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Pour que leur présence corresponde à leur nombre réel, il faudrait pouvoir accueillir sept fois plus d'enfants handicapés en centres de loisirs.

Accueils de loisirs et handicap : des propositions pour passer à l’action

La mission nationale Accueils de loisirs et handicap a rendu ses conclusions ce 14 décembre. Chiffres et exemples à l’appui, elle formule des propositions concrètes pour un droit d’accès effectif à ces structures pour les enfants handicapés.

Il faudrait mieux former les animateurs des centres de loisirs sans hébergement à l’accueil des enfants handicapés. Pourquoi pas en imaginant un passeport handicap ? À l’image des formations aux premiers secours, il garantirait un socle de compétences communes aux professionnels volontaires. Il conviendrait aussi de travailler la question des troubles de santé. Pour poser, notamment, les conditions d’intervention d’une infirmière sur prescription en cas d’épilepsie non stabilisée. Un renforcement du maillage territorial en centre d’accueils spécialisés, parallèlement, serait bienvenu. Il assurerait une liberté de choix et une complémentarité avec les structures générales.

Voici quelques-unes des 20 propositions concrètes formulées par les auteurs du rapport final de la Mission nationale accueils de loisirs et handicap. Un document présenté ce vendredi 14 décembre, à Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et Jacques Toubon, le Défenseur des droits. La Caisse nationale des allocations familiales a créé cette Mission nationale en septembre dernier. Son délégué général, Laurent Thomas, résume son objectif : la garantie d’un accueil « effectif, universel, et inconditionnel » des enfants en situation de handicap dans les centres de loisirs sans hébergement.

Une infime part des effectifs

Le rapport pointe ainsi les efforts restant à accomplir. Les enfants bénéficiaires de l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) représentent 1,9 % de leur classe d’âge. Mais ils comptent seulement pour 0,30 % des inscrits dans les 33 000 centres de loisirs. Logique, aux yeux des auteurs du document. À la différence d’autres sujets, comme la scolarisation, aucune politique publique n’existe sur ce thème.

Ils appellent donc à une stratégie nationale et y voient un triple bénéfice. D’abord, favoriser le vivre ensemble. Ensuite, changer le regard porté sur le handicap dès le plus jeune âge. Enfin, autoriser les parents, les mères en particulier, à conserver leur activité professionnelle au lieu de se voir confinés à un rôle d’aidant pas toujours choisi.

30 millions d’euros pour accueillir 7 fois plus d’enfants handicapés

La Mission nationale chiffre l’investissement nécessaire à l’inclusion des enfants handicapés dans les centres de loisirs. Il faudrait en accueillir sept fois plus qu’aujourd’hui pour que leur présence corresponde à leur nombre réel. Le coût d’une heure d’accompagnement spécifique s’établit selon eux à 9 €. L’enveloppe estimée atteint donc 30 millions d’euros. Un coût que les auteurs du rapport appellent à considérer comme un investissement sur l’avenir, et non comme une contrainte.

Une mission pour la diffusion des bonnes pratiques

La Mission nationale préconise aussi de prolonger son existence. Elle souhaite jouer le rôle d’un animateur de réseau, qui valorise et partage les bonnes pratiques. À ce jour, elle a déjà cartographié 375 lieux d’accueil et recensé 125 outils et supports permettant de diffuser les actions efficaces.

Bénédicte Kail, conseillère nationale éducation et familles à APF France handicap, estime que l’évaluation du nombre d’enfants à accueillir est juste et répond aux attentes. Mais elle invite, pour aller plus loin, à poursuivre le travail accompli. Selon elle, il convient en particulier d’interroger le simple critère du bénéfice de l’AEEH pour définir un enfant en situation de handicap : « Cela peut conduire à écarter des enfants, le plus souvent de moins de 3 ans, qui n’auraient pas été encore diagnostiqués. »

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3 commentaire

  1. Vous pensez qu’un enfant handicapé puisse passer toutes ses vacances et ses soirées en collectivité et se reposer quand au final ?
    Ma fille n’aurait pas pu suivre le rythme, elle s’investit déjà énormément avec succès d’ailleurs dans sa scolarité en milieu ordinaire. De plus, elle a des prises en charge que l’on doit planifier.
    Les statistiques ne font aucune différence entre les enfants et leur fatigabilité et leurs besoins spécifiques.

    Un enfant handicapé ne peut pas faire tout comme les autres et il n’a pas forcément envie de toujours voir les autres faire du sport par exemple (dans le cas du handicap moteur) ou des activités inaccessibles pour lui, ce qui est très frustrant pour lui. Les cantines sont parfois externes …
    Naturellement, c’est important d’être parmi les autres, pour lui, pour les autres, pour les autres parents (de savoir la chance qu’ils ont d’avoir un enfant en bonne santé)!
    Vous n’imaginez pas les difficultés que l’on peut rencontrer dans ce genre d’accueil – si vous n’avez pas essayé !

    Travaillez plutôt sur le projet parental, voire familial individuellement et il se pourrait que vous découvriez de belles choses à faire ! Mais cela est un autre sujet.

  2. En plus de Marie, je rajouterai qu avant de penser à des accueil en CLSH,pensez d abord à l accueil en établissement spécialisé. Mon fils de 6 ans est toujours en attente d une structure sur une liste de 84 enfants en attente. Tous les enfants n ont malheureusement pas la possibilité de suivre un cursus scolaire !!!!!

  3. Bonjour – Une réponse doit pouvoir être donnée à toutes les demandes (En milieu ordinaire ou/et en milieu spécialisé) concernant le projet de vie de l’enfant . Ma fille a été scolarisé en milieu ordinaire avec un accueil en centre de loisirs et aujourd’hui elle est en établissement spécialisé mais avec encore un temps d’inclusion en milieu ordinaire sur les temps de loisirs.

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