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Max Baissette de Malglaive, épatant dans le role de Léo, jeune autiste Asperger passionné d'échecs. ©Gaumont

Monsieur Je-sais-tout, autisme, échecs et foot

Deux êtres que tout oppose contraints de cohabiter. L’intrigue est classique. Sauf qu’il s’agit dans Monsieur Je-sais-tout, en salles ce mercredi 9 mai, d’un adulte plein de certitudes et de son neveu autiste. Une attachante comédie qui plaide en faveur d’une société inclusive.

Lorsqu’on fait sa connaissance, on se dit qu’il est un peu tête-à-claques, ce Vincent. Lunettes de soleil et Mercedes décapotable vintage, il se revendique sans femme ni enfant. A pour habitude de fournir des réponses sèches et sans appel à ses interlocuteurs. Joue au Don Juan quand il rencontre la nouvelle et très jolie médecin de l’école de foot où il travaille.

Vincent, c’est Arnaud Ducret, décidément abonné aux rôles où il a maille à partir avec des enfants (Parents mode d’emploi, Les dents, pipi et au lit). Dans Monsieur Je-sais-tout de François Prevost-Leygonie et Stephan Archinard, il est l’entraîneur d’une équipe d’ados de La Rochelle et s’apprête à les quitter pour un poste équivalent, mais bien mieux rémunéré, en Chine. Il a la bougeotte, dit-il.

Un adolescent déconcertant, un oncle déstabilisé

Sauf qu’un malaise de sa mère, hospitalisée, va lui rappeler qu’il a une famille. Et même lui apprendre qu’il a un neveu : Léonard, 12 ans, atteint du syndrome d’Asperger. Le voilà contraint de s’en occuper, avant que l’adolescent n’intègre un établissement spécialisé.

Et là, le tonton perd de son assurance. Léo parle vite, sur un ton sérieux, répète de façon mécanique, tout en fuyant les regards… « Tu as réponse à tout !, dit Vincent lorsqu’il déplace son lit pour « le mettre en accord avec la rotation de la Terre. » Expliquant que ça a « une grande influence sur la qualité du sommeil ».

« Je dis toujours la vérité », répond le garçon. Alors, son oncle, sur un mode provocateur, lui demande son avis sur le foot. Pour s’entendre dire que c’est un jeu « horriblement simpliste ». Par rapport aux échecs, bien sûr ! Car Léo, initié par son grand-père, est passionné par ce jeu. Vincent encaisse et propose à Léo de passer aux travaux pratiques.

Une description du handicap convaincante

Contre toute attente, Léo se révèle très doué au poste de gardien de but. Croisant les vidéos de matchs qu’il a regardés avec sa connaissance des échecs. Il gagne vite la confiance des autres joueurs, au départ intrigués par ce drôle de bonhomme. Il reçoit aussi le soutien de Mathilde, la jeune médecin, qui pense que sa place n’est pas dans un établissement spécialisé.

Si certaines situations, pourtant avérées par des parents d’enfants autistes, paraissent caricaturales – Léo n’a-t-il jamais été scolarisé ? Envoie-t-on encore régulièrement en psychiatrie les jeunes autistes ? – la description du handicap et de l’incompréhension qui l’entoure est particulièrement convaincante.

Dans la peau de Léo, Max Baissette de Malglaive, petit prodige du cinéma, se révèle très juste. Petit bonhomme frêle et vouté qui déstabilise son colosse de tonton.

Le sport, vecteur d’inclusion sociale

À Sedan, décor de La surface de réparation, le roman d’Alain Gillot, dont le film est inspiré, les réalisateurs ont préféré la lumière de La Rochelle et de ses environs. En accord avec l’auteur, qui a participé au scénario et vivait justement dans cette ville.

Ils ont aussi choisi un titre plus feel-good. En revanche, ils sont restés fidèle à l’idée que le sport est un bon vecteur d’inclusion sociale.

On rit beaucoup dans Monsieur Je-sais-tout. Quand Léo fait des grimaces à un animal empaillé, quand il sème la zizanie au supermarché à cause d’une balance mal tarée… Mais le clou, c’est sans doute la blague sur “la normalité” que l’adolescent sort à son oncle quand ils se sont enfin apprivoisés. Les deux rient aux éclats. Mais lorsque l’entraîneur ressort l’histoire à son équipe, il fait un flop. Vincent est entré dans le monde de Léo. Ses joueurs, pas encore tout à fait.

 

A propos de Corinne Manoury

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