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Les traitements de la Sep récemment mis sur le marché mériteraient d'être comparés entre eux, selon des chercheurs italiens.

Sclérose en plaques : beaucoup de flou sur l’efficacité des traitements

JOURNÉE MONDIALE DE LA SEP – L’efficacité à long terme des traitements de la sclérose en plaques (Sep) reste méconnue. Tout comme l’efficacité des médicaments les uns par rapport aux autres. Le bilan d’une équipe italienne sur la qualité des informations disponibles est confondant.

Par quel traitement commencer ? Combien de temps peut-on espérer le garder ? Et avec quel traitement poursuivre ? Autant de questions sans réponses, souligne une équipe italienne de l’Institut Mario Negri de Milan dans un article.

Chiara Gerardi et ses collègues se sont penchés sur les essais cliniques qui ont servi à l’Agence européenne du médicament (EMA) pour autoriser la mise sur le marché de huit* des dix médicaments les plus récents ainsi que sur les essais menés après commercialisation. Leurs critiques ciblent essentiellement trois points.

Le critère de jugement est trop rarement la progression du handicap

Très peu de ces essais ont utilisé comme critère d’efficacité la progression du handicap. La plupart montrent que les traitements limitent le taux annuel des poussées. Ce qui est bien. Mais limiter la progression du handicap paraît un bénéfice encore plus pertinent à évaluer.

De plus, impossible de connaître la longévité espérée de l’efficacité de ces traitements. En effet, la durée de suivi est courte. Seuls deux essais ont duré plus de deux ans.

L’absence de comparaison directe empêche de positionner les traitements

Enfin, très peu de ces nouveaux traitements ont été comparés entre eux. Sur 16 essais, onze comparaient le traitement à l’étude avec une substance inerte -un placebo- et les cinq autres avec l’interféron bêta -l’un des tout premiers médicaments de la Sep avec le glatiramère (Copaxone®). Or, en l’absence de comparaison directe, impossible de savoir quel traitement est le plus efficace dans tout l’arsenal disponible !

Ces chercheurs plaident donc pour que la recherche publique réalise ces comparaisons directes qui n’intéressent évidemment pas l’industrie pharmaceutique. C’est pour eux la seule façon de définir la place de chaque médicament dans la stratégie thérapeutique.

*L’étude concerne l’alemtuzumab (Lemtrada®), le daclizumab (Zynbrita®, qui n’est plus commercialisé), le diméthylfumarate (Tecfidera®), la fampridine (Fampyra®), le fingolimod (Gilenya®), le peg-interféron bêta 1a (Plegridy®), le naalizumab (Tysabri®) et le tériflunomide (Aubagio®).

A propos de Adélaïde Robert-Géraudel

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Un commentaire

  1. Cette étude des différents traitements actuel de la sclérose en plaque a un intérêt particulier car chaque patient a sa forme de sclérose en plaque.
    Le diagnostique de cette pathologie est capital car il détermine le ou les traitements qui seront prescrit en fonction de la forme de cette maladie.

    Personnellement je souhaiterai un traitement qui soigne plus les causes et moins les conséquences.

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