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Confinement – Halte aux violences : des mesures et des numéros d’urgence

Femmes battues, enfants maltraités : le confinement est un facteur aggravant pour les violences dans les familles. Le gouvernement a annoncé que les enfants menacés pouvaient être mis à l’abri y compris dans des établissements pour personnes handicapées. Et une vigilance collective est de mise. 

La violence dans les familles ne s’arrête pas pendant la crise sanitaire. Au contraire, le confinement ne peut qu’accroitre les risques pour les femmes et les enfants maltraités. Surexposition au proche violent, difficulté de sortir pour alerter des voisins, fermeture de l’école ou de l'(établissement médico-social qui sont des lieux de repérage.

Actualisation du jeudi 9 avril à 13 h : Les victimes de violence ont également la possibilité de porter plainte en ligne et de tchatter avec la police, ce qui permet donc de l’alerter sans sortir de chez soi ni avoir à téléphoner.

Jeudi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner indiquait qu’en zones de compétence de la gendarmerie, ces violences sont en hausse de 32% en une semaine. Dans la zone de la Préfecture de police de Paris, c’est 36 % en une semaine.

Rappelons que selon une enquête en ligne, menée par APF France handicap en février 2019, plus d’une femme sur quatre (26 %) ayant un handicap de naissance déclare avoir subi des violences sexuelles. Un chiffre s’élevant à une sur dix lorsque le handicap est acquis. Les issues de sortie étant d’autant plus complexes à cause de la dépendance financière des personnes handicapées dans le couple.

Vigilance collective

Que peut-on faire ?

  • Appeler un numéro vert de signalement des violences. En s’armant de patience, car les équipes d’écoute sont elles-aussi réduites par la maladie et le confinement (voir encadré)
  • Se rendre dans une pharmacie. L’Ordre national des pharmaciens a mis en place un dispositif pour alerter les forces de l’ordre.
  • Télécharger l’application App-elles et mettre dans la confidence des proches, quand on se sent menacé, ou se proposer comme personne contact pour des personnes menacées.
  • Prévenir son enseignant dans la communication maintenue pendant le confinement, ou encore le facteur, ou de simples passants.
  • Si on connaît des personnes exposées : prendre des nouvelles par téléphone ou leur rendre visite sans entrer chez elles et en gardant une distance de sécurité (gestes barrières) si elles habitent à proximité
  • Participer au fonds d’urgence exceptionnelle de la Fondation des Femmes pour répondre aux besoins des associations spécialisées.
  • Signer la pétition de Nous Toutes pour un plan d’urgence.
  • Télécharger le plaidoyer d’APF France handicap : « Femmes en situation de handicap : stop aux stéréotypes, aux inégalités et aux violences ! »

Tribunaux et établissements mobilisés

En cas de danger avéré, même si les tribunaux pour enfants sont fermés au public pendant le confinement, les juges continuent de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire sont décidées. Les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront. Les délais des mesures d’assistance éducative peuvent aussi être prolongés.

Par ailleurs, parmi les ordonnances du 25 mars dans le cadre de l’urgence sanitaire existent des mesures de mise à l’abri des enfants menacés. Durant la période de confinement les établissements et services pour personnes handicapées peuvent accueillir des adolescents de 16 ans et plus, ainsi que des mineurs et des majeurs de moins de 21 ans.

Cela, lorsque les foyers de l’Aide sociale à l’enfance ne sont plus en mesure de les accueillir dans des conditions de sécurité suffisantes dans le contexte de l’épidémie de covid-19. Possibilité également de baisser le niveau de qualification des professionnels ou les taux d’encadrement, et d’atteindre un taux d’occupation de 120%, « en veillant à maintenir des conditions de sécurité suffisante dans le contexte de l’épidémie de Covid-19 ». 

Les numéros verts de signalement des violences

Pour toutes les femmes : 3919

Femmes pour le dire femmes pour agir (pour les femmes handicapées) : 01 40 47 06 06

France victimes : 116 006.

Allo enfance en danger : 119  
La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00 
L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62 
Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10 
Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234

A propos de Elise Descamps

Elise Descamps
Journaliste société, un pied dans le Grand Est, le cœur au plus près de ceux qu’elle interroge.

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Un commentaire

  1. Avatar

    Merci pour toutes vos précisions ! En ces temps de confinement où les violences conjugales font des mortes parallèlement au Coronvirus, je souhaitais rendre tristement hommage aux 130 femmes décédées en 2018 et 141 en 2019 en France. Combien en 2020 ? Le chiffre risque d’être effroyable … Plasticienne, J’ai réalisé une installation dans un centre d’art sur les violences faites aux femmes. Intitulée « Loi n°2010-769 ». A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/loi-n2010-769_2.html
    Et aussi « This is not consent » sur la culture du viol : https://1011-art.blogspot.com/p/thisisnotconsent.html

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