Accueil > Société > Élise et Louis : leur voyage après l’AVC
Le jeune couple a parcouru l'Europe pendant deux mois à la rencontre d'homologues victimes d'AVC. © DR

Élise et Louis : leur voyage après l’AVC

Élise Mathy, 30 ans et Louis Gustin, 29 ans, partagent le vécu de s’être relevés d’un accident vasculaire cérébral. Amoureux depuis deux ans, ils viennent de parcourir l’Europe au volant d’un mini-van pour sensibiliser à l’AVC et l’aphasie.

Un accident vasculaire cérébral a frappé Louis Gustin alors qu’il était au café avec des amis, en Pologne. Élise Mathy, elle, était en plein footing, dans sa ville de région parisienne, quand l’AVC l’a couchée au sol. Paralysie, rééducation, aphasie pour Louis… et leur rencontre, sur le groupe Facebook AVC jeunes survivants. « Nous étions tous les deux combatifs, nous avions la même envie de vivre, de sortir malgré le regard porté sur notre marche imparfaite », se souvient Élise.

13 000 km en mini-van

En couple depuis deux ans, ils ont alors découvert leur rêve commun : parcourir l’Europe en mini-van. Ils viennent de le faire ensemble, autour d’un thème évident : la vie après l’AVC. Pendant deux mois, ils ont ainsi voyagé, tous les deux ou en se relayant, au volant de leur véhicule à boîte automatique et joystick au volant amovible pour le côté gauche ou droit.

Tout au long de leur périple, les deux jeunes gens ont donné des conférences et rencontré de nombreuses associations.

En effet, Élise est paralysée du côté gauche et Louis du côté droit. Mais ils parviennent tous deux à marcher, grâce à deux heures d’autorééducation chaque jour, et à beaucoup d’encouragements mutuels.

Ils ont parcouru 13 000 km en France, en Suisse, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Allemagne, en Pologne… Un programme de conférences de sensibilisation et rencontres avec les associations de victimes préparé pendant un an et demi. Ils le racontent sur leur page Facebook. L’association France AVC et la Fédération des aphasiques de France, dont Louis est membre, les ont aidés.

Ne jamais arrêter la rééducation

« Avec l’élan de notre jeunesse, nous avons voulu réveiller l’optimisme chez les personnes meurtries et leurs aidants. La vie n’est pas finie », commente Louis. Lui qui a dû réapprendre à parler, repartir de zéro en langues étrangères, témoigne : « Ce n’est pas parce qu’on ne parle pas que l’on ne reparlera plus, et il ne faut jamais arrêter la rééducation. »

Ils ont aussi découvert l’accès aux soins, leur prise en charge, les méthodes de rééducation, l’accompagnement dans l’emploi, dans les différents pays d’Europe occidentale. 

Un avant-goût du futur métier de Louis, comme fonctionnaire dans un ministère. Il vient ainsi d’intégrer pour quelques mois l’Institut régional d’administration de Metz, sa ville d’origine. Avant, il a fait six années de droit au cours desquelles il est devenu expert des questions européennes,  passé deux années en Erasmus en Pologne et réalisé plusieurs stages à la Commission européenne.

Un panorama des associations à venir

Le jeune homme a donc déjà pu se frotter aux arcanes du pouvoir en interviewant régulièrement des décideurs, notamment des députés européens, rencontres qu’il publie sur son blog sadapter.eu et sur sa chaîne YouTube du même nom.

Quant à Élise, elle a emmagasiné les bonnes pratiques médicales. Elle entame le dernier stage de ses études de médecine, après avoir soutenu sa thèse d’endocrinologue en avril.

Leurs rencontres ne sont pas terminées. Déjà, ils sont demandés pour de nouvelles conférences. Et ils comptent bien réaliser un grand panorama des associations de victime d’AVC en Europe. 

 

A propos de Elise Descamps

Lire aussi

Droits des enfants : ceux en situation de handicap prennent la parole

Quelle vie quotidienne pour les enfants handicapés dans une société mal adaptée ? Ont-ils les …

2 commentaire

  1. Félicitations à vous deux !

  2. Admirable! que de courage et une belle leçon de modestie.
    Je vous souhaite plein de bonheur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *