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Si la France ne fait pas figure de mauvais élève parmi les pays européens, elle a de la marge de progression. En quantité mais aussi en qualité.

Budget du handicap : la France fait-elle partie des bons élèves européens ?

La France consacre à sa politique du handicap un peu plus de 2 % de la richesse qu’elle crée. Cela la situe exactement dans la moyenne européenne. Mais derrière les pays du Nord et même la Croatie. La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées s’est donc montrée un peu trop optimiste en affirmant qu’elle se trouvait dans la «  moyenne haute ». Sans compter les parents pauvres que sont la compensation et la vie à domicile.

« La France n’a pas à rougir (…) du budget qu’elle consacre aux personnes handicapées. On est dans la moyenne haute des pays européens. » Sophie Cluzel a délivré un satisfecit à l’État français, sur le plateau de Sénat 360, le jeudi 25 janvier.

Le thème du jour de cette émission quotidienne sur Public Sénat : l’accompagnement des personnes handicapées. Un choix lié à l’actualité. Le matin même en effet, la commission des Affaires sociales du Sénat avait lancé un groupe de travail sur le financement de la prise en charge du handicap.

Autant pour le handicap que pour la défense

L’analyse des chiffres ne donne pas tout à fait raison à la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. Selon la Drees, en 2014, la France a consacré l’équivalent de 2,1 % de son PIB, c’est-à-dire de sa richesse produite cette année-là, au financement des prestations invalidité et accidents du travail-maladies professionnelles. Soit 45 milliards, un peu plus que le budget de la défense, pensions comprises.

Loin derrière le Danemark et les pays du Nord

Elle se situe au niveau de la moyenne européenne de l’Union européenne à 15. Mais à peine au-dessus de celle à 28 (2 %). Seuls huit pays font mieux : les pays du Nord, Danemark en tête avec 4 %, la Croatie, le Luxembourg, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas.

En revanche, les pays d’Europe du sud et les pays anglo-saxons, y affectent une part bien inférieure à la moyenne.

En France, les dépenses continuent à progresser

Entre 2009 et 2014, après une quinzaine d’années de progression, ces dépenses se sont stabilisées au niveau européen.  « La France (+2,7 %) et, dans une moindre mesure, l’Allemagne (+1,5 %) font figure d’exceptions, souligne la Drees. Cette singularité française peut s’expliquer en particulier par [l’instauration en 2005] de la prestation de compensation du handicap et par le relèvement progressif du montant de l’allocation adulte handicapé. »

Une autre étude de la Drees pointe d’ailleurs que les dépenses en faveur des personnes handicapées sont passées de 1,9 % du PIB en 2005 à 2,2 % en 2014.

La compensation, parent pauvre

Si la France ne fait donc pas figure de mauvais élève, elle a toutefois de la marge de progression. En quantité : la Suède, souvent citée en exemple, consacre 3,5 % de son PIB aux personnes handicapées.

Mais aussi en qualité : la vie à domicile, et la compensation notamment, reste le parent pauvre de la politique française. « Tout l’enjeu est de rendre efficiente, à la personne, cette politique du handicap, reconnaît Sophie Cluzel. (…) Il va falloir qu’on décloisonne. »

Sophie Cluzel ne promet pas « plus de moyens »

Un de ses objectifs, comme elle l’a expliqué à Vox Pop sur Arte, est de transformer l’offre médico-sociale. Affecter plus de financements aux services permettant aux personnes de travailler, étudier, vivre en milieu ordinaire… et moins aux établissements spécialisés fonctionnant en circuit fermé.

En effet, la réforme se fera à moyens constants. « L’objectif de ma mission, ce n’est pas plus de moyens, c’est des moyens positionnés différemment », avait-elle expliqué au quotidien La Montagne. Dans les comparaisons budgétaires, la France restera donc un élève moyen. Franck Seuret

Que recouvrent ces chiffres ?

Le risque invalidité, au sens européen, correspond aux prestations des risques invalidité et accidents du travail-maladies professionnelles des comptes de la protection sociale : allocation adulte handicapé, pensions d’invalidité, prestation de compensation du handicap, le coût de l’accueil dans des établissements et services spécialisés, etc.

Pour mesurer le coût total de la politique du handicap, il faudrait y ajouter d’autres postes budgétaires comme les auxiliaires de vie scolaire ou bien encore les exonérations fiscales et sociales accordées aux personnes en situation de handicap, par exemple.

A propos de Franck Seuret

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6 commentaire

  1. Si vous intégrez le budget des AVS, il faudra retirer la cotisation au fiphfp de l’éducation nationale ! Cette espèce d’exception, de délégation de moyens et de responsabilité qui permet à l’éducation nationale de faire de copieuses économies sur le dos de nos enfants en situation de handicap.

  2. Bonjour,

    La semaine dernière j’ai demandé un recours pour avoir 80 %, suite à une arthrodèse du pied où il y eu une erreur médicale. J’ai eu 2 fractures sur pied droit et ils m’ont opéré 2 ans après, à la radiologie ils se sont appercu que je n’avais plus de cartilage. Le juge n’était pas contre ma requête mais le médecin, mal grès qu’il constaté mes difficulté à m’habillé. Et mes déplacement à dit non pour les 80 % d’invalidité. J ai demandé simplement la révision de taux et l’installation d’une douche

    Depuis cette artrodès,de mal marché ma colonne en a pris un coup. j’ai une discopathie érosive sur L2 et L3. c’est l’enfère pour dormir et faire le ménage.
    Le matin, je suis obligé de prendre des cachets pour la douleur s’apaise et encore se n’ai pas le cas toujours les jours.

    Malgré cela, je continu mon travail.

    La juge m’a répondu qu’il faudrait que j’arrête de travailler pour bénéficier les 80 %.

    Je ne comprends plus rien.

    J’ai 3 handicaps les yeux avec strabisme et nystagmus et maintenant le pied qui est à l’origine une erreur médicale et le dos

    • Il faut marcher moins de 200 mètre et être appareillés soit canne, béquilles, déambulateur pour avoir vos 80%.
      Faites un recours avec un autre certificat médical qui précise que vous êtes appareillé.
      Vous avez 2 mois pour un recours.
      une révision si vous avez dépassé ces 2 mois donc refaire le dossier CERFA.
      Plus le médecin va mettre vos difficultés en avant, plus vous aurez la chance d’être à 80%.
      Voyez ce site ils aident pour les constitutions de dossier.
      https://fmh-association.org/lassociation/nos-unions-departementales-et-locales/union-departementale-du-75-paris-xi/
      Le contact

      Fédération des Malades et Handicapés
      Union Départementale de Paris
      58, rue Merlin – 75 011 PARIS
      Tél. : 01.43.55.97.74 – Courriel : ud.fmh75@gmail.com

      Nous sommes en train de faire un pôle handicap pour envoyer chaque personne devant les bons interlocuteurs de suite sans perdre de temps, car être handicapés c’est un parcours du combattant contre les institutions.
      Et notre pôle veillera à l’application de l’inclusion des personnes handicapées dans tous les secteurs d’activité où il manque le minimum de 6% d’handicapés.
      Pour l’instant on installe ce pôle pour l’île de France dès que ce sera fait on travaillera en liaison avec les associations et les institutions pour faire avancer rapidement les dossiers.
      Cordialement
      Colette Bonacorsi

  3. Ce qui prouve, une fois de plus, qu’on fait dire aux chiffres ce que l’on veut. Comme complice involontaire, la richesse de notre langue.

  4. Les CDD handicap n,ont pas droit à la prime de précarité,pourquoi???

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