’un infarctus, beaucoup de Français méconnaissent encore les signaux d’alerte de l’AVC.

Près de deux tiers des patients ne bénéficient pas d’un traitement en unité neuro-vasculaire

En plus d’un déficit d’information, des inégalités existent aussi dans la prise en charge de cette urgence médicale. La France compte actuellement 135 unités neuro-vasculaires (UNV) spécialisées dans le diagnostic et le traitement de ces accidents. Mais, comme l’explique le documentaire, près de deux tiers des patients ne bénéficient pas d’un traitement en unité neuro-vasculaire faute d’un nombre suffisant de structures et de leur mauvaise répartition sur le territoire français. Le documentaire pointe aussi le manque de neurologues et de places dans les hôpitaux. « Dans aucun hôpital, on se demande où l’on va hospitaliser une jeune femme qui fait une grossesse extra-utérine ou un jeune homme qui s’est fait une fracture de la rotule, commente le Pr Christian Marescaux, neurologue au CHU de Strasbourg, reconnu comme lanceur d’alerte. L’AVC est la seule pathologie où la question peut se poser. »
Actuellement, seules 10 % des victimes d’AVC se voient administrer une thrombolyse (traitement permettant de dissoudre un caillot sanguin quand il est administré moins de 4h30 après les premiers symptômes) alors que 30 % des patients pourraient en bénéficier. Sur les 130 000 AVC recensés chaque année, près de 15 000 pourraient être évités grâce à une prise en charge précoce. « Comment fait-on pour que 100 % des victimes d’AVC soient hospitalisées en unité neuro-vasculaires ? », demande la journaliste à Jean Debeaupuis, directeur général de l’offre de soins au ministère des Affaires sociales et de la Santé (scène surréaliste à 40 minutes du documentaire). Le silence embarrassé de ce haut fonctionnaire face à un tel enjeu de santé publique démontre toute l’impuissance des pouvoirs publics… Claudine Colozzi

Diffusion dans l’émission Enquête de santé à 20h40. Disponible en replay sur le site de France 5. La diffusion sera suivie d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse, Michel Cymes et Benoît Thevenet avec le Dr France Woimant, neurologue à l’Hôpital Lariboisière (AP-HP), première vice-présidente de France AVC, Pr Alexandre Krainik, chef du service de neuroradiologie et IRM (CHU de Grenoble), président de la Société française de neuroradiologie, le Dr Michel Tashan, médecin urgentiste, responsable de la filière AVC au Centre hospitalier intercommunal des Alpes du Sud et le Pr Jean-Michel Gracies, chef du Service de rééducation neurolocomotrice à l’Hôpital Henri Mondor (AP-HP).

Découvrez la bande-annonce :

 

 

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