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Danser avec un handicap, c'est encore un challenge... Ah bon ? Oui, c'est écrit sur France Bleu Berry. Sur cette photo (Compagnie Tatoo), publiée dans un portfolio de Faire Face, ça semble tout à fait... normal. @ Karine Lhémon

Sans blague ? Tu danses ?

BILLET D’HUMEUR – Quand on écrit sur le handicap avec, c’est certain, la bonne intention de mettre en valeur la thématique choisie – la danse et le handicap–, il faut veiller aux mots utilisés. Trop d’émotion dans la narration et surtout le caractère « insolite » de l’événement rapporté vont à l’encontre de l’inclusion des personnes différentes.

Incroyable ce que des personnes en situation de handicap en train de danser peuvent susciter comme émotion ! Dans son édition du 31 mai, France Bleu Berry publie ainsi un article sur le concours Handidanse 2018 qui se déroule à Bourges jusqu’au samedi 2 juin soir. Une compétition dans laquelle des troupes de personnes vivant dans des établissements médico-sociaux amateurs s’affrontent.

Les voir, sur scène, bouleverse tellement que le mot émotion revient deux fois en vingt lignes. Enfin disons trois car l’événement est « émouvant », presque quatre vu qu’il est aussi « touchant ».

Sempiternel « challenge » malgré le handicap

Parce qu’elles dansent bien ? Mais non. Parce qu’elles sont sourd(e)s, aveugles et dans des fauteuils roulants mais « ça ne les empêche pas de monter sur scène pour offrir une chorégraphie ». Si, si c’est écrit. Le sempiternel « challenge » malgré le handicap. En revanche, impossible de savoir exactement ce qu’elles font et de connaître leurs impressions. Personne n’a eu l’idée de le leur demander.

Danseurs et même professeurs avec un handicap

Mais le plus surprenant avec cet article, c’est la catégorie dans laquelle il a été placé : “Insolite”. Insolite, c’est un chien qui se promène avec un chapeau et une cravate. Une ado dans un fauteuil roulant qui fait un backflip. Danser : pourquoi cela serait-il si étonnant ? Les personnes handicapées virevoltent, en amateurs ou professionnels, chez elles, en boîte de nuit, sur des plateaux télé ou à l’Opéra de Paris. Elles apprennent même aux autres à danser ! Allez, encore un peu d’entraînement pour trouver le rythme de l’inclusion.

A propos de Valérie Dichiappari

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