Accueil > Société > Viktoria Modesta : son handicap a libéré sa créativité
La jeune femme a choisi d'ériger sa différence en singularité et de faire de son corps une "œuvre d'art". © C. Colozzi

Viktoria Modesta : son handicap a libéré sa créativité

À partir de ce soir et jusqu’au 16 juin, la performeuse et chanteuse Viktoria Modesta est la nouvelle tête d’affiche glamour du Crazy Horse à Paris. Ce mannequin amputée de la jambe gauche utilise ses prothèses comme des prolongements artistiques.

On l’a découverte il y a quatre ans dans un clip Prototype. Celui-ci cumule aujourd’hui plus de 12 millions de vues. Viktoria Modesta y apparait comme une performeuse incroyable, de la trempe d’une Lady Gaga. Avec quelque chose de singulier qui signe sa différence : sa prothèse de jambe. Elle joue ainsi avec comme d’un accessoire de mode. Et la revoilà, à l’affiche du célèbre cabaret parisien, le Crazy Horse, dans un show intitulé Bionic Show Girl.

Née avec une malformation de la hanche et de la jambe gauche, Viktoria Modesta a décidé de se faire amputer à 20 ans pour améliorer sa mobilité. © Crazy Horse

Créer loin des stéréotypes

Or, la jeune femme, née en Lettonie il y a 31 ans, n’a rien de bionique. Ce nom s’inspire en effet de la multitude de prothèses futuristes, plus extravagantes les unes que les autres, dont elle use pour créer ses performances. Ou poser dans des magazines.

Née avec une malformation de la hanche et de la jambe gauche, Viktoria Modesta a fait le choix à 20 ans de se faire amputer. Pour améliorer sa mobilité grâce à une prothèse « afin de libérer sa créativité loin des stéréotypes », comme elle l’a expliqué à l’AFP.

S’affranchir des diktats de la mode

« J’ai été fascinée par l’incroyable volonté et l’univers créatif de Viktoria. La manière dont elle a pris en main son destin et transformé sa vie en performance artistique globale est épatante. » Andrée Deissenberg, directrice artistique du Crazy Horse a donc choisi de l’inviter comme guest.

« Dans un futur déjà présent où la différence est revendiquée et magnifiée, la faiblesse se métamorphose en force et atout. » Une manière aussi de s’affranchir des diktats de la beauté que dicte la société actuelle.

Avec une prothèse faite entièrement de diamants, Viktoria Modesta s’est révélée en 2012 lors de la clôture des Jeux paralympiques de Londres. « Je me suis alors dit que le fait d’avoir été amputée ne me rendait pas différente. Il y a des millions de personnes dans cette situation. C’est ma vision du monde qui fait la différence », a-t-elle confié à l’AFP.

Dans ce show, Viktoria Modesta entend « repousser les limites de la féminité de la manière la plus innovante et la plus surprenante qui soit ». Une manière glamour et sensuelle. Et où le handicap n’est pas stigmatisé mais magnifié.

A propos de Claudine Colozzi

Lire aussi

Droits des enfants : ceux en situation de handicap prennent la parole

Quelle vie quotidienne pour les enfants handicapés dans une société mal adaptée ? Ont-ils les …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *