Dans les Ésat, une reprise très progressive avec des volontaires

Publié le 6 mai 2020 par Franck Seuret

Les Ésat sont autorisés à redémarrer leurs activités. Uniquement avec des travailleurs volontaires. La reprise se fera au rythme de la réorganisation des ateliers, de l’arrivée des commandes et de la livraison des masques et visières.

« Le redémarrage va se faire au compte-gouttes. » Serge Widawski, le directeur national d’APF Entreprises, qui gère 25 établissements et services d’aide par le travail (Ésat), se veut prudent. Certes, le gouvernement vient d’autoriser les 1 400 Ésat à rouvrir leur portes, depuis lundi 4 mai. Un véritable changement de cap.

En effet, le 16 mars, ils avaient dû suspendre leurs activités. Hormis les services essentiels, comme la blanchisserie, le nettoyage des établissements médico-sociaux ou encore la production de masques et de visières.

« Nous devons mettre en place le nettoyage des locaux, revoir les procédures, organiser le transport dans le respect des règles sanitaires…  poursuit Serge Widawski. Il faut également que les commandes de nos clients tombent. Et puis, beaucoup de nos usagers ne sont pas rassurés. »

Rémunération garantie en mai

Or, seuls les volontaires reviendront travailler. La note ministérielle adressée aux associations gestionnaires le précise clairement. Ainsi, la reprise de l’activité « ne peut s’organiser que sur la base du volontariat des travailleurs en situation de handicap ». Autrement dit, les 120 000 usagers d’Ésat sont totalement libres de leur décision.

Ceux qui choisissent de ne pas y aller percevront quand même, comme en mars et avril, leur rémunération garantie et, le cas échéant, leur AAH différentielle. En mai, tout du moins. En juin, rien n’est encore arrêté.

Les personnes à risque priées de rester à la maison

De plus, « le maintien au domicile des travailleurs présentant des risques de santé les rendant plus vulnérables face à l’épidémie reste la règle », stipule la note. Le Haut conseil à la santé publique a établi une liste des personnes à risque de développer une forme sévère de Covid-19. Les usagers concernés, même s’ils sont volontaires, sont donc priés de rester chez eux.

La moitié des travailleurs volontaires ?

« Je pense que la moitié de nos travailleurs ont envie de reprendre leur activité », avance Patrick Maincent, le vice-président de l’Unapei.  Les associations de cette fédération gèrent près de la moitié des 1 400 Ésat. « Mais je ne suis pas sûr que nous soyons en capacité de tous les accueillir rapidement », prévient-il. 

Dans certains Ésat, sous-traitants, le volume d’activité pourrait en effet ne pas être suffisant. Dans d’autres, la réorganisation des ateliers, pour que les règles de distanciation sociale puissent être respectées, pourrait amener à réduire le nombre de travailleurs présents en même temps.

Des visières pour se protéger

Et puis, même si ce n’est pas obligatoire, l’Unapei préconise de fournir à chacun d’entre eux un équipement de protection individuel. « Une visière, plus facilement supportable qu’un masque », précise Patrick Maincent. Reste à espérer que les livraisons arrivent plus vite qu’au compte-gouttes. 

Entreprises adaptées : le chômage partiel en attendant la reprise

Dans les entreprises adaptées, le retour se fait selon les règles de droit commun. Les personnes handicapées qui y travaillent sont en effet des salariés comme les autres au regard de la réglementation. « Nous réclamons simplement que le dispositif de chômage partiel puisse être prolongé. Aussi longtemps que nécessaire, précise Serge Widawski, le directeur national d’APF entreprises. Pour beaucoup d’entre elles, la sous-traitance représente une part importante de leur activité. Et il va donc leur falloir tenir en attendant que leurs clients fassent de nouveau appel à elles. »

Comment 6 commentaires

BONJOUR?
l’établissement peut-il exiger la non utilisation des transports en commun?
la déclaration sur l’honneur de ne pas présenter de fragilité au tire de la définition du HCSP est elle recevable ?

Bonjour,
L’établissement (LA CHRYSALIDE A TALLARD 05) me demande un résultat de test négatif pour que ma fille, confinée à mon domicile depuis le 13 mars dernier, reprenne son travail à l’ESAT et réintègre le foyer adjacent où elle est domiciliée.
Comment fait-on lorsque le médecin répond qu’il n’a pas l’autorisation de prescrire ce test ?
Ma fille n’a eu aucun contact avec l’extérieur depuis 2 mois.
Merci d’avance de votre réponse.
Cordialement
Marie Lameignère

Bonjour,

Voilà, je suis en situation de handicap, je travail dans un ESAT en gironde, ESAT Gaillan Richelieu, il se trouve que je suis confiné depuis le 13 mars.
Rester en relation par téléphone ou par mail avec mon établissement, ils m’ont fait un souhait de reprise avec volontariat le 14 et ensuite, ils m’ont dis non le 18 mai.
Sachant que j’avais posé des jours de congés restant du 4 au 13 mai avant le confinement, et que les établissements on fait faire par le médecin traitant, voir par le médecin de l’établissement ou de la médecine du travail des prescriptions d’arrêt de travail, ils ont été me dire par téléphone comme de vive voix hier, que mes congés que j’avais posé avant le confinement étaient annuler, sachant que j’ai un avocat, il m’a envoyé un mail, en me disant, que mon employeur dans tout les cas n’avais pas à me suspendre les congés, je suis en droits de les reporters.
Il se trouve, qu’hier je suis allé en ville pour des démarches administratif, pour pouvoir mettre mes cartes de transport à jours, et cas l’occasion je suis allé à mon établissement pour avoir des infos sur le protocole mis en place, ma responsable d’établissement m’a répondu que j’aurai une formation à mon retour.
Sachant aussi que je suis véhiculé, mais c’est une voiture s’en permis, j’ai une heure de trajet à faire, j’ai demandé si j’aurai des pénalités sur le fait des retards causé à la circulation ou autres, s’en réponse.
Du fait que j’ai lancé un projet, je suis héberger chez ma famille à Laruscade, car j’ai vendu ma maison de Floirac, pour me faire bâtir à Prignac et Macamps.
Et j’ajoute aussi que la chef de service a été me dire hier, qu’elle ne suivait pas les actualités au jour le jour, comment prendre des décisions à la légère, mème si l’ARS édité des écrits s’en prendre conscience des risque des usagers pour la reprise avec volontariat.
Une fois rentrer chez la famille, j’ai appris comme ça que certains pays était retomber dans le confinement suite à un nouveau cas de l’épidémie, cela fait craindre la reprise du volontariat.

Honteux ! On est dans le flou le plus total.
Ma fille devra rester chez moi, dixit l’ESAT où elle travaille depuis dix ans… Disons que c’est une non-volontaire plus ou moins désignée d’office, mais aucune date de reprise possible ou progressive ne pointe à l’horizon… Ouverture la semaine dernière : six personnes présentes dans un atelier qui, ordinairement, en compte quinze.
On pourrait au moins se risquer à avancer une date « si tout va bien », une date « révisable » au cas où l’épidémie reviendrait en force. « Il est prévu que tu reviennes tel jour, si tout va bien, si l’épidémie est « calmée ». »
Or il n’y a aucune communication avec les parents-hébergeurs et quand on téléphone pour glaner quelques informations lapidaires, on a l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe et d’embêter tout le monde.
Ma fille reste chez moi parce que mon mari et moi, notamment, sommes « à risque ». Il n’y a pas de volontariat ou de non-volontariat qui tienne. Il est très lourdement conseillé de rester chez soi et on nous dit alors de ne rien craindre, que le salaire sera quand même versé, que l’on conserve la place. Jusqu’à quand ? Qui croire ? Si jamais il n’y avait plus de minimum garanti, il faudrait, comme pour tout « chômeur » un revenu qui se substituerait au « salaire », non ?
Ou sinon, c’est qu’il y a encore une fois deux poids deux mesures. les handicapés d’une part, les valides de l’autre. Encore une fois, ces personnes handicapées seraient considérées comme des sous-citoyens en somme…
Néanmoins, rester chez soi, ce n’est pas une véritable solution à terme. C’est du dépannage ! Encore une fois, ce sont les vieux parents (ceux qui n’y connaissent rien, qui ne sont bons à rien) qui « s’y collent » et se substituent à l’institution. C’est oublier le rôle social des Esat… tout du moins en théorie. Si les personnes sont en établissement, c’est pour une raison, c’est aussi leur droit et aujourd’hui, ce droit est bafoué. De plus, on ne leur dit rien ! On oublie trop facilement qu’il s’agit là de leur poste de travail, de leur vie bien réglée parfois depuis des années, de leur seule relation avec la société, de leur rôle au sein de celle-ci, de leurs collègues et amis, et que c’est tout cela qui est en jeu ! On oublie un peu trop facilement qu’on a affaire à des êtres humains. On les écarte de leurs ateliers, d’accord, on suppose que c’est momentané, le temps que l’Esat aménage ses divers locaux (il y a là du « boulot » !)et prennen des dispositions, que les circuits de bus soient remis à l’ordre du jour, mais rien n’est proposé, motus et bouche cousue, même à l’égard des parents et tuteurs faisant partie du CVS, et il n’y a pas de réel « suivi » de la personne.
Or on rappelle qu’il s’agit d’usagers d’établissements médico-sociaux (on le voit bien à la sévère ponction effectuée sur leurs revenus quand les ouvriers d’Esat sont aussi logés en foyer…) et que cela a un sens ! mais aussi de travailleurs, avec un statut différent, certes, mais des personnes ayant des droits, pas seulement des devoirs et notamment le droit de vivre dignement de leur travail ou de percevoir un revenu de compensation, et ce jusqu’à la reprise !
Parce que le volontariat ou le non-volontariat, au risque de me répéter, il n’est que de façade, certains sont poussés à rester chez eux et cela « arrange » bien les Esat.
Il est temps de dire aux ouvriers d’Esat quand ils devraient pouvoir revenir, dans quelles conditions et, en attendant cette date, de leur dire aussi sur quel revenu ils pourront compter, s’il y aura maintien de la rémunération garantie ou si celle-ci sera momentanément remplacée par autre chose…

Depuis deux semaines, plus de suivi de l’usager, et rien ne filtre (comme d’habitude). Pas de message, plus de coup de fil et quand on appelle, on a bigrement l’impression d’emm…
Tout se passe comme si la personne ne faisait DÉJÀ plus partie de l’établissement.
La poursuite d’un minimum de « suivi », au moins par téléphone, serait souhaitable. En deux mois et demi nous avons eu quelques appels de l’assistante sociale qui, la pauvre, ne savait rien nous dire non plus quant aux dates. Depuis la réouverture, plus rien !
Avoir un peu de considération pour les gens. Prendre des nouvelles de l’usager, le rassurer sur sa situation, lui parler avec des mots qu’il peut comprendre, lui dire que c’est une situation momentanée, qu’on l’attend, qu’on lui garde sa place qu’il réintégrera dès que ce sera possible, lui dire qu’il y aura maintien du « salaire » (parce que, après tout, il n’a rien demandé, il n’est pas « démissionnaire », simplement « non-volontaire peu ou prou désigné d’office »). Dans le cas contraire et si, comme d’habitude, l’omerta est de mise, on va se retrouver avec un lot de dépressions… parce que quand les gens comprennent qu’on ne veut pas d’eux et qu’on les méprise, c’est le danger qui se présente.

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