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L'entreprise d'insertion Envie Autonomie collecte, rénove et distribue fauteuils roulants, lits médicalisés et autres aides techniques d'occasion pour les rendre plus accessibles financièrement. © Envie Autonomie

Aides techniques : Envie Autonomie roule pour le matériel d’occasion

Collecter, rénover et distribuer des aides techniques d’occasion, à destination de tous ceux qui ne pourraient bénéficier d’un financement. C’est ce que propose le réseau Envie Autonomie, tout juste structuré en coopérative nationale. Philippe Robin, son directeur général, nous en explique les contours.

« En 2018, Envie Angers a distribué 800 aides techniques au profit de 500 personnes du Maine-et-Loire. » © Envie Autonomie

Faire-face.fr : Que propose le réseau Envie Autonomie ?

Philippe Robin : Petit frère du réseau d’entreprises de l’économie sociale et solidaire Envie, qui collectent, rénovent et revendent des équipements électriques et électroniques, nous mettons en place une filière d’économie circulaire sur les aides techniques. Nous récupérons chez les particuliers et dans les établissements, Ehpad et hôpitaux, le matériel inutilisé. Il peut s’agir de fauteuils manuels, électriques, lits médicalisés, etc. Après l’avoir trié, nous remettons en état les 30 % pouvant être réemployés, dépersonnalisons, aseptisons et vendons à des prix abordables. Nous recyclons le reste.

F-f.fr : Comment avez-vous étendu votre réseau ?

P.R : L’expérimentation a commencé à Envie Angers il y a quatre ans. Puis se sont engagés dans cette démarche les sites Envie de Nancy, Rennes, Saint-Étienne, Strasbourg, Nantes, Reims, Montbéliard et Toulouse. Bientôt, Orléans, Le Mans et Alençon. Ce réseau emploie déjà cinquante personnes. Envie Angers a ainsi distribué 800 aides techniques en 2018 au profit de 500 personnes du Maine-et-Loire. Sans cela, soit elles seraient restées mal équipées, soit elles auraient acheté sur Le Bon Coin sans toutes les garanties que nous apportons.

Objectif remboursement

F-f.fr : Le ministère des Solidarités et de la santé soutient votre démarche… Quels freins doivent encore être levés ?

P. R : Nous avons en effet remporté en juin dernier l’appel à projet des Pionniers French Impact, de ce ministère. Une enveloppe de 400 000 € nous a été attribuée pour nous développer au plan national. Nous visons un déploiement sur soixante départements d’ici trois ans. Nous venons aussi de créer une coopérative afin d’associer des partenaires à notre démarche, comme des associations de personnes en situation de handicap.

Le principal frein est la réglementation de la Sécurité sociale. Le matériel d’occasion à la vente ne figure pas sur la LPPR (liste des produits et prestations remboursables). Nous allons être accompagnés pour tenter de lever ce frein sur deux ou trois régions. Déjà des mutuelles et caisses de retraite nous suivent. Nous prônons en effet un changement de modèle : la fin du tout neuf pour cesser de gaspiller l’argent public et de produire des déchets, faute de réemploi.

Évidemment, il faudrait que les économies réalisées profitent aux personnes en situation de handicap et nous ferons des propositions en ce sens. Le deuxième frein est le manque de confiance des particuliers pour du matériel d’occasion. Nous commençons à travailler avec l’Afnor pour la création d’une “normalisation” de nos procédures de rénovation.

Nombre de particuliers hésitent encore à acheter des aides techniques d’occasion : Envie Autonomie travaille donc avec l’Afnor sur une normalisation de ses procédures de rénovation. © Envie Autonomie

9 show-room et 1 site

F-f.fr : Concrètement, qui peut faire appel à vous et comment ?

P. R : Nous ciblons toutes celles et tous ceux qui ne peuvent s’équiper très souvent faute de prise en charge suffisante par le système de santé. Il s’agit des personnes ne pouvant déclencher leurs droits à la CMU, des primo-arrivants, ayant besoin d’un deuxième équipement, au travail par exemple, ou dont la pathologie évolutive les oblige à changer souvent de matériel sans que les remboursements suivent à la même vitesse. Des établissements peuvent aussi s’adresser à nous.

Nous disposons de neuf espaces show-room, bientôt une douzaine, sur la France. Notre site internet recense tous les produits disponibles. Nous nous déplaçons également à domicile. Mais nous ne faisons pas de vente en ligne.

Il est impératif de respecter les règles de la distribution de matériel médical (essais, accompagnement, prise en main, réglage, adaptation..). Nous proposons également un service de réparation et de maintenance que la CPAM peut en partie prendre en charge.

A propos de Elise Descamps

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