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Ni langage facile à comprendre, ni langue des signes, ni prise en compte des besoins des déficients visuels : le site du grand débat national oublie toute une partie de la population.

Accessibilité : le grand débat national a de belles marges de progrès

Des centaines de réunions publiques, un site internet, deux mois de discussions. Le grand débat national, jusqu’au 15 mars, doit permettre à tous les Français d’exprimer leur point de vue sur quatre grandes thématiques. Tous les Français… ou presque.

Le grand débat national bat son plein. Ouvert le 15 janvier, il a vocation à répondre à la crise sociale traversée par le pays. Le président de la République invite ses concitoyens à se prononcer sur quatre thèmes. À savoir : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et de ses services publics, la démocratie et la citoyenneté. Mais les citoyens en situation de handicap risquent de rencontrer des difficultés à partager leurs propositions sur tous ces sujets.

Un kit à destination des organisateurs peu tourné vers le handicap

Vivre avec un revenu qui ne soit pas inférieur au seuil de pauvreté, voir son dossier de demande de compensation traité dans des délais raisonnables, supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’AAH… : les sujets à débattre ne manquent pas. Mais l’inaccessibilité des lieux et outils de la concertation ne va pas leur simplifier la tâche.

Ainsi, un kit a bien été mis à la disposition des organisateurs de réunions publiques sur le site internet du grand débat. Pas une fois il n’évoque le handicap en tant que tel. Mais il recommande : « Nous vous conseillons de faciliter par tous les moyens la participation du plus grand nombre et notamment des plus jeunes et des plus âgés. » Plus loin, il invite plus précisément à « faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite ».

Pour le reste, a indiqué le secrétariat d’État en charge des personnes handicapées lorsque nous l’avons contacté, cela dépendra de l’accessibilité des mairies et autres salles publiques. De son côté, la mission en charge de l’organisation de ce grand débat, un service du Premier ministre, s’annonce confiante. Pour elle, désormais, les salles communales sont majoritairement accessibles. Mieux vaut toutefois se renseigner avant de se déplacer.

Une plateforme internet non accessible à tous

Pour éviter des déconvenues, le secrétariat d’État invite à utiliser la plateforme internet. Selon lui, elle a été pensée accessible dès sa création. Un test effectué par Faire Face prouve le contraire.
D’abord, aucune explication des enjeux ou calendrier du débat n’est proposé en langage facile à lire et à comprendre (Falc) ou en langue des signes.

Ensuite, les déficients visuels utilisateurs de lecteurs d’écran, en l’état actuel, ne peuvent participer aux débats. Ils peuvent lire les contributions des autres, consulter la présentation du débat ou les étapes qui vont le jalonner. Mais la fenêtre qui s’ouvre pour s’inscrire avant de contribuer n’est pas accessible avec un lecteur d’écran. De même que le filtre qui permettrait de choisir d’afficher les réunions en fonction de son lieu de résidence ou de ses disponibilités dans le temps. Seule alternative : faire défiler les milliers de rendez-vous proposés pour espérer en trouver un qui leur convienne.

La mission en charge de l’organisation du grand débat national affirme qu’elle n’avait pas été alertée sur ce sujet et promet une correction dans les jours à venir… En attendant, l’inaccessibilité numérique a encore frappé… Et ce dans un service public national.

A propos de Sophie Massieu

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3 commentaire

  1. JE ME DEMANDE VRAIMENT SI LE GOUVERNEMENT VA FAIRE QUELQUE CHOSE MOI J Y CROIS PAS TROP , IL YA DES PETITIONS QUI TOURNENT POUR QUE L AAH SOIT MISE A 995 EUROS 1000 EURO PAR MOIS
    MOI JE SURVIE AVEC 860 EURO

    • cela fait déjà de nombreuses années que les gouvernements successifs ne font rien ou pire encore de gouvernement en gouvernement les problèmes d’accessibilité que subissent les personnes handicapées se dégradent de + en + (loi 2005, loi Elan…………………..)

      Le gouvernement actuel n’a aucune volonté de s’occuper de ces sujets très importants

      La responsabilité vient bien sur des politiques mais aussi des personnes handicapées qui ne bougent pas pour défendre leur accessibilité.

      Dans les manifestation ( gilets jaunes » qui représentent un mouvement sans organisation, avec des gens qui parfois sont orientés vers l’extrême droite entre autre (racisme, homophobie, antisémitisme…………) Je n’ai pas vu beaucoup de personnes handicapées « qui le pouvaient (nous sommes nombreux) dans ces manifestations !! On ne peut gagner qu’avec des combats

  2. J’aimerai pouvoir dire que je survie avec l’AAH, malheureusement c’est loin d’être le cas !
    Je « crève » à petit feu avec l’ASS (500 euros) par mois !
    J’ai pourtant traversé la rue à plusieurs reprises, rien n’y fait.
    Senior et handicapé, il ne te reste plus qu’à te pendre…
    Je n’aurai jamais imaginer que vivre le handicap suite à un AT, voulait dire, finir ces jours dans la précarité !
    ET JE PÈSE MES MOTS …
    Alors ce « grand » débat, mis à par préparer leur Européennes et endormir encore un plus les concitoyens (pour ceux qu’ils veulent encore croire à la politique sociale) dans de longs discours qui là encore n’aboutirons à rien, si ce n’est un enfumage de plus.
    Après leur « grand » débat et les élections passées, ils conforterons leur monarchie.

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