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Pendant la durée du confinement, Faire Face recueille le journal d'Eric, à Nancy. ©Lucas Charlicart

Confinement : « Dès le début mon réseau s’est activé. »

Durant toute la durée du confinement due à la pandémie de coronavirus, Faire-face.fr va recueillir une fois par semaine le témoignage de deux personnes en situation de handicap, à domicile et en foyer de vie. Éric Henry, 52 ans, nancéien, ouvre ce journal hebdomadaire et nous raconte son quotidien chez lui.

Assigné à résidence chez lui depuis le début du confinement, Éric Henry, Nancéien célibataire de 52 ans, en situation de handicap, le vit sans drame. Cadre au conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, il télétravaille. Le resserrement des règles édicté lundi soir par le Premier ministre ne changera pas la donne pour lui : il n’était déjà quasiment pas sorti de son appartement.

À Nancy, Éric Henry supporte pour le moment le confinement. ©Lucas Charlicart

Se recentrer sur l’essentiel

Que l’association d’aide à domicile à laquelle il fait appel ait suspendu ses deux heures de ménage par semaine lui semble bien normal. « Le ménage sera fait quand il sera fait ! Vous connaissez la pyramide de Maslow, sur l’échelle des besoins ? On se recentre sur l’essentiel. »

En revanche, très dépendant, ses interventions d’auxiliaire de vie n’ont pas diminué, ni ses trois heures par semaine d’accompagnement social. « J’ai toujours 3h45 par jour, fractionnées en quatre interventions : 1h15 au lever, 1h à midi pour l’aide au repas, 1h15 le soir et 30 mn au coucher. Ces personnels s’exposent avec une abnégation remarquable. J’espère que la société s’en souviendra. »

Son humeur du jour partagée avec sa communauté

Par chance, Éric avait fait ses grosses provisions du mois juste avant l’annonce du confinement, et il ne lui restera qu’à faire de petites courses d’appoint. « Tout un réseau d’amis s’est aussi activé. Il ne se passe pas un jour sans qu’une connaissance même lointaine m’appelle pour me proposer ses services. »

Éric tient sur sa page Facebook ses « chroniques du confinement ». Tantôt humoristiques, tantôt philosophiques, il y distille son humeur du jour et dialogue avec sa communauté. Il a aussi rouvert quelques livres en souffrance aussi éclectiques que Cyrano de Bergerac et Les gilets jaunes dans la République !

« Je suis en manque de flâneries. »

Mais Éric n’est pas surhomme : le confinement, c’est dur ! « Hier il faisait super beau, un temps à se prendre une mousse en terrasse ! Eh bien non !  Je suis en manque de contacts, de flâneries dans les rues de ma ville, et même de mes trajets en bus, toutes ces occasions de partager la même vie que mes concitoyens. » Bon pour se limiter à sa cour intérieure : il la compare déjà à la promenade en univers carcéral !

Et il se prend à espérer une prise de conscience collective : « Des personnes sont confinées à vie, sans perspective de vie sociale, car leur handicap leur permet difficilement de sortir. J’espère que ceux tournant aujourd’hui en rond vont ainsi se décentrer. »

Retrouvez la suite du journal du confinement d’Éric mardi 31 mars.

A propos de Elise Descamps

Elise Descamps
Journaliste société, un pied dans le Grand Est, le cœur au plus près de ceux qu’elle interroge.

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2 commentaire

  1. Avatar

    bonjour je voulais vous livre temoignage service à domicile depuis aujourd’hui regles nouvelmlles plus de douche moins de menage ! le saviez vous ?

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