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Depuis plus de cinq ans, les parents de Romain se battent pour obtenir une rampe d'accès que leur fils pourrait utiliser en toute autonomie.

Marseille : pas de rampe d’accès pour le petit Romain

C’est une histoire kafkaïenne. Celle d’une famille marseillaise confrontée à un obstacle juridico-administratif pour que son fils puisse utiliser la rampe d’accès de son immeuble, sans risquer de se blesser.

Atteint d’une myopathie et se déplaçant en fauteuil, Romain Somsois, 9 ans, a besoin d’un environnement adapté. La résidence du Bois-Fleury, dans le Xe arrondissement de Marseille, où ses parents ont décidé de s’installer en 2011, semblait convenir. Seuls point noir : quelques coûteux mais nécessaires travaux d’aménagement dans l’appartement et, surtout, l’inaccessibilité de l’entrée du bâtiment.

Une pente trop raide à l’entrée bâtiment

Il existe une petite pente sur l’un des côté mais elle est à 45 degrés. Là où Romain aurait besoin d’une rampe moins raide, munie d’une barrière de sécurité, pour pouvoir l’emprunter de manière autonome. En toute logique, ses parents ont sollicité une rectification auprès de leur nouveau syndic. C’était il y a un peu plus de cinq ans. Depuis, il y a eu du changement mais pas dans le sens attendu.

Un copropriétaire qui dénonce un vice juridique

À la longueur de la procédure (inscription en AG du projet, première version retoquée, convocation d’une AG extraordinaire…) est venu s’ajouter un vice juridique. Du moins selon l’un des copropriétaires, qui a carrément lancé une procédure devant le tribunal de grande instance de la cité phocéenne. Il estime que la résolution prise par le syndic n’est pas conforme à la loi. Non seulement il réclame son annulation, mais aussi 2 000 € pour rembourser ses frais juridiques.

Pleine de bonne volonté malgré un agacement fort légitime, la maman de Romain a tenté une médiation. Vainement. Le copropriétaire avance même désormais un nouvel argument : la nouvelle pente de la rampe ne serait pas conforme non plus. Sinon, il l’assure, il n’a rien contre son principe…

Une rampe provisoire

Le procès, deux fois repoussé, est en cours. Résolue néanmoins à faire bouger les choses, Florence Somsois a pris la plume. Elle a fait appel aux plus hautes autorités. Mais celles-ci se renvoient la balle : secrétaires d’État à la famille, au handicap, préfet. La raison avancée ? L’affaire relèverait du droit privé. Florence Somsois a l’impression qu’on la pousse à déménager.

Au final, c’est peut-être bien la vie elle-même qui aura raison de cet imbroglio. Romain doit bientôt être opéré. Ses pieds seront plâtrés. Devant l’urgence, le syndic a dit « oui » à une rampe provisoire… en attendant la décision du juge. Signalé par Élise Jeanne

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A propos de Valérie Dichiappari

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3 commentaire

  1. ALBAUT Jean-Maurice

    Voici qui prouve que notre association à encore du pain sur la planche : je ne vois nulle part la mention de l’APF dans l’article, et ce n’est pas un cas unique malheureusement….
    À l’autre bout de la France, tout là-haut, la presse relate trop souvent des problèmes de même ordre pour lesquels nous ne sommes que très rarement saisis es-qualité d’association de défense !Méconnaissance des uns, manque d’implication des autres…. Il me semble urgent de revenir sur le terrain même s’il faut aussi être dans les sphères décisionnelles…
    Bien cordialement
    Jean-Maurice ALBAUT

  2. L’article de Libé n’indique pas si l’immeuble en question était assujetti aux lois actuelles pour l’accessibilité, ni la date de construction. A voir la photo et cette pente avec ses marches, je devine qu’il s’agit d’un immeuble HLM construit il y a bien des années, comme j’en vois dans une ville du Val d’Oise avec cette pente étrange. Ainsi et probablement, une affaire strictement privée où l’égocentrisme, l’indifférence… peuvent faire obstacle à une solution acceptable pour tous.

  3. Bonjour,
    Ce cauchemar traversé par ces parents et ce petit garçon s’est déroulé dans la même résidence du 10ème arrondissement de Marseille, où se déroule depuis plusieurs années un autre drame sur une personne à présent très malade et handicapée.
    Un Monsieur de 70 ans et son épouse, qui ont subit des mauvais traitements de la part de leur propriétaire, possédant 8 appartements, et leur réclamant des charges déjà payées. Le harcèlement de cet homme a conduit le locataire à de graves problèmes de santé, des malaises, un problème cardio-vasculaire très sérieux. Par ailleurs, le locataire ne peux plus marcher à présent, son état fortement diminué.

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