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Si l’utilisation de la langue des signes française et du Falc a pris de l’ampleur ces derniers mois, c’est bien parce que certains émetteurs de messages ont eu besoin de se faire comprendre de l’ensemble des Français. Encore faut-il que tous s’y emploient.

Falc et langue des signes : la crise sanitaire les a mis à l’honneur

Des interventions présidentielles qui se multiplient, des consignes sanitaires à transmettre… La crise liée au coronavirus a renforcé le besoin de se faire comprendre de tous et le recours au Français facile à lire et à comprendre (Falc) et à la langue des signes française. Un pas vers l’accessibilité mais beaucoup reste encore à faire.

Cap’FALC. Voilà un sigle qui pourrait, dans les prochains mois, faire parler de lui. Il s’agit d’un outil numérique en développement qui devrait pouvoir être déployé en 2021.

Son but ? À l’image d’un correcteur orthographique automatique, il transforme des textes en Français facile à lire et à comprendre (Falc). Mais, comme ces mêmes correcteurs, il nécessitera une intervention humaine pour valider ses suggestions.

Un geste que pourront accomplir des personnes en situation de handicap intellectuel puisque les chercheurs de l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) et de Facebook AI Research travaillent, dès la conception de l’outil, en lien avec l’Unapei. Ainsi, l’expertise d’usage se voit intégrée dès le début du projet.

La crise sanitaire, un accélérateur

Pour mettre au point Cap’FALC, le doctorant Louis Martin et son équipe entraînent le modèle à comprendre le français. Par exemple, en enlevant un mot d’une phrase pour qu’il le retrouve.

Cette recherche a débuté il y a deux ans. Mais il semble que la crise sanitaire en cours ait accéléré les demandes en Falc. Le secrétariat d’État aux personnes handicapées lui-même a mis en ligne des fiches sur le déconfinement.

Traducteur et transcripteur : métiers à part entière

Par ailleurs, la langue des signes française s’est retrouvée, elle aussi, mise en avant dans les communications officielles. Ainsi, lors des interventions présidentielles, notamment, des interprètes partagent l’écran avec Emmanuel Macron. « La crise n’a rien inventé, nuance Jérémie Boroy, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées. Mais elle a accéléré les choses. Les émetteurs de messages ont eu besoin de se faire comprendre de tous. »

En effet, depuis déjà quelques années, les demandes reçues par l’Unapei de traduction en Falc ont beaucoup augmenté, comme le souligne son vice-président, Bruno Le Maire. Ce dernier note le triplement du nombre d’Ésat assurant de telles traductions au sein du réseau depuis quatre à cinq ans pour en comptabiliser quinze aujourd’hui.

Ainsi, le transcripteur en Falc devient-il un métier à part entière de même, espère Jérémie Boroy, que la traduction de textes en langue des signes en partant d’une version sous-titrée. Dans les deux cas, ces professions restent accessibles aux personnes handicapées concernées.

Vers une information régulièrement accessible

Mais des progrès importants demeurent encore à accomplir pour que l’information soit régulièrement rendue accessible. Ainsi, par exemple, si certaines interventions ont été traduites en langue des signes, les discours d’autres ministres s’adressant pourtant, eux aussi, à l’ensemble des Français ne l’ont pas été : « C’est une loterie, déplore Jérémie Boroy. Il faut que l’intervention commence pour que l’on sache si elle sera accessible. Je ne comprends pas la logique. »

A propos de Sophie Massieu

Sophie Massieu
Journaliste économie sociale.

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