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Les 110 000 auxiliaires de vie scolaire qui accompagnent 175 000 élèves en situation de handicap sont soumis à des conditions extrêmement précaires.

Élèves handicapés : une rentrée sous haute précarité

Le gouvernement a assoupli les critères de recrutement des auxiliaires de vie scolaire pour faciliter les embauches. Mais le problème majeur demeure : la précarité de ces 110 000 salariés, pourtant indispensables à de nombreux élèves handicapés.

Plus de 12 millions d’élèves, 880 000 enseignants… mais aussi 110 000 auxiliaires de vie scolaire. Des AVS aux profils plus variés que l’an passé. Durant l’été, le gouvernement a en effet élargi les conditions d’embauche de ces salariés chargés d’accompagner 175 000 élèves en situation de handicap parmi les 321 000 scolarisés en milieu ordinaire. Ou, plus précisément, les conditions d’embauche de ceux recrutés avec le statut accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH), plus nombreux que les contrats aidés.

Effectifs à géométrie variable

Cette année, l’Éducation nationale disposera de 45 600 postes d’AESH équivalent temps plein* et de 29 000 emplois aidés (des contrats uniques d’insertion ou des parcours emplois compétences, de six à douze mois). Soit 74 600 postes d’auxiliaires de vie scolaire au total, occupés par quelque 110 000 salariés, beaucoup travaillant à temps partiel.

C’est un peu moins que l’an passé (80 000). Mais la répartition était différente avec 30 000 AESH et 50 000 emplois aidés. Le temps de travail des premiers étant supérieur à celui des seconds, le ministère assure que cela se traduit par un volume d’équivalent temps plein supérieur. « À la rentrée 2018, il y a 3 584 ETP d’accompagnants supplémentaires », précise le dossier de presse. Un décompte trop optimiste, selon APF France handicap qui craint que le compte n’y soit pas.

* Dont 2 600 en Ulis, des classes pour élèves handicapés au sein des écoles ordinaires.

Avant, au moins deux ans d’expérience

Jusqu’à présent, seuls pouvaient être recrutés comme AESH les titulaires d’un diplôme professionnel de l’aide à la personne. Ou les candidats justifiant d’une expérience professionnelle de deux années dans le domaine de l’accompagnement des élèves ou des étudiants en situation de handicap.

Maintenant, neuf mois ou le bac suffisent

Le décret du 27 juillet a abaissé la durée de l’expérience demandée à neuf mois. Il l’a aussi élargie aux professionnels ayant travaillé dans l’accompagnement de toute personne en situation de handicap. Y compris donc en dehors du milieu scolaire.

Les candidats ayant au moins le bac peuvent aussi postuler. Même s’ils n’ont aucune expérience. Enfin, la durée minimum de la formation, qui était déjà obligatoire mais restait souvent théorique, est fixée à soixante heures.

Difficultés de recrutement dans les académies

Le but de l’opération ? « Élargir le vivier de recrutement (…) en assouplissant les conditions de recrutement », précise le texte officiel. La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées a en effet souvent expliqué que certaines académies rencontraient des difficultés de recrutement.

« À chaque rentrée scolaire, et tout au long de l’année, des élèves restent en attente d’un accompagnement », répondait ainsi Sophie Cluzel à une députée, en janvier. En cause, entre autres, « les contraintes d’éligibilité aux deux statuts d’accompagnant ». Ce décret vise à y remédier.

Temps partiels imposés, faible rémunération

Mais il ne suffira pas à régler le problème. Si l’Éducation nationale a du mal à recruter, et/ou à conserver ses recrues, c’est aussi et surtout parce que que « les CDD AESH sont des contrats précaires et peu attractifs », souligne le collectif AESH en action !

Temps partiels imposés payés au Smic, un salaire de 700 euros par mois en moyenne, six CDD d’un an renouvelables pour pouvoir prétendre à un CDI, l’incertitude du renouvellement, etc. : la liste des doléances est longue.

Grande concertation à partir du 10 septembre

Sophie Cluzel en a bien conscience. Dans sa réponse à la parlementaire, elle ajoutait « la faible attractivité de ces emplois » comme explication aux délais d’attente que doivent endurer certains élèves avant de se voir affecter un AVS.

Avec le ministre de l’Éducation nationale, elle va lancer, le 10 septembre, une grande concertation. Objectif : rénover le dispositif d’accompagnement des élèves en situation de handicap à partir de la rentrée 2019. Un engagement d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Il a promis de  « pérenniser ces emplois, les stabiliser ». Y a plus qu’à.

En réponse à plusieurs commentaires sur la vidéo précédente :Oui, il est absolument nécessaire de garantir une rémunération plus digne aux auxiliaires de vie scolaire. C'est une condition indispensable à l'éducation des enfants en situation de handicap.

Publiée par Emmanuel Macron sur Lundi 27 février 2017

 

A propos de Franck Seuret

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12 commentaire

  1. les avs et Aesh sont toujours dans une grande précarité financière.
    Au bout de six ans de ccd il y a le Cdi mais cela ne fait que cédéisé la Précarité !
    Un cdi à 800 euros par mois ne change rien et ne pérennise pas ce métier.
    Les promesses ne sont pas tenues :
    « Sortir ces contractuels de l’etat De la précarité et les stabiliser « 
    A quand un accompagnement des élèves handicapés de qualité ?
    La situation est très préoccupante !

  2. La formation d’adaptation à l’emploi a toujours été de soixante heures. Rien de nouveau à l’horizon.
    Le jour de la rentrée beaucoup n’avaient pas encore signé leur contrat.

  3. Moi 3ans avs stages realises bonnes remarques de ma hierarchie et tjs pas poste aesh et j ai postule nb fois

  4. Compte tenu de la pénibilité de ce métier si on ajoute les frais de transport la complémentaire santé a prendre soit même…700 Euro de rémunération par mois c’est un scandale ! Dans le même temps même le balayeur de l’assemblée nationale a une rémunération plus importante (je vous invite a trouver les salaires de cette assemblée du peuple) et les sénateurs et autres fonctionnaires parfois inutiles aussi. A toutes les élections les candidats la main sur le cœur et du trémolo dans la voie essaient de nous faire croire qu’ils sont humaniste.Le jour ou ils verseront un salaire décent aux AVS AES…ils redeviendront un petit peu crédibles.

  5. 700 Euro/mois seulement pour un travail difficile. Dans le même temps il faut payer les transports, le stationnement, la complémentaire santé…
    Lorsqu’il s’agit de faire campagne pendant les élections les candidats se disent tous sensibilisé.
    Ils gaspillent 10 Millions d’Euro pour nous expliquer qu’on va être prélevé a la source pour nos impôts ! Belle sensibilité.

  6. « . La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées a en effet souvent expliqué que certaines académies rencontraient des difficultés de recrutement. » Alors la j’ai un doute parce-que les parents ont leurs parlentplutôt de soucis de budget , ou que les budgets sont bloqué, ou que les plateformes de recrutements sont fermé et j’en passe. Il y as quand même un grand foutage de G…. de la part de la secrétaire détat qui devrait plutôt aller vérifié comment ça se passe sur place plutôt de se se contenter des remontées papiers pour dire cela.

  7. Ce qu’il faudrait aussi c’est étendre le poste à des enfants qui n’ont pas nécessairement un handicap reconnu, j’ai 51 ans bientôt, ça fait 3 ans que je suis EVS pour un bout de chou de bientôt 6 ans aujourd’hui reconnu autiste léter, quand je vois le nombre d’enfants en difficulté, je me dis que c’est un vrai métier et qu’il faudrait le valoriser et proposer des emplois à plein temps avec une meilleure rémunération. A peine 700 euros / mois pour 20 h, 30 km par jour pour me rendre dans l’école. J’adore ce que je fais, l’équipe enseignante en or, j’ai beaucoup de chance mais ce n’est pas le cas de tout le monde je sais.

  8. Dans la Vienne, le rectorat impose à des CDI de signer de nouveaux cdi avec des volumes horaires revus à la baisse. Faire sans considération aucune avec des personnels pauvres des personnels encore plus pauvres et je ne parle pas de la désinvolture et le mépris avec laquelle cela est fait. et c’est cela ou devoir parcourir le département. L’administration n’a aucune bienveillance avec ces personnels. JMBLanquer su France inter parlait des avs comme de personnels touchant 1300 euros par mois et bénéficiant de formations, il n’a aucun sens des réalités des personnels dont il parle.

    • Dans l’Eure et loir, on nous a imposé un CDI au même salaire mais avec plus d’heures! Je suis passé d’un 27h à 32h, sous la justification d’aligner nos contrats à ceux de pôle emploi. N’aurions pas pu le faire dans l’autre sens? On est sur un calcul d’un temps plein de 42h, pendant qu’a l’education nationale bon nombre de fonctionnaires des bureaux sont sur la base d’un 35h ou 39h max. Chercher l’erreur!

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