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Après différents courts métrages, sélectionnés et primés dans plusieurs festivals, Rémi Gendarme s'attaque à son premier long métrage documentaire. © DR

Fils de Garches : un film sur l’enfance avec un handicap lourd

Cela faisait longtemps que cette idée de film lui trottait dans la tête. Le réalisateur Rémi Gendarme, 34 ans, en situation de handicap, tourne actuellement son premier long métrage intitulé Fils de Garches. Une plongée à la fois documentaire et introspective sur le handicap, avec en toile de fond l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, fréquenté enfant. Situé dans les Hauts-de-Seine, cet établissement spécialisé dans la prise en charge d’adultes et d’enfants souffrant de handicaps lourds, d’origine neuromusculaire ou traumatique, a marqué beaucoup de personnes y ayant séjourné.

Faire Face : D’où vous est venue l’idée de Fils de Garches ?

Rémi Gendarme : Depuis que je fais des films documentaires, j’ai envie de retourner dans ce lieu où j’ai séjourné enfant à deux reprises. J’en garde de nombreux souvenirs.  J’ai commencé à les consigner par écrit à 20 ans.

J’avais écrit : « Aujourd’hui, quand on me dit “Hôpital”, je me vois à six ans, nu, un tuyau dans le nez, en train de vomir. Je viens d’être opéré, une opération que je trouvais inutile à l’époque, et qui maintenant, je le sais, l’était. » Et je me suis dit que beaucoup d’enfants et de parents ayant fréquenté cet hôpital avaient aussi des choses à raconter sur le handicap et le regard porté sur les personnes handicapées.

« On me disait que c’était pour mon bien. »

FF : Quelle mémoire gardez-vous plus précisément de ce lieu ?

R.G : Mes souvenirs sont assez monstrueux. J’avais peur. Il faut dire que cet hôpital que tout le monde appelle “Garches” ne ressemble pas aux autres hôpitaux. Les premières images imprimées dans ma mémoire font référence aux hospices du XIXe siècle en Angleterre. Puis, je garde le souvenir d’un lieu extrêmement dur dans tous les sens du terme : moralement et physiquement.

La rééducation était difficile à endurer pour un enfant, même si on me disait que c’était pour mon bien. Pour d’autres, notamment les parents, Garches est synonyme d’espoir puisqu’un avenir était soudain envisageable pour leurs enfants alors que le monde médical était plutôt pessimiste.

FF : Quelle histoire souhaitez-vous raconter ?

R.G :  Je n’avais pas particulièrement d’objectif en débutant le tournage. Car, pour moi, démarrer un film, c’est comme entamer un voyage. Bien sûr, tout part de ma propre histoire. Mais l’idée est plutôt de raconter une histoire collective sur l’enfance quand on est atteint d’un  handicap lourd.

J’ai voulu retrouver d’autres enfants peut-être côtoyés dans les années 80 et 90. Leur donner une parole qui leur était confisquée à l’époque. En partant de leurs expériences à Garches, je veux voir comment ils appréhendent aujourd’hui la vie dans une société pas vraiment faite pour les personnes en situation de handicap.

Dispositif spécial pour filmer depuis le fauteuil roulant

FF : Vous avez une équipe de production qui vous suit. Pourquoi avoir initié une campagne de financement participatif ?

R.G : La réalisation de ce film est très étalée dans le temps. En fait, nous alternons des sessions de tournage et de montage. Nous allons aussi à mon rythme. Dans un premier temps, nous nous sommes baladés en France pour aller à la rencontre des anciens de Garches. Il nous faut désormais entamer la dernière phase : le tournage à proprement parler dans l’hôpital. Ce n’est pas la plus simple.

Par ailleurs, le dispositif spécial qui me permet de filmer depuis mon fauteuil coûte cher. Il ne peut être financé avec les aides du CNC, ni avec les aides liées au handicap. D’où l’idée de ce financement participatif. C’est un soutien important qui va bien au-delà de l’aspect financier. Et il me conforte dans l’idée que ce que je fais peut rencontrer un public. Propos recueillis par Claudine Colozzi

Soutenez le projet de  Rémi Gendarme

Si vous souhaitez devenir contributeur et soutenir le premier long métrage de Rémi Gendarme, vous pouvez vous rendre sur la page Kiss Kiss Bank Bank de Fils de Garches. Une importante période de tournage à Garches est programmée pour l’été 2018.

La sortie de Fils de Garches est prévue pour le printemps 2019. Faire Face vous tiendra informé(e)s.

 

A propos de Claudine Colozzi

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