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Aurélien commence seulement à se déconfiner, n'ayant pas ressenti le besoin de sortir du foyer dès qu'il en a été autorisé.

Déconfinement : « Mes premières sorties : retirer de l’argent et ma carte de pêche. »

Pendant le confinement, Faire-face.fr a recueilli chaque semaine les impressions de deux personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, un mois après le début du déconfinement du 11 mai, Aurélien Bascop, vivant en foyer de vie à Saint-Quentin, dans l’Aisne, commence à ressortir et à planifier de nouveau des activités extérieures.

Le foyer APF France handicap où il habite à Saint-Quentin dans l’Aisne a commencé à se déconfiner le 2 juin. Mais Aurélien n’a pas ressenti, la semaine dernière, le besoin de mettre le nez hors de son enceinte. « Je ne sors pas pour sortir. Surtout que le directeur du foyer nous a bien dit de ne pas abuser. Nous sommes quand-même considérés comme des personnes à risque. Le virus ralentit, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. »

Il est vrai qu’Aurélien ne manque pas d’occupations notamment avec son engagement bénévole pour une radio locale, qu’il poursuit à distance. Si on a pu le voir à la télévision le 4 juin, dans le public de N’oubliez pas les paroles, animée par Nagui, c’était grâce à la visioconférence. « J’avais vu passer des inscriptions sur Facebook. Je l’avais déjà fait en vrai, sur un plateau, il y a dix ans. c’était amusant. »

Bientôt la reprise de la pêche

Finalement, il y a deux jours, près de trois mois et demi après sa dernière sortie, Aurélien a traversé la rue pour effectuer un retrait à la banque. « J’avais bloqué ma carte bancaire au début du confinement. J’en ai reçu une autre mais je devais l’activer. » Hier, il s’est rendu à l’hypermarché Cora acheter une carte de pêche, afin d’être prêt, comme chaque année, à taquiner le poisson quand l’occasion se présentera. « Il y a des pontons accessibles dans le secteur. Un animateur du foyer nous emmène à deux ou trois. »  

Au foyer, le déconfinement a détendu l’atmosphère. Certains résidents sont repartis pour la première fois en week-end ou ont repris des rendez-vous médicaux à l’extérieur. Et « même ceux qui ne ressortent pas, par appréhension, savent qu’ils le pourraient ». Mais le foyer n’a pas encore organisé de sortie collective. Dans tous les cas, tous ceux qui, comme Aurélien, manipulent un fauteuil roulant manuel, doivent nettoyer les mains courantes avec du gel hydroalcoolique à chaque franchissement de la porte du foyer. 

Pique-niques du déconfinement

Dans les prochains jours, Aurélien compte se rendre à la délégation APF France handicap, dont il est adhérent. « On ne peut y aller que sur rendez-vous et avec un masque, et les salariés doivent désinfecter tout ce que l’on aura touché. » D’ordinaire, il coanime un groupe destiné à l’organisation de sorties loisirs. « Fin juin nous feront des pique-niques au parc par petits groupes. Mais les activités ne reprendront vraiment qu’en septembre. Certains adhérents sont pressés, mais malheureusement c’est impossible. Je continue les coups de fil pour prendre de leurs nouvelles. »

Une fois le cours de la vie repris, Aurélien planifiera une visite chez sa mère, qui le réclame pendant une semaine. Il faut bien cela pour se retrouver. 

 
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A propos de Elise Descamps

Elise Descamps
Journaliste société, un pied dans le Grand Est, le cœur au plus près de ceux qu’elle interroge.

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