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Identifier et accompagner les apprentis en situation de handicap et leur famille : le rôle-clé du référent en CFA.

Référent en CFA : « La loi va permettre de démystifier le handicap. »

La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a créé l’obligation de nommer un référent handicap dans chaque centre de formation des apprentis (CFA). Référents déjà présents dans certains établissements, comme l’Institut des métiers de l’artisanat du Pays de Meaux en Seine-et-Marne. Bérengère Dietrich y accompagne 70 apprentis en situation de handicap.

Faire-face.fr : Depuis quand exercez-vous cette fonction de référente handicap ?

Bérengère Dietrich : Je me suis portée volontaire sur cette mission il y a trois ans. Dans le cadre d’un contrat passé entre la Région Île-de-France et le CFA pour s’inscrire dans une démarche de développement durable. Il comporte un volet “responsabilité éducative et sociale” avec notamment la lutte contre les ruptures de contrats d’apprentissage.

À la base, je suis assistante administrative. C’est moi qui traite les dossiers des quelque 1 000 apprentis de l’établissement en enregistrant leurs contrats. Je suis aussi référente pour la mobilité européenne et pour le dispositif d’initiation aux métiers en alternance qui s’adresse aux collégiens pour une année de découverte au CFA.

F-f.fr : En quoi consistent vos missions ?

B.D : Tout d’abord à identifier les apprentis en situation de handicap. Ils ne sont en effet que dix à avoir une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) dans l’établissement. Certains n’osent pas la demander et les parents, souvent, ne savent pas qu’ils peuvent le faire lorsqu’ils entrent en apprentissage.

Inciter à reconnaître le handicap

Nous avons aussi pas mal de jeunes qui ont des troubles Dys. Or, beaucoup considèrent encore que ce n’est pas un vrai handicap. Il faut que les mentalités évoluent sur ce sujet. Enfin, il y a des jeunes qui sont dans le déni total. Mon rôle est donc d’inciter à reconnaître le handicap pour mieux accompagner ces apprentis.

F-f.fr : Comment procédez-vous ?

B.D : J’ai créé un outil tout simple, une fiche médicale à remplir par les parents en début d’année. En demandant si leur enfant a un handicap, je donne des exemples comme le daltonisme ou la dyslexie. Les jeunes ne viendront pas spontanément à moi.

Un relais entre familles et professeurs

Ensuite, je fais le relais entre les familles et les professeurs. Pour un jeune qui a des troubles psychiques, sans dévoiler le handicap, je vais demander une attention particulière à l’équipe pédagogique. Je peux aussi inciter à voir le médecin du travail. Réclamer des aménagements comme une demande de tiers temps, de secrétaire ou de poste assis en cas de fatigabilité.

Il faut trouver des solutions. Pour une jeune femme en fauteuil, ce fut celle d’une mise en situation. Elle voulait faire de l’onglerie. Une spécialité qui relève d’un CAP esthétique. Or, nous pensions qu’elle ne pouvait pas couvrir l’ensemble du référentiel. Elle a passé une semaine dans une classe, a pu constater les difficultés et est repartie néanmoins avec une attestation des compétences acquises.

Une aide pour les examens

En octobre-novembre chaque année, je rappelle aussi aux jeunes qu’il est temps de demander des aménagements pour les examens.

F-f.fr : Faites-vous aussi le lien avec les entreprises ?

B.D : Cela va être mon gros travail dans les mois qui viennent. La RQTH sur un contrat d’apprentissage, ce n’est pas lourd. Juste une case à cocher. De la même façon que je fais des réunions avec les parents sur le handicap, je compte en faire avec les entreprises. La loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel va faire bouger les choses. Elle va permettre de démystifier le handicap.

A propos de Corinne Manoury

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