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Logements inadaptés, offre non référencée, manque d'accès aux prêts immobiliers... : à Metz les manifestants d'APF France handicap ont exprimé leur colère et leurs difficultés. © Élise Descamps

Logement : la Caravane APF France handicap mobilise à Metz

APF France handicap mène une action de revendication à l’occasion des deux ans de l’élection d’Emmanuel Macron. Des minibus venant de toute la France convergeront à Paris le 14 mai. Vendredi 10 mai après-midi, à Metz, 40 militants faisaient part de leurs problèmes de logement.

Après une journée de sensibilisation au centre-ville de Strasbourg mardi, un sit-in devant le Parlement européen hier, sept Alsaciens ont fait étape à Metz, vendredi 10 mai. Thématique de cette étape messine : le logement. Devant la MDPH de la Moselle, ils ont été rejoints par une quarantaine de militants APF France handicap.

Durant cinq jours, quatre « caravanes » organisées par l’association parcourent ainsi la France depuis ses quatre coins. Leur étape finale : Paris, mardi 14 mai. La Caravane En route pour nos droits ! veut en effet rappeler les promesses du candidat Macron. Pour les personnes en situation de handicap et leurs proches, le président de la République ne les a pas tenues. Elles ont d’ailleurs exprimé leur colère et leur défiance dans un baromètre rendu public le 7 mai.

Des témoignages sur la difficulté de se loger

Les manifestants tenaient des pancartes « Financer intégralement les dépenses d’aménagement du logement ». Ils arboraient aussi sur leur veste un autocollant « pouvoir se loger ». Pour moitié en situation de handicap, toutes et tous venaient témoigner de cette difficulté bien réelle.

« Avec mes parents, je vivais dans un logement HLM où mon fauteuil électrique et moi avons souvent été coincés en raison des pannes d’ascenseurs. Maintenant, nous avons acheté une maison. Mais il y a des travaux d’adaptation à faire », explique Mehmet, 35 ans. Depuis des années, ils n’arrivent pas à obtenir les financements nécessaires. « J’ai besoin d’un ascenseur, d’une baignoire adaptée. Alors ce sont mes parents qui me portent. Je demande à ce que les sommes accordées soient revues à la hausse et que les critères d’accès assouplis. »

Pas d’ascenseur, pas de baignoire adaptée, pas de financements suffisants pour aménager son logement… : autant de questions au cœur des revendications. © Élise Descamps

Rosa, 63 ans, dont le mari est en fauteuil roulant, est surtout venue par solidarité : « Nous sommes privilégiés car étant d’une famille de maçons, nous avons pu construire notre maison sur mesure. Mais avant, nous avions longtemps cherché un logement adapté, sans le trouver. »

Un plaidoyer sur les droits en matière de logement

Au porte-voix, Thierry Desbonnets, directeur de la délégation de Meuse-Moselle, lit le plaidoyer d’APF France handicap sur le thème du logement. Parmi ses revendications : appliquer le droit au logement opposable, augmenter l’offre de logements accessibles et adaptables. Mais aussi recenser systématiquement les logements accessibles et les logements adaptés par les bailleurs sociaux, améliorer l’accès aux prêts immobiliers des personnes en situation de handicap…

Le directeur de la MDPH de la Moselle (au centre) a soutenu les manifestants. © Élise Descamps

Si les manifestants étaient « là, devant la MDPH, pour qu’on [leur] donne les clés pour entrer dans [leurs] maisons », l’institution n’a pas fait la sourde oreille. Son directeur départemental, Alain Beaucourt, lui-même en fauteuil roulant, est venu.

Il a fait part des difficultés à rendre effectif le tout inclusif, en raison des besoins qui évoluent fortement et encouragé l’association ainsi que les personnes à les solliciter autant que de besoin. Seul élu politique à s’être déplacé, le député LREM Ludovic Mendes s’est dit touché à titre personnel par la cause du handicap. Interpellé, il a assumé la loi Élan, tout en reconnaissant « ce n’est pas satisfaisant, on peut toujours faire mieux ». Cette loi fait passer de 100 % à 20 % le nombre de logements accessibles dans les immeubles neufs.

Un temps fort associatif

Outre sa portée politique, la caravane « En route pour nos droits ! » constitue un temps fort de l’action associative d’APF France handicap. Elle mobilise ses forces vives sur le territoire. « Nous passons beaucoup plus de temps ensemble depuis trois jours que ce que nous faisons d’habitude. C’est une grande richesse », se félicite Christian Meistermann, représentant régional Grand Est. Il fera partie, mardi, de la délégation qui sera reçue à l’Élysée.

Ce samedi, un minibus mosellan, composé de deux personnes en situation de handicap et de deux accompagnateurs, partira avec celui de Strasbourg. Direction : Reims.

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