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Les candidats, obligatoirement demandeurs d'emploi, devaient avoir un minimum de connaissances informatiques pour pouvoir être sélectionnés.

Travailleurs handicapés et développeurs : trois mois de Java, des années d’emploi

Treize travailleurs handicapés suivent trois mois de cours pour devenir développeur informatique Java. Ils seront ensuite recrutés en CDI par une entreprise adaptée. Les formations préalables à l’emploi constituent un bon tremplin pour les personnes éloignées de l’emploi.

Ils ont envoyé valser leur vie d’avant pour se lancer dans le Java. Depuis fin octobre, treize travailleurs handicapés apprennent à manier ce langage de programmation informatique, dans les locaux parisiens de 3W Academy, un organisme spécialisé dans la formation de développeurs.

Ces trois mois de cours vont déboucher sur un contrat à durée indéterminée en entreprise adaptée. Chez DSI, qui a mis sur pied ce dispositif, ou chez APF entreprises, qui s’y est associé.

Reconversion obligatoire pour raisons de santé

Une nouvelle étape pour Ali (1). En 2013, ce trentenaire obtient un master 2 en ingénierie des nanostechnologies. « Mais j’ai commencé à avoir des problèmes de santé, explique-t-il. Et je me suis rendu compte que je ne serais pas physiquement apte à travailler dans ce secteur. »

Il tente alors une première reconversion. Dans l’enseignement, comme professeur des écoles. Un métier inadapté à ses capacités, sa maladie l’ayant rendu beaucoup plus fatigable. Son conseiller Cap emploi l’encourage alors à passer par la case PSOP. Cette prestation spécifique d’orientation professionnelle, réservée aux travailleurs reconnus handicapés, vise à les aider à mettre sur pied un projet professionnel. Pour Ali, ce sera l’informatique. Et une candidature auprès de DSI pour intégrer la formation de développeur Java.

Java est un langage de programmation informatique.

Développeur, un métier en tension

« Nous avons des besoins sur ce métier en tension, explique Cédric De Cecco, chargé de recrutement pour cette entreprise adaptée, dont 85 % des quelque 770 salariés sont en situation de handicap. Mais comme nous avons beaucoup de mal à trouver des développeurs Java handicapés, nous avons décidé d’organiser cette formation avec 3W Academy. »

Son financement est assuré par Pôle Emploi, l’Agefiph et les organismes paritaires collecteurs agréés qui centralisent les contributions obligatoires à la formation professionnelle des entreprises de la branche.

Aucun niveau de formation initial exigé…

Les candidats, tous demandeurs d’emploi, devaient avoir un minimum de connaissances informatiques pour pouvoir être sélectionnés. Par contre, aucun niveau de formation initiale n’était exigé. « Le profil des personnes retenues est assez diversifié même s’ils sont plus diplômés et plus jeunes que ne le sont généralement les chômeurs en situation de handicap », reconnaît Cédric De Cecco.

« C’est la première fois que nous montions une tel dispositif en région parisienne, et nous avons été assez prudents sur le recrutement, poursuit-il. Surtout que trois mois de formation, c’est court. Mais nous savons d’expérience que les formations préalables à l’emploi permettent de donner leur chance à des personnes très éloignées de l’emploi. »

Une formation pour donner le socle de compétences nécessaires.

… ni d’expérience professionnelle dans ce domaine

DSI a en effet régulièrement recours à ce type de dispositif. Pour les métiers de la logistique industrielle ou de l’inspection qualité, par exemple. « Nous sélectionnons des travailleurs handicapés sur leurs aptitudes, même s’ils n’ont aucune expérience professionnelle dans ce secteur et nous leur donnons le socle de compétences nécessaires, précise Cédric De Secco. Nous avons ainsi amené vers la logistique industrielle des personnes qui avaient travaillé dans la vente, la construction ou bien encore la restauration avant de se retrouver au chômage. Quand bien même elles avaient un niveau de qualification initiale assez faible. »

Travailler dans un cadre adapté

À la clé, un contrat à durée indéterminée. Dans une entreprise adaptée, en plus. Ces établissements, qui emploient au moins 80 % de travailleurs handicapés, sont censés mieux tenir compte des besoins particuliers de leurs salariés.

« Avant de postuler à la formation, je ne savais même pas ce qu’était une entreprise adaptée, avoue Ali. Mais cela me rassure de savoir que je vais être recruté par l’une d’entre elles. Je n’aurai pas peur d’y être mal jugé ou mal compris par rapport à mes problèmes de santé. Surtout qu’ils sont susceptibles d’évoluer d’ici quelques années peut-être. » Franck Seuret

(1) Il n’a pas souhaité que son nom de famille soit rendu public.

Tour de vis budgétaire pour les entreprises adaptées

Le projet de loi de finances 2018 prévoit d’augmenter de 1 000 le nombre d’aides au poste, indispensables aux entreprises adaptées pour créer des emplois. Mais l’enveloppe budgétaire globale que l’État leur verse va diminuer, comme l’explique Faire-face.fr. « Ce budget est véritablement en trompe l’œildénonce l’Union nationale des entreprises adaptéesCette situation est intolérable : une telle baisse, conduira à la faillite de nombreuses entreprises adaptées. » Selon ses calculs, il manque 17 millions dans le projet de loi de finances pour leur permettre de continuer à fonctionner dans les mêmes conditions financières qu’avant tout en créant 1 000 emplois supplémentaires.

A propos de Franck Seuret

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Un commentaire

  1. cela m interresserais je suis dans un handicappe que je percois

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