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De nombreux recruteurs sont réticents à l'idée d'embaucher des travailleurs handicapés. Dans l' imaginaire collectif, « le handicap est souvent associé à une perte de productivité ».

Employer des travailleurs handicapés ne pénalise pas la rentabilité des entreprises

France Stratégie a comparé les résultats économiques et financiers des entreprises selon qu’elles emploient plus ou moins de travailleurs handicapés. Les résultats sont sans appel : les plus inclusives affichent d’aussi bonnes performances.

Le déconfinement, le 11 mai, a relégué cette étude de France Stratégie, parue le 14 mai, au second plan de l’actualité. Pourtant, les conclusions de ce centre de réflexion économique et sociale rattaché à Matignon présentent un grand intérêt pour les travailleurs handicapés. Et plus encore, pour les employeurs.

Non, « l’augmentation de l’effort consenti pour embaucher des travailleurs handicapés ne pénalise pas la performance économique et financière des entreprises », assure-t-il, chiffres à l’appui.

Une obligation d’emploi en vigueur depuis 1987

De nombreux recruteurs sont réticents à l’idée d’embaucher des personnes en situation de handicap. Dans l’imaginaire collectif, « le handicap est souvent associé à une perte de productivité ».

L’État français a donc instauré une obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH). Depuis 1987, les établissements du secteur privé d’au moins 20 salariés doivent en employer minimum 6 %. Mais il est possible d’y déroger en versant une contribution financière à l’Agefiph.

Une compétitivité soi-disant ménacée

« Certains pourraient critiquer l’incitation à l’emploi direct ou indirect des travailleurs handicapés au titre qu’elle risquerait d’affaiblir la compétitivité des entreprises françaises », note France Stratégie.

Deux de ses experts ont donc mené une étude. Objectif : vérifier si les entreprises qui faisaient le plus d’efforts pour intégrer des travailleurs handicapés – en les embauchant ou en passant commande à des ésats et/ou entreprises adaptées – présentaient de moins bons résultats.

« Pas d’effet significatif sur la rentabilité économique. »

« Il n’en est rien », rassurent-ils. Augmenter l’effort consenti « n’a pas d’effet significatif sur la rentabilité économique de l’entreprise ». Ni sur la rentabilité financière. Ce qui ne surprend pas forcément au regard de la participation limitée des personnes handicapées à l’emploi dans la majorité des entreprises.

Un salaire supérieur dans les entreprises les plus inclusives

Par ailleurs, les entreprises qui font le plus d’efforts offrent en moyenne un salaire par tête supérieur à celui que proposent les entreprises qui font le moins d’efforts. Pourquoi ? Sans doute parce que cette politique d’inclusion s’inscrit dans « une organisation du travail plus respectueuse de normes socialement responsables ».

Une réforme de l’obligation d’emploi confortée

L’étude repose sur des données datant de 2012 à 2016. « Ce résultat apporte une justification à l’esprit des réformes entrées en vigueur en 2020 », note France Stratégie. Celles-ci visent en effet à encourager l’emploi direct. Mais la crise économique que la France risque de traverser pourrait fort malmener les travailleurs handicapés. 

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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