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Neuf personnes handicapées sur dix se déclarent révoltées ou résignées face à la situation économique et sociale de la France. Dans une même proportion, elles ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour changer la donne.

2e baromètre Ifop/APF France handicap de la confiance : la colère à son comble

S’exprimer sur la prise en compte du handicap en France, sa propre situation socio-économique et sa confiance ou pas en Emmanuel Macron pour l’améliorer. Pour la deuxième année consécutive, APF France handicap et l’Ifop ont interrogé les personnes handicapées et leurs proches. Principaux enseignements de ce baromètre 2019 révélés juste deux ans après l’élection du président de la République : une défiance accrue envers l’exécutif et une vie quotidienne de plus en plus précaire.

Les années se suivent et la situation empire. Ainsi, le 2e baromètre de confiance Ifop/APF France handicap, rendu public ce mardi 7 mai, affiche des résultats de plus en plus critiques à l’égard de la politique d’Emmanuel Macron en matière de handicap, deux ans après son élection.

Il avait pourtant annoncé, lors de sa campagne électorale de 2017, vouloir en faire une priorité. « Il existe un décalage considérable entre les annonces d’Emmanuel Macron et les besoins des personnes en situation de handicap », a martelé Alain Rochon, le président de l’association, lors du point presse de présentation des résultats de ce baromètre.

En 2018, les personnes concernées et leurs proches avaient déjà largement exprimé leur colère à l’égard du gouvernement. En 2019, cette colère et, avec elle, l’érosion de la confiance dans une possible amélioration de la situation sont encore plus fortes.

Des personnes de plus en plus insatisfaites

Ainsi, ce sont désormais plus de neuf personnes sur dix interrogées sur la situation économique et sociale de la France (91 %) qui affichent un état d’esprit négatif, à 74 % révoltées et 17 % résignées. En 2018, elles étaient 88 % au total.

Dans la foulée, quasiment neuf sur dix aussi (89 %) se déclarent insatisfaites de l’action du président de la République. Avec, là encore, un mécontentement en hausse par rapport aux 86 % de 2018.

L’enquête indique également une grande désillusion face aux mesures annoncées lors de la campagne électorale et aux engagements finalement tenus : 83 % de mécontent.e.s.

Logiquement, la confiance en Emmanuel Macron pour mieux prendre en compte les difficultés des personnes en situation de handicap et de leurs proches poursuit sa dégringolade. 89 % des répondant.e.s n’ont pas confiance en lui contre 86 % un an avant, selon le baromètre.

Des personnes de plus en plus pauvres

Une défiance qui s’exprime quel que soit le domaine concerné. Même si c’est en matière de lutte contre la pauvreté des personnes en situation de handicap et de leurs proches que le jugement est le plus sévère. Avec plus de neuf sondé.e.s sur dix (92 %) qui ne croient pas aux actions du président de la République et de son gouvernement pour inverser la tendance.

Plus de huit personnes sur dix (82 %) estiment également avoir de grandes difficultés à s’en sortir. Et le chiffre augmente encore dans les catégories sociales les plus pauvres (89 %). Cela, malgré les augmentations de 2018 et 2019 qui portent le montant de l’AAH à 900 € à la fin de l’année. Une revalorisation qui ne profite à tous les allocataires en couple: quatre sur dix en sont privés.

Une accessibilité de plus en plus menacée

Sur l’accessibilité au logement, même ressenti très négatif (90 % n’ont pas confiance). Pas une surprise au regard des reculs de ces derniers mois dans ce domaine. La loi Élan ayant fait passer de 100 % à 20 % la part de logements accessibles dans les immeubles neufs.

Quant à l’accessibilité des lieux publics et des transports, elle ne génère qu’une défiance accrue par rapport à 2018. Les chiffres culminent à respectivement 86 % et 87 % de déçu.e.s.

Un meilleur pouvoir d’achat de plus en plus réclamé

Au palmarès des actions à mener pour améliorer la vie des personnes en situation de handicap et de leurs proches, toujours les mêmes sujets prioritaires.

Les personnes interrogées dans ce baromètre 2019 demandent d’abord : des allocations ou pensions pour sortir de la précarité (54 %) et le financement des aides humaines et matérielles liées au handicap (49 %). Les résultats étaient les mêmes en 2018 et des sondages précédents. Deux domaines en lien avec le pouvoir d’achat, sujet majeur pour une grande majorité de Français aujourd’hui et les personnes handicapées aussi.

Pour consulter l’étude complète.

Une caravane pour des droits effectifs

Quatre itinéraires, vingt-deux minibus, vingt-quatre villes traversées : APF France handicap se mobilise du 7 au 14 mai avec La caravane En route pour nos droits ! Son objectif : faire entendre les revendications des personnes en situation de handicap pour rendre leurs droits effectifs.

Au cœur de cette grande mobilisation, cinq thématiques. Elles seront déclinées en actions de proximité sur le parcours qui mènera la caravane à Paris le 14 mai. Pouvoir exercer ses droits fondamentaux, se loger, bénéficier de ses propres ressources et vivre dignement, être autonome et financer son autonomie et pouvoir se déplacer.

Ces revendications, APF France handicap a souhaité les faire connaître dans une lettre ouverte adressée au président de la République. Elle compte à ce jour déjà plus de 16 000 signatures qui seront remises au chef de l’État le 14 mai. Une date symbolique : le 14 mai 2017, Emmanuel Macron prenait ses fonctions.

A propos de Valérie Dichiappari

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5 commentaire

  1. Je confirme la dégradation des personnes invalides. Moi même hemiplegique gauche suite à un AVC, je me bats depuis 3 ans avec mon bailleur social habitat Toulouse pour transformer ma SDB en douche ou une mutation dans un appart adapté. Refus catégorique du bailleur. Je suis à bout,et ne sais plus quoi faire…

  2. Oui c est bien développé tout ça , mais vous avez oubli de parler aussi des réévaluations des petites pensions d’invalidités et oui tout le monde ne touche pas AAH . Des personnes en situation d’handicap touche une minable pension d’invalidité et ne touche plus AAH mais ´L’ASI en complément pour atteindre le montant de l’AAH . Sauf que au décès de la personne les héritiers directe ou indirect doivent rembourser ASI … Des personnes handicapées refuse cette allocation et vivent dans la précarité pour ne pas laisser une dette à leur proche qui les aides déjà au quotidien. Moi je dis à quand une pension d’invalidité au montant de l’AAH !!!! AAH cst une allocation non récupérable au décès !!! Pourquoi cette discrimination pourquoi personne en parle es ce tabou ??????

    • Valérie Dichiappari

      Dire que personne n’en parle est faux. Faire-face.fr en parle régulièrement. D’ailleurs si vous tapez pension d’invalidité dans le moteur de recherche vous trouverez un grand nombre d’informations. CDLt La rédaction

  3. Vivant avec peu de moyens, il est lamentable que des gens handicapés, tels que moi, atteinte d’ailleurs de plusieurs maux, doivent depuis janvier 2019 payer pour des médicaments qui nous sont indispensables pour vivre.

  4. Devant tant de mépris macronien, je sais pour qui je ne voterai pas aux Européennes.
    Il est hors de question que ce parti répande sa néfaste doctrine au niveau de l’Europe.

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