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Pour le groupe de travail ayant planché sur la prévention des départs en Belgique, une majorité est liée au refus de prise en charge par les professionnels en France ou à des échecs successifs.

Handicap : l’exil belge pointe les limites françaises

Le gouvernement vient de présenter un plan pour limiter l’exil d’adultes handicapés en Belgique. Ces départs contraints soulignent l’échec de la France à proposer des solutions adaptées aux besoins de certains de ses citoyens. Notamment à ceux atteints de troubles du comportement.

Prévenir les départs de Français handicapés en Belgique répond à un double enjeu. Économique bien sûr car le financement des places en Belgique représente un budget de 500 millions d’euros et un gisement de plus de 5 000 emplois. Humain, évidemment. Parce que, pour de nombreux parents, le placement en Belgique, loin de la maison, est un choix contraint, faute de place en France en établissements ou en services. Et que certaines structures belges, dysfonctionnelles, ne satisfont pas à leurs attentes.

Une réponse de proximité et de qualité

Mais ces réalités ne doivent pas en éclipser d’autres. Pour les départements frontaliers, l’offre belge constitue une réponse de proximité. Par ailleurs, certaines familles optent pour la Belgique parce qu’elles estiment que l’accompagnement proposé correspond mieux au besoins de leur proche. Notamment à ceux atteints d’autisme ou d’un handicap psychique. Non sans raisons.

« Les établissements dits historiques privilégient l’aspect éducatif sur l’aspect sanitaire. Ils ont un investissement important sur la relation, les activités et l’adaptation à la personne. Ils travaillent sur ses capacités, sans l’enfermer dans ses déficits », souligne le groupe de travail ayant planché sur la prévention des départs en Belgique dans le cadre de la préparation de la conférence nationale du handicap.

 

Plus de 3/4 des personnes handicapées accueillies en Belgique sont atteintes de déficiences intellectuelles, d’un handicap psychique ou de troubles du spectre autistique.

Refus de prise en charge en France

Surtout, « une majorité des départs est liée au refus de prise en charge par les professionnels en France ou à des échecs successifs : refus des cas très lourds, problématique des personnes avec des troubles du comportement importants », écrivent ces experts.

L’exil belge doit donc inviter à « poser la question de l’évolution des pratiques d’admission, de l’adaptation des structures et de la formation des professionnels en France », poursuivent-ils.

Et dans tous les cas, il est impératif que la personne et ses proches conservent la liberté de choix. La Belgique doit rester une option parmi d’autres. Dont celle de solutions françaises mieux adaptées aux besoins de ses citoyens.

 

A propos de Franck Seuret

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2 commentaire

  1. bonjour
    la france freine l exil de francais en belgique malheureusement malgre cela il y a aucune solution actuellement toujours un grand retard de structure adapté

  2. Utile mise au point ! Les meilleurs établissements belges doivent donner l’exemple à la France. Un pays plus riche et plus peuplé n’a pas forcément raison de ce fait. Nous sommes en Europe et l’expérience du handicap doit franchir les frontières. En outre, il arrive fréquemment qu’une minorité
    (Québec, Pays basque, Wallonie) se montre plus inventive que la majorité. Pour la création d’établissements, un « choc de simplification » s’impose. Une mission d’observation et d’évaluation pourrait être confiée à l’IGAS en coopération avec les services belges.
    Enfin, « l’exil » ne doit pas donner lieu à des variations pathétiques ; ce qui nous importe, c’est le bien être et le progrès de nos enfants, notamment ceux qui sont devenus adultes. Si l’on me permet une boutade, ce n’est pas parce que Waterloo est en Belgique que la Wallonie équivaut à un exil à Sainte-Hélène…

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