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Ce lundi 5 septembre à l'aéroport de Bordeaux, Nicolas Morvan, 33 ans, a été débarqué d'un vol EasyJet en raison de son handicap. ©_Geneva_International_Airport

Refus d’embarquer un passager handicapé : EasyJet récidive

Moins d’un an après sa condamnation définitive par la Cour de cassation pour des faits similaires, EasyJet a refusé, lundi 5 septembre à l’aéroport de Bordeaux, d’embarquer un passager en raison de son handicap. La victime, Nicolas Morvan, va porter plainte pour discrimination.

Ce lundi 5 septembre à l'aéroport de Bordeaux, Nicolas Morvan, 33 ans, a été débarqué d'un vol Easyjet en raison de son handicap. © DR
Conduit jusqu’à sa place à bord par l’accompagnateur des personnes à mobilité réduite de l’aéroport, Nicolas Morvan s’est fait débarquer juste avant le décollage. © DR

« C’est humiliant : on est traité comme une personne dangereuse et incapable. Je demandais juste à me rendre d’un point A à un point B. » Ce lundi 5 septembre, à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, Nicolas Morvan, 33 ans, hémiplégique depuis un AVC, devait prendre le vol de 17h20 pour Lyon afin d’assister au baptême de sa nièce ce week-end à Grenoble. Conduit jusqu’à sa place à bord par l’accompagnateur des personnes à mobilité réduite de l’aéroport, il s’est fait débarquer juste avant le décollage.

EasyJet accepte les passagers handicapés mais autonomes

« Une fois installé à ma place, ma ceinture bouclée, la chef de cabine est venue me voir, raconte le jeune homme, résident du foyer bordelais APF Monséjour. Est-ce que je pouvais enfiler seul un gilet de sauvetage ? Me déplacer seul jusqu’à une issue de secours en cas de problème ? Après s’être entretenue avec le commandant de bord, elle m’a expliqué ne pouvoir accepter dans l’avion que des passagers handicapés autonomes en cas d’urgence… » Handicapé mais valide au besoin, l’explication du personnel naviguant ne manque pas de sel.

Lors de la réservation des billets, la mère de Nicolas avait pourtant bien spécifié les besoins en assistance de son fils. « J’ai rempli le questionnaire d’EasyJet en précisant qu’il ne pouvait pas circuler seul à l’intérieur de l’avion et qu’il n’avait pas d’accompagnateur », souligne-t-elle. À bord de l’appareil, un passager a proposé d’assister Nicolas Morvan pendant ce vol de moins d’une heure. En vain.

La compagnie choisit-elle les accompagnateurs ?

Débarqué avec l’aide du même accompagnateur de l’aéroport qui l’avait installé sur son siège, le Bordelais a dû attendre deux heures sur place qu’une personne de son foyer puisse venir le chercher, selon le journal Sud-Ouest. « Dans un premier temps, EasyJet m’a proposé de prendre le vol suivant avec un accompagnant dont ils paieraient la place mais j’étais trop mal pour leur répondre. Et puis, était-ce à moi ou à eux de trouver cette personne puisqu’ils avaient refusé l’aide proposée par le passager à bord ? Le lendemain, j’ai heureusement pu voyager dans de bonnes conditions avec Air France. »

Des motifs de sécurité injustifiés

EasyJet a présenté ses excuses à Nicolas Morvan, sans dédire les membres de l’équipage. Ils « ont agi selon leurs responsabilités (…). Pour leur sécurité, les passagers à mobilité réduite doivent pouvoir effectuer les procédures de sécurité standard », avance la compagnie.

« Chaque fois, EasyJet invoque des motifs de sécurité, rappelle Linda Aouar, conseillère affaires juridiques et contentieux de l’APF. En réalité, il s’agit d’un problème d’égalité des droits : en cas d’évacuation d’urgence, la compagnie n’est-elle pas dans l’obligation d’évacuer tous les passagers, y compris blessés ? La Cour de cassation l’a parfaitement compris en décembre 2015 en replaçant le débat sur l’obligation, pour EasyJet, de former son personnel pour assurer une assistance à bord des personnes à mobilité réduite. »

Las ! La condamnation de la compagnie à 70 000 € d’amende ne l’a visiblement pas convaincue de changer ses pratiques. Cette semaine, elle a proposé à Nicolas Morvan le remboursement de sa place et du surcoût du billet Air France. « Cet argent ne compense pas le préjudice moral que j’ai subi. Je vais porter plainte », assure le jeune homme, déterminé. Il peut d’ores et déjà compter sur le soutien de l’Association des paralysés de France dans son combat. Aurélia Sevestre

A propos de Aurélia Sevestre

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6 commentaire

  1. Mauvaise foi évidente de la part d’Easyjet: entre Bordeaux et Lyon, à quoi pourrait servir un gilet de sauvetage?.. Prévenue auparavant, la Compagnie Easyjet aurait très bien pu installer Nicolas à côté d’une issue de secours (à hauteur des ailes); les places y sont plus larges pour permettre une évacuation plus facile!

  2. scandaleux mais #Volotoea compagnie espagnole a bes coup fait de la concurrence dans la bêtise et la discrimination à Easy Jet puis qu’en mars en rentrant de Tenerife, on a refusé d’embarquer mon fauteuil roulant électrique alors que j’étais venue dans le même avion avec la même compagnie à l’aller et que je n’avais pas changé de fauteuil ! résultat 1 jour de perdu, un détour par Lyon et mes valises parties sans moi donc pas de traitement médical ! Plainte en projet aussi !

  3. Il y a pas mal d’années, j’avais pris l’avion à Strasbourg pour Nice, et retour une dizaine de jours après. A partir du moment où ma sœur m’a laissé au guichet à Strasbourg, jusqu’au moment où mon autre sœur m’a repris à celui de Nice, ma prise en charge par les différents services à été extraordinaire. Et pareil pour le retour. Quelle compagnie aérienne? Air Liberté ; qui n’existe plus, hélas.

  4. Bonjour.
    Outré et remonté. Je dois prendre l’avion dimanche et revenir avec eux dans une semaine. Qu’ils ne s’amusent pas à ce petit jeu car je casse tout… Ancien para les bagarres ça me connait. Compagnie à inscrire sur la liste noire…

  5. J’ai voyagé dans les mêmes conditions avec un fauteuil roulant électrique. Merci au service d’assistance d’EasyJet qui a été parfait.

    • Retour sur un avion de cette compagnie ce lundi a 21h00 depart lille direction de toulouse.
      L avion est quasi complet excepté une trentaine de places reparties aleatoirement dans la carlingue et 4 places au premier rang sans sieges devant …
      Handicapé muni d une carte je demande gentiement a l hotesse d occuper un de ces sieges vides
      Refus categorique car ces places sont reservees pour des passagers easyjetplus
      ….
      Il est evident que cette compagnie n aime pas du tout le handicap
      Il serait bien que cette compagnie paye tres tres cher cette segregation injustifiee et condamnable

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