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« J'ai prévu, dès le départ de l'aventure, que je ne ferai pas de podium mais que je ne remporterai que des victoires. » @ Bruno Saussier

La Route du Rhum de Fabrice Payen : « Le handicap suscite un fort soutien du public et des médias. »

Dans quelques heures, Fabrice Payen, skipper amputé de la jambe droite, prendra le départ de de la Route du Rhum. Serein et déterminé à faire reconnaître les aptitudes professionnelles des marins en situation de handicap.

Faire-face.fr : Après deux ans de préparatifs, dans quel état d’esprit vous apprêtez-vous à franchir la ligne du départ ce dimanche 4 novembre ?

Fabrice Payen : « Je ne me mets pas la pression parce que tout le monde me la met. Mais je reste concentré sur les petits détails à régler pour le bateau. Je regarde aussi la météo. La performance n’est pas mon but et je n’ai pas les mêmes objectifs que mes concurrents. Je ne vais pas à la même vitesse que les autres sur le pont.

« Nous avons eu un grand soutien du public : sur les quais et les réseaux sociaux. »

Malgré tout, je sais que je vais devoir aller très très vite dès le départ pour éviter une grosse dépression sur le Golfe de Gascogne le 6 novembre. Comme mon bateau est relativement rapide, j’ai la possibilité de bien me positionner. Cela ne sera pas le cas des petits bateaux qui vont prendre cher.

Quant à mon trimaran, il est prêt. J’ai en effet pu avoir une dérogation pour sortir en début de semaine afin de vérifier si les petits bugs électroniques que nous avions réparés fonctionnaient. Quant à moi, je suis serein. Même si je n’ai pas navigué autant que je l’aurais voulu en solo cette année. Je me sens bien sur le bateau. »

F-f.fr : Vous avez mis en avant votre handicap dans le but de faire changer le regard du grand public comme de l’administration maritime. Quel accueil vous ont réservé médias et spectateurs ?

F.P : Le handicap suscite un fort soutien du public et des médias. Ma participation à cette Route du Rhum a ainsi déclenché de nombreux reportages télés, radios et de presse écrite. L’objectif est donc atteint à ce niveau-là.
En ce qui concerne le public, nous avons eu aussi beaucoup de soutien. Autant en direct, sur les quais lors des dix jours du Village de la Route du Rhum, que sur les réseaux sociaux.

Nous avons également reçu de nombreux messages de personnes en situation de handicap elles-mêmes. D’anciens marins qui ont eu un accident dans le cadre de leur activité professionnelle nous ont aussi contactés. On a senti que ça touchait les gens d’avoir un discours allant au-delà de la Route du Rhum. »

F-f.fr : Vous partez pour votre première traversée de l’Atlantique en solitaire. De quoi avez-vous le plus peur et quel est votre objectif personnel ?

« Je crains d’avoir des avaries sérieuses sur le bateau. Pour moi, c’est plus compliqué de me débrouiller tout seul pour faire face à un démâtage ou une perte de voile majeure. Côté météo, si je peux éviter d’avoir 40 nœuds de vent sur un début de course, ça me va très bien aussi. Après, je suis hyper motivé et très heureux d’être sur un bateau comme ça.

« Je veux utiliser la Route du Rhum comme caisse de résonance pour parler du handicap. »

Mon seul objectif c’est d’utiliser la Route du Rhum comme une caisse de résonance pour parler du handicap et de sa reconnaissance professionnelle. J’ai prévu, dès le départ de l’aventure, que je ne ferai pas de podium mais que je ne remporterai que des victoires. »

Infos et relevés de parcours sur l’aventure de Fabrice Payen

La Route du Rhum en chiffres

123 : c’est le nombre de bateaux qui franchiront la Pointe du Grouin, entre Cancale et Saint-Malo, le dimanche 4 novembre à 14 heures pour relier Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

3 543 : c’est la distance minimum en milles marins (soit 6 562 kilomètres) que les concurrents auront à parcourir. Il s’agit là de la route théorique la plus courte possible.

6 : c’est le nombre de catégories de bateaux de cette 11e édition. La Route du Rhum 2018 verra s’affronter 6 Ultimes, 21 Imoca, 6 Multi50, 53 Class40, 21 Rhum Multicoques et 17 Rhum Monocoques.

7 : c’est, en jours, le record de la traversée établi par le skipper Loïck Perron en 2014 (7 jours, 15 heures et 8 minutes). Les temps d’arrivée estimés cette année évoquent une traversée en six jours pour les plus rapides des Ultimes. Les bateaux les moins performants devraient arriver après le 24 novembre.

2,2 : c’est, en millions de visiteurs, le record d’affluence de la dernière édition. Les prévisions pour ces 40 ans de la Route du Rhum oscillaient entre 2,3 et 3 millions de spectateurs.

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