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Les travailleurs d'un Ésat de la Nièvre se sont vu confier la première production de la jeune marque de mobilier design Niobé.

Niobé : le design entre à l’Ésat

Deux jeunes entrepreneurs viennent de lancer la production d’une collection de mobilier design, sous la marque Niobé. Elle est fabriquée par des personnes en situation de handicap. L’utilité sociale était une condition sine qua non du choix du prestataire.

Qui dit Ésat (Établissement et service d’aide par le travail) dit conditionnement ou entretien d’espaces verts ? Pas seulement ! À Nevers, dans la Nièvre, l’Ésat Fernand Poirier crée aussi de beaux objets… végétalisés.

La structure en acier des meubles Niobé est fabriquée dans un Établissement et service d’aide par le travail à Nevers.

Pour la marque Niobé, les travailleurs y transforment des tubes de métal en mobilier design aux lignes pures et au concept innovant. Étagères murales, bouts de canapé, consoles intègrent des pots en céramique pour des plantes d’intérieur, dont le réservoir d’eau autonome libère des contraintes de l’arrosage (le grès, poreux, diffuse l’eau lentement). Ceux-ci sont fabriqués à la poterie de St-Amand-en-Puisaye, labellisée entreprise du patrimoine vivant, à quelques kilomètres de là.

Du design avec du sens

Arnaud Vallet et Jean Macchi, les deux jeunes entrepreneurs de Niobé, ont jeté leur dévolu sur cet Ésat touche à tout, dont la compétence égale la curiosité. Géré par l’ADSEAN (Association de sauvegarde de l’enfant à l’adulte de la Nièvre), il emploie 140 travailleurs ayant une déficience intellectuelle ou psychique sur divers ateliers, dont 18 en mécanique.

Bien avant l’étape de prototype les deux associés savaient qu’ils voulaient donner un sens à la phase production. « Nous nous sommes rencontrés en école de commerce il y a dix ans. Nous avons travaillé chacun de notre côté en entreprise, où nous avons ressenti une urgence sociale. » Ils réalisent notamment combien le monde de l’entreprise est encore très discriminant et laisse certains sur le bord de la route.

Les deux amis décident de contribuer, à leur niveau, à créer de l’emploi pour ceux qui en sont éloignés. Ils se mettent en quête d’un prestataire. « Rares sont les entreprises sociales à faire du design. L’Ésat de Nevers avait un savoir-faire et l’envie de nous suivre.»

En effet, l’atelier mécanique produisait déjà des cycles pour enfant, à usage des collectivités (2 000 par an). L’Ésat a même ses propres marques de vélos, trottinettes et trotteurs pour les collectivités (DoRéMi, Bovélo et Baron Mistral) et collabore pour cela avec une section BTS design à Nevers.

Une coproduction avec l’Ésat

Ils pensaient initialement au bois. C’est en voyant ce dont les travailleurs étaient capables sur l’acier qu’ils se sont réorientés vers ce matériau également durable car recyclable à l’infini. « Leurs machines permettent de cintrer les tubes d’une certaine manière qui a influencé notre produit final. C’est vraiment une coproduction », apprécie Arnaud Vallet.

« Travailler sur des objets nouveaux, voir qu’ils ont une vie sur les salons suscite la curiosité et l’envie de nos travailleurs. Et comme ces produits sortent finis de nos ateliers, et non en simple sous-traitance, ils doivent être parfaits », commente le responsable du bureau d’étude de l’établissement, Damien Jouffroy.

La campagne de financement participatif de Niobé, clôturée début juillet, lui a permis de récolter 16 000€ et de lancer la production à l’Ésat ainsi qu’à la poterie.

A propos de Elise Descamps

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