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L'accessibilité concerne aussi les jeux vidéo. Depuis 2013, l'association CapGame s'y emploie.

Jeux vidéo : se jouer du handicap à la Paris Games Week

Créée en 2013 pour faciliter l’accès des personnes handicapées aux jeux vidéo, l’association CapGame sera très présente sur la Paris Games Week. Avec pour mots d’ordre du 30 octobre au 3 novembre, #tousgamers et #jouezcommevousêtes. Explications de Jérôme Dupire, enseignant-chercheur au Conservatoire national des Arts et Métiers, cofondateur de l’association.

Faire-face.fr : Que va-t-il se passer cette année à la Paris Games Week ?

Jérôme Dupire : Nous organisons trois tournois inclusifs, dont les tours qualificatifs ont lieu cet après-midi, mardi 29 octobre. Il s’agit d’une course de voiture, Forza 7 Motorsport, d’un jeu de combat, Street fighter 5 et d’un jeu de football, Efootball Pes 2020.

Pour chacun, les participants sont des binômes constitués d’une personne valide et d’une en situation de handicap. Les finales auront lieu le lendemain. Ce sera la première compétition inclusive qui se déroulera sur la scène du Paris Games Week dans le pavillon dédié au e-sport.

Accessibilité du salon et de la compétition

F-f.fr : Comment avez-vous sensibilisé les organisateurs à l’accessibilité ?

J.D : Nous avons travaillé en amont avec eux, à la fois sur l’accessibilité du salon mais aussi de la compétition. Sont prévues des salles de repos pour les personnes autistes et celles ayant des problèmes moteurs. La signalétique a été améliorée pour être plus lisible avec des repères aériens. Des parcours thématiques ont également été mis en place avec des tarifs pour les titulaires de la carte mobilité inclusion et la gratuité pour leurs accompagnateurs.

Quant à notre espace “Jouez comme vous êtes”, il prend de l’ampleur. Sur 160 m2, on y trouvera des fablabs, comme l’HandiFablab de l’IEM APF France handicap Christian Dabbadie, des entreprises qui fabriquent des manettes adaptées ou des serious game thérapeutiques, à l’instar de NaturalPad. Capgame y tiendra bien sûr un stand, comme deux structures orientées sur le déficit visuel, Accessijeux ou Dragonium.

F-F.fr : Quelles sont les missions de Capgame ?

J.D : À sa création en 2013, par des personnes de l’AFM-Téléthon – un ergothérapeute, un joueur, un animateur – et moi-même, l’objectif était de faire de la veille technologique. De recenser tout ce qui était disponible pour les joueurs handicapés qui ne savaient pas que cela existait ou ne savaient pas l’utiliser.

Puis, en 2017, nos missions ont changé grâce à ce que je qualifie d’« alignement des planètes ». Un contexte où la société a commencé à porter un autre regard sur le handicap. Où la législation, surtout, changeait aux États-Unis. Les concepteurs de jeux vidéos y étaient fortement incités à prendre en compte l’accessibilité sous peine de fortes amendes.

Veille, tests, accompagnement

Aujourd’hui, Capgame continue sa veille sur les solutions d’accessibilité des jeux vidéos  mais l’association les teste aussi. Nous faisons également de la R&D. La veille et le testing révélant souvent des problèmes non résolus. Là, l’idée est d’aller jusqu’au prototypage puis de passer le relais.

Nous avons également une activité de consulting, sensibilisation et de formation. De plus en plus de professionnels font appel à nous pour les accompagner dans l’industrie du jeu vidéo ou le médico-social. Nous intervenons dans les écoles, auprès des futurs développeurs et des kinésithérapeutes et ergothérapeutes. Pour les aider à s’approprier l’univers du jeu vidéo et être efficaces en l’utilisant. Enfin, nous avons développé un axe e-sport.

F-F.fr : En quoi l’e-sport est-il stratégique ?

J.D : Parce que c’est un territoire magique. Il y a un énorme engouement autour de l’e-sport avec un réel plaisir à regarder les autres jouer. L’enjeu est donc d’y trouver une place pour le joueur en situation de handicap. Faire en sorte que cela puisse demain être une discipline handisport.

A propos de Corinne Manoury

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