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Monique, 84 ans, a fait son choix. C'est en Suisse qu'elle ira finir sa vie. © Grand Angle Productions.

« Fin de vie, le dernier exil », l’euthanasie en débat ce soir sur France 5

En mars, un quart des députés a réclamé une nouvelle loi sur la fin de vie. L’euthanasie et l’aide au suicide étant toujours interdites en France, certains se tournent vers la Belgique ou la Suisse pour choisir leur mort. Comme Monique et Hélène que l’on suit dans le documentaire Fin de vie, le dernier exil, diffusé ce mercredi 23 mai dans l’émission Le monde en face.

Pot de départ dans une maison de retraite. Monique, 84 ans, trinque – et ce n’est pas banal ! – à sa mort prochaine. L’ancienne prof de yoga qui avait « un corps très libre » n’en peut plus de sentir qu’il « ne fait plus rien » et vit sous la menace d’un troisième AVC.

Elle ira se suicider en Suisse, assistée par une association, Dignitas, qui assure ce type de “prestation” pour de nombreux étrangers. En Suisse, il n’y a pas de loi. Mais un article du Code pénal autorise l’aide au suicide tant qu’il n’est pas motivé par un « mobile égoïste ».

« Souffrir jusqu’au bout, c’est plus éthique ? »

Hélène s’accroche à la vie mais n’a pas envie d’aller jusqu’aux dernières semaines. © Grand Angle Productions.

Hélène, elle, n’en est qu’au début de son parcours pour mourir en Belgique. Elle a 29 ans, un mari aimant et attentif, une petite fille de bientôt 4 ans… Mais aussi une maladie de Charcot, diagnostiquée un an plus tôt, qui grignote rapidement ses capacités. Quand elle comprend que la fin de vie passe par une détresse respiratoire, c’est « panique à bord !», dit-elle.

« Le seul moment où j’ai réussi à me calmer, à me dire que je n’allais pas mourir étouffée, c’est quand j’ai pensé qu’il y avait des pays qui proposaient un plan B », explique-t-elle avant d’ajouter : « C’est mon corps, c’est moi qui souffre. Je ne vois pas pourquoi on me refuse le droit de choisir ma fin de vie. Souffrir jusqu’au bout c’est plus éthique ? »

« Ne pas accompagner jusqu’au bout serait une lâcheté. »

Ce à quoi, Jean Léonetti, dont la loi encadre la fin de vie en France, répond : « C’est une loi pour ceux qui vont mourir, pas ceux qui veulent mourir. Nous avons les moyens de faire en sorte que la mort soit sereine. »

Tous ne sont pourtant pas convaincus que cela soit suffisant. Ainsi, Bernard Senet, médecin retraité, milite pour le droit à mourir dans la dignité. Il ne se cache pas mais n’a jamais été inquiété. Il a pourtant aidé une soixantaine de personnes à partir. Pour lui, ce serait une lâcheté de ne pas accompagner ses patients jusqu’au bout.

Des systèmes suisse et belge qui posent aussi question

Émily, dépressive, demande l’euthanasie pour la deuxième fois. Un cas qui fait débat © Grand Angle Productions.

Le documentaire d’Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre n’est pas pour autant un plaidoyer pour l’euthanasie. Il constate aussi les limites et dérives possibles des systèmes suisse et belge.

Dans le premier, il serait possible de se “payer” son suicide sans avoir de graves problèmes de santé. Dans l’autre, l’ouverture de l’euthanasie aux personnes dépressives pose question. Comme l’illustre le cas d’Émily, 26 ans, qui en est à sa deuxième demande.

Toujours à la bonne distance, avec parfois des séquences fortes en émotion, le film pose ainsi avec justesse toutes les questions du débat actuel sur la fin de vie.

À voir dans Le Monde en face à 20h50 sur France 5.
La diffusion sera suivie d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse

A propos de Corinne Manoury

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3 commentaire

  1. J’ai vu le débat hier et je ne suis pas d’accord avec vous. Ce n’est pas avec justesse que le débat était animé. Il y avait clairement 3 personnes pro-euthanasie et une contre, la malheureuse personne des soins palliatifs qui était systématiquement contré par les autres et ne pouvait en placer une.

    • Entièrement d’accord. Ce n’était d’ailleurs pas un débat c’était plutôt une soirée en faveur de l’euthanasie!!! Et voilà comment on informe ou plutôt désinforme les gens!!!!

  2. Bonjour, pouvez vous me donner les coordonnés du Dr Bernard Senet ,médecin retraité .Je vous en remercie .

    Merci de ne pas publier mon commentaire

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