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La famille d'Ema, 4 ans, demande au préfet de Moselle de lui accorder un titre de séjour pour raisons de santé. Un comité de soutien l'appuie.

Ema, fillette handicapée albanaise, menacée d’expulsion

Ema, fillette handicapée d’origine albanaise, et sa famille sont menacées d’expulsion à partir du 20 octobre. Autour d’APF France handicap, qui assure sa prise en charge dans son Camsp de Metz, un comité de soutien s’active pour l’éviter. Dans son pays, Ema ne peut avoir accès aux soins dont elle a besoin.

Un comité de soutien se bat pour qu’Ema, 4 ans, reste en France. La fillette est née prématurément en Albanie, entraînant une tétraparésie, infirmité motrice d’origine cérébrale. Elle est arrivée à Metz avec ses parents et ses deux sœurs courant 2017. « Dans notre pays, elle n’a jamais été vraiment prise en charge. Elle n’avait qu’une séance de kiné toutes les six semaines et des atèles de nuit. Les hôpitaux nous ont dit qu’ils ne pourraient pas faire plus », explique sa maman, Loretta Endreka.

Un dur voyage jusqu’en France

Le voyage jusqu’en France a été éprouvant pour Ema. Ses parents l’ont portée dans les bras à travers les frontières. Deux jours après son arrivée, elle a perdu connaissance. Les urgences du CHR de Metz-Thionville ont orienté la famille vers le Centre d’action médico-sociale précoce (Camsp) APF France handicap de Metz.

« Les deux premiers mois ont surtout été consacrés à la mettre en confiance. Au début, il était impossible de la toucher, explique la kinésithérapeute qui la suit trois fois par semaine. Elle a toujours été prisonnière de son corps. » La neuropédiatre du Camsp n’avait pas vu un tel cas depuis vingt ans. En France, ce genre de pathologie bénéficie d’une rééducation précoce et intensive.

Des progrès majeurs depuis un an

Grâce aux séances de psychomotricité, orthophonie… et à l’équipement adapté par l’ergothérapeute, Ema a réalisé des progrès significatifs depuis un an. Elle a une meilleure tenue de tête et de tronc, commence à se servir de ses mains, à pratiquer des tris. Son visage exprime des émotions et elle produit des sons, préludes à la parole.

La famille vit actuellement dans un foyer pour demandeurs d’asile à Metz. Elle a d’abord déposé une demande d’asile simple : premier refus en septembre 2017. Ont suivi un recours puis une demande de titre de séjour pour raisons de santé.

Le collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration a estimé que le défaut de prise en charge d’Ema pouvait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Mais qu’elle pouvait bénéficier d’un traitement approprié dans son pays, ce que contestent ses parents. Ils détiennent un courrier d’un hôpital albanais appuyant leur point de vue.

Une pétition contre l’expulsion

L’obligation de quitter le territoire français sous un mois a été notifiée aux parents le 20 septembre dernier. Pour aider la famille, le comité de soutien, avec le Camsp en fer de lance, a écrit au Défenseur des droits, à la ministre de la Santé, à Brigitte Macron. Il a aussi lancé une page Facebook et une pétition. Elle atteignait mercredi 1 300 signatures.

Le comité s’appuie notamment sur la Convention internationale des droits de l’enfant. Celle-ci reconnaît « le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation ».

Ce n’est pas la première fois qu’APF France handicap se mobilise contre l’expulsion d’enfants étrangers en situation de handicap, au mépris de leur santé. Texte et vidéo Élise Descamps

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