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Selon l'enquête, quatre mères sur dix disent avoir cessé de travailler après la naissance de leur enfant handicapé.

Handicap : quand une famille sur deux n’ose pas solliciter un centre de loisirs

Autocensure au point de ne pas solliciter les centres de loisirs. Mise entre parenthèses massive de la vie professionnelle. Des mères en particulier, à la naissance d’un enfant handicapé. Voilà les premiers enseignements de l’enquête de la Mission nationale accueils de loisirs et handicap. Des mesures concrètes sont attendues d’ici la fin de l’année.

La moitié des quelque 6 500 familles interrogées n’a jamais fait de demande d’accueil à un centre de loisirs pour son enfant handicapé. En raison, tout particulièrement, d’une forme d’autocensure. Dans 41 % des cas, par crainte de confier le petit à une équipe qui ne serait pas formée au handicap. Pourtant, 84 % des familles qui y mettent le leur sont satisfaites de l’accueil qui lui est réservé.

Par comparaison, un tiers des enfants valides fréquentent un centre de loisirs. Dans le même temps pourtant, plus de huit familles sur dix voudraient que leur enfant pratique les mêmes activités que ses copains valides.

Ce sont là les premiers résultats de l’enquête familles et handicap réalisée par la Mission nationale accueils de loisirs et handicap. Une mission lancée en septembre 2017, à l’initiative de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

Besoin de répit

Son objectif ? Recenser les besoins pour, ensuite, prendre des mesures concrètes. La Cnaf sera en première ligne pour leur mise en application. Des actions qui pourraient s’avérer précieuses. En effet, autre enseignement de cette enquête : l’ampleur du bouleversement de la vie professionnelle résultant de la naissance d’un enfant handicapé.

Il impacte 81 % des familles. Les mères en premier lieu, près de neuf fois sur dix. Elles sont ainsi quatre sur dix à avoir cessé de travailler. Plus d’une sur 2 (51 %) a également réduit son temps de travail. Pas étonnant, dès lors, qu’outre le bien-être de l’enfant, cité par 69 % des personnes interrogées, l’accueil en centre de loisirs représente aussi pour 60 % d’entre elles la possibilité d’avoir un répit.

L’ensemble des résultats de cette enquête Opinionway réalisée en ligne durant un mois et demi sera connu fin juin. S’en suivront des propositions concrètes. Objectif : favoriser l’accueil de tous dans les centres de loisirs sur les temps extrascolaires d’ici décembre prochain, au terme de l’existence de cette mission nationale.

A propos de Sophie Massieu

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2 commentaire

  1. Aujourd’hui
    On me sollicite même la directrice car je l’ai mis une demi journée , ils avaient des appréhension moi aussi et tout c’est bien passée

  2. Comprenez bien que l’enfant handicapé a d’autres besoins qu’un enfant sans difficultés. Il peut par exemple avoir besoin de plus se reposer, et ce n’est pas en le mettant dans un centre de loisirs à plein-temps que ceci est forcément possible.
    Alors qui pensez-vous s’occupe sur ces temps de l’enfant ? Réponse : la maman. Je ne vais pas non plus confier ma fille handicapée à un homme, en l’occurrence son père qui ne peut pas intervenir sur tous les gestes de la vie quotidienne …
    Il faut savoir que toutes les activités ne lui sont pas accessibles et c’est terriblement frustrant pour l’enfant de se retrouver à regarder les autres faire du sport par exemple. Par contre, c’est une excellente ouverture pour lui comme pour les autres enfants qui doivent être confrontés à la vraie vie, ainsi que leurs parents d’ailleurs. Sinon, on n’avancera jamais sur la différence. On est tous faits pour aimer la vie.
    Dans les cités (projet pilote), on voudrait mettre en place des CDI à temps choisi et pour les parents d’enfants handicapés, ils nous auraient oublié, abandonné ? Vivre le handicap d’un enfant, c’est une terrible épreuve, faite de discrimination.
    Où est la reconnaissance ? Et pourquoi le SMIC ne serait pas obligatoire pour ces mères ? corvéables à merci sans contrat, sans horaires, sans formation et l’isolement en plus.
    La charge mentale des mères a un coefficient multiplicateur qui explose tous les compteurs, alors quand vous avez dû renoncer à une activité professionnelle pour votre survie et celle de votre enfant, c’est bien la double peine. La vie professionnelle des pères continue souvent comme avant le handicap. Il n’y a pas une discrimination derrière tout cela ? J’invite ces personnes à se mettre de l’autre côté le temps de la réflexion.
    Je ne parle que de ce que je connais bien sûr. Bien cordialement.

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