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Dans ce documentaire, filmés au plus près, avec beaucoup de pudeur, les corps palpitent. © Prod Laissez-moi aimer

Laissez-moi aimer : la danse, trait d’union entre les êtres

Pour réaliser son documentaire diffusé ce soir sur Arte, Stéphanie Pillonca a passé plus d’un an avec une compagnie de danse réunissant personnes valides et handicapées. Laissez-moi aimer suit le parcours de trois d’entre elles, Aurore, Pierre et Thomas. Chacun.e est mû.e par l’envie de s’épanouir et de mener une vie amoureuse malgré les difficultés.

À La Farlède dans le Var, l’association Au nom de la danse œuvre depuis une quinzaine d’années pour une pratique inclusive de la danse. Ainsi, dans cette compagnie, personnes valides et en situation de handicap travaillent ensemble. Sous le regard bienveillant de Cécile Martinez, à l’origine du projet, chacun évolue à son rythme.

© Marie-Eve Heer /Prod Laissez-moi aimer

Pour Laissez-moi aimer, Stéphanie Pillonca a donc décidé de poser ses caméras au milieu de ces corps dansants atypiques. Il faut dire que les deux femmes se connaissent depuis très longtemps. La réalisatrice a eu l’idée de ce documentaire après une invitation de Cécile à assister à une représentation. Un choc !

Sur scène, libérés de leurs entraves

« Je me suis rendu compte que notre regard était totalement biaisé. Notre œil est phagocyté par le handicap. On ne voit plus l’individu, explique-t-elle dans le dossier de présentation du film. Tu ne vois plus le sublime, le faible, le petit, le magnifique ; tu ne vois plus du tout l’être parce qu’il y a la barrière du fauteuil, de l’aspect physique ou de la difficulté à se faire comprendre. Sur scène, ils étaient libérés de leurs entraves, ils éblouissaient. »

Le handicap n’est pas totalement un terrain inconnu pour Stéphanie Pillonca. En effet, on lui doit en 2013 Je marcherai jusqu’à la mer, le très beau documentaire sur Alexandra Barrot. La réalisatrice y dressait le portrait de cette jeune femme handicapée déterminée à mener sa vie comme elle l’entendait. Sa personnalité lumineuse crevait ainsi littéralement l’écran.

Le handicap, pas forcément un frein à une vie amoureuse

Dans Laissez-moi aimer, le récit met l’accent sur trois danseurs incroyables. De leur handicap, on ne saura presque rien. Le propos de Stéphanie Pillonca n’est pas de stigmatiser la différence, mais de la banaliser. Par ailleurs, la réalisatrice choisit assez vite d’aller au-delà de la danse, pour nous faire partager leur vie intime, leurs choix assumés avec conviction. Une manière de rappeler que le handicap n’est pas forcément un frein à une vie amoureuse et une sexualité.

La force du film, dépourvu de voix off, est de montrer combien la danse libère les corps même les plus empêchés. Et ce faisant, ouvre des horizons qui semblaient bouchés.

Si les moments de vie quotidienne saisissent par leur naturel, les moments de danse remportent la mise dans Laissez-moi aimer. Filmés au plus près, avec beaucoup de pudeur, les corps palpitent. Et écrivent une histoire inédite faite de partage, de complicité et de lâcher-prise.

Diffusion mercredi 25 septembre à 22h50 sur Arte. Ou à visionner sur arte.fr

A propos de Claudine Colozzi

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