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« Sans kiné respiratoire, les patients risquent de se retrouver rapidement aux urgences. Ce qui n'est souhaitable ni pour eux, ni pour les hôpitaux, déjà engorgés », pointe une kinésitérapeuthe. © capture d'écran Youtube

Coronavirus et handicap : pour la kiné respiratoire, il y a urgence

La crise du coronavirus a entraîné l’arrêt de l’activité des kinésithérapeutes. Sauf pour les soins vitaux, comme la kiné respiratoire. En principe. Car en réalité, « les kinés qui ne sont pas équipés de masques FFP2 ne peuvent pas intervenir », explique le président de leur fédération.

Première journée sans kiné respiratoire pour le mari de Catherine Ponce. « Lundi matin, notre kinésithérapeute nous a expliqué qu’elle fermait son cabinet. Et qu’elle arrêtait les soins à domicile, explique l’épouse de ce savoyard de 57 ans, atteint d’une maladie neurologique sévère. Le problème, c’est qu’il a absolument besoin de sa séance quotidienne. »

La kiné respiratoire l’aide en effet à expulser les sécrétions de ses bronches. Ce que ses capacités physiques limitées ne lui permettent pas de faire naturellement. « S’il n’a plus de kiné, il risque une surinfection pulmonaire », précise sa femme.

La kiné respiratoire, un soin vital

Richard Dana, le délégué général de la Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR) a confirmé à Faire-face.fr la fermeture des cabinets ainsi que l’arrêt des soins à domicile.

Une mesure prise pour contribuer à limiter la propagation de l’épidémie. « Par contre, insiste-t-il, les soins urgents continuent à être assurés. Et cela concerne donc la kiné respiratoire pour les patients qui en ont un besoin vital. »

Sans masque FFP2, « c’est dangereux »

Mais Sébastien Guérard, le président de la FFMKR, pose une limite à ce principe. « Les kinés qui ne sont pas équipés de masques FFP2 ne peuvent pas intervenir. Car, sans cette barrière, c’est dangereux pour le praticien et le patient. »

À la différence des masques chirurgicaux, anti-projections, devant être portés par le patient contagieux pour limiter la contamination de ses proches, les FFP2 sont des masques filtrants qui permettent de protéger la personne qui en porte contre les risques d’inhalation d’agents infectieux. Or, jusqu’à présent, les kinésithérapeutes ne font pas partie des professionnels de santé ayant droit, prioritairement, à l’attribution de masques FFP2.

Bientôt des masques FFP2 pour la kiné respiratoire ?

Extrait du communiqué du ministère de la santé

Ils pourraient cependant en recevoir prochainement, à en croire le ministère de la santé. Dans un communiqué, publié vendredi 13 mars, il assure : « les masseurs-kinésithérapeutes recevront des masques chirurgicaux pour les seuls soins prioritaires (possibilité de FFP2 pour certains actes de kinésithérapie respiratoire) et l’activité indispensable au maintien à domicile notamment. » « Uniquement « dans les zones où le virus circule activement », précise-t-il. Ce qui limite la portée de la mesure… pour le moment. Reste à savoir quand ces masques promis seront distribués. Et s’ils seront en nombre suffisant.

Vital pour les patients… et le système hospitalier

En attendant, si vous avez besoin de kiné respiratoire, vous devrez donc trouver un praticien ayant la chance d’avoir conservé quelques FFP2 dans sa réserve. Ou qui accepte de venir chez vous sans masque ou un simple masque chirurgical, peu efficace.

Certains le font, conscients de l’importance vitale de cet acte pour leurs patients… et pour le système hospitalier. « S’ils ne trouvent pas, ils doivent contacter l’agence régionale de santé », conseille Richard Dana.

Éviter l’encombrement des urgences

« Sans kiné respiratoire, les patients risquent de se retrouver rapidement aux urgences. Ce qui n’est souhaitable ni pour eux, ni pour les hôpitaux, déjà engorgés, pointe Julie Rovel. Cette kiné de Moselle continue à intervenir à domicile pour assurer les soins urgents. « Chaque professionnel de santé tente de faire de son mieux. En fonction du matériel dont il dispose, de ses convictions et de son implication. »

Actualisation, mardi 17 mars à 13h00 : L’ordre des masseurs-kinésithérapeutes « demande aux kinésithérapeutes de tout mettre en œuvre pour éviter les hospitalisations des plus fragiles en prenant en charge dans le respect strict des règles d’hygiène et à leur seul domicile, les patients vulnérables pour lesquels l’arrêt des soins risquerait d’entraîner une aggravation majeure. Notamment ceux atteints de pathologies chroniques nécessitant de la kinésithérapie de désencombrement (par exemple mucoviscidose, dyskinésies ciliaires primitives, BPCO…) ainsi que les patients polyhandicapés et les personnes âgées dépendantes. (…) Exigez des masques de vos agences régionales de santé pour dispenser ces soins. Assurez-vous de disposer des conditions d’hygiène nécessaires pour vous protéger et protéger les patients.

Kiné maison

Pour les autres soins que la kiné respiratoire, il vous faudra prendre votre mal en patience. Les patients spastiques, par exemple, n’auront pas de séance tant que les mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie ne seront pas levées.

Or, la spasticité est susceptible de provoquer rapidement une rétraction musculaire. Le muscle spastique est en effet contracté en permanence et n’est donc plus étiré. Les fibres musculaires se raccourcissent alors et le muscle se rétracte. Cela peut même entraîner un enraidissement articulaire. En l’absence de sollicitation, l’articulation risque en effet de s’ankyloser. Indépendamment des problèmes musculaires, le membre spastique se fige dans une position anormale.

« Autant que faire se peut, chaque patient doit s’astreindre à pratiquer, seul ou avec l’aide d’un proche, les gestes que lui aura conseillés son kiné », incite Julie Rovel. 

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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5 commentaire

  1. Avatar

    Mon petit fils après avoir passé plusieurs jours pour fièvre jusqu’à 41°et détresse respiratoire ,sorti de l’Hôpital de Falaise hier, avec une ordonnance pour de la kiné respiratoire ,et kiné ne veut pas se déplacer ,il faut qu’il reste disponible si l’hôpital a besoin ?

    • Avatar

      bonjour,
      vous pouvez vous adresser à l’ordre des kiné de votre département afin qu’ils contactent le kiné ou vous trouve un kiné de garde. Bonne chance.

  2. Avatar

    souffrant de BPCO il m arrive d avoir besoin d oxygène en cas d essoufflement la ventoline ne suffisant pas toujours je ne suis pas equipé emerct pour le moment je ne peut pas faire de kiné respiratoire en cas de difficulté a qui je dois m adresser

  3. Avatar

    Bonjour,
    Est ce que tous les personnes qui était infectés du covid 19 ont besoin de kinésithérapie ? Ou sauf des cas particiliere

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