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Le ministre de la Santé a annoncé que les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, destinée aux foyers modestes, vont recevoir gratuitement, par La Poste, plusieurs masques lavables.

Covid-19 : les personnes handicapées vont-elles avoir droit à des masques gratuits ?

Les personnes en situation de handicap recevront des masques lavables gratuits si elles sont titulaires de la complémentaire santé solidaire. Et si elles sont à haut risque médical, elles peuvent bénéficier, sur prescription médicale, de masques chirurgicaux à retirer en pharmacie.

L’obligation de porter un masque a relancé le débat. Depuis lundi 20 juillet, chaque citoyen est tenu de porter cet équipement de protection dans les commerces, mairies et autres lieux publics clos. Des voix se sont donc élevées pour réclamer leur gratuité.

Des masques gratuits pour les « précaires »

Interpellé à ce sujet à l’Assemblée nationale, mardi 21 juillet, Olivier Véran s’est chargé de clarifier la position du gouvernement. Le ministre de la Santé a promis de « réenclencher la distribution de masques gratuits à destination des publics précaires ». « Notamment » ceux qui bénéficient de la complémentaire santé solidaire, a-t-il précisé.

Fin 2019, la CSS a remplacé la couverture maladie universelle-complémentaire (CMU-C) et l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS). Les titulaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) peuvent y prétendre. Même s’ils perçoivent la majoration pour la vie autonome (MVA, 104 €) mais pas le complément de ressources (179 €).

40 millions de masques acheminés par La Poste

Sur France 2, mercredi 22 juillet, Olivier Véran a précisé que les quelque sept millions de bénéficiaires de la CSS (y compris conjoints/compagnons et enfants) recevront automatiquement, par courrier, ces masques dans les prochains jours.

Il s’agit de masques lavables, réutilisables 30 fois. 40 millions vont leur être envoyés. Soit six par personne environ. Cela leur assurera « une protection de trois mois », a précisé le ministre de la Santé.

Deux millions de Français à « très haut risque médical »

Les pharmacies assurent la distribution des masques chirurgicaux aux personnes ayant une prescription médicale.

« Par ailleurs, deux millions de Français – ceux qui sont porteurs de fragilités – peuvent se faire rembourser les masques [chirurgicaux] sur prescription », a ajouté Olivier Véran devant les députés.

Pour être plus précis, depuis mi-mai, les personnes à « très haut risque médical » de forme grave de Covid-19 ont droit à une dotation gratuite de dix masques par semaine. La formule – « à très haut risque » et pas seulement à risque – restreint le champ des patients pouvant y prétendre. Tous les patients en affection longue durée, par exemple, ne sont pas concernés. Ni même les personnes obèses, pourtant susceptibles d’être sévèrement affectées par le Covid-19.

Prescription obligatoire de votre médecin

Mais si vous estimez être à « très haut risque médical » – ex. : vous avez une pathologie respiratoire lourde, vous êtes trachéotomisé, vous êtes immuno-déprimé (sclérose en plaques, etc.)…, sollicitez un médecin. Lui seul est à même d’évaluer le risque et de vous rédiger le précieux sésame. La délivrance, gratuite, de ces masques, en pharmacie, se fait en effet uniquement sur ordonnance.

Une dérogation possible au port du masque

Votre handicap vous empêche de porter le masque ? Demandez à votre médecin un certificat médical en attestant, à produire en cas de contrôle. Le décret du 10 juillet précise que « les obligations de port du masque (…) ne s’appliquent pas aux personnes en situation de handicap munies d’un certificat médical justifiant de cette dérogation et qui mettent en œuvre les mesures sanitaires de nature à prévenir la propagation du virus ».

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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10 commentaire

  1. Avatar

     » le précieux sésame « …
    Etre à « très haut risque médical » n’a rien d’un privilège, ni même d’un sésame pour accéder à des droits.
    Ca signifie qu’en cas de contamination, la probabilité de décès est, de façon avérée – c’est à dire sur la base des connaissances acquises depuis le début de l’épidémie – élevée, voire très élevée. Ca ne fait pas rêver, c’est une menace et un fardeau lourd, qui viennentt s’ajouter à celui de la ou des pathologies qui sont à l’origine de ce risque.
    Ca n’est pas à envier.

    • Avatar

      Je suis tout à fait d’accord avec vous.
      Je m’en serai bien passé des 10 masques gratuits cela voudrait dire  » aucun souci de santé »
      Cordialement.

  2. Avatar

    Bonjour,

    Existe t’il une liste qui identifie les pathologies des personnes à risques et celles étant à très haut risques ? Je suis imuno déprimé et es medecins traitants et CHU nephrologie ne sont nullement sensibilisés et au courant de la différence entre ces 2 categories. Pourtant, on parle de 2 millions de personnes concernees comme étant à très hauts risques ?
    Pourriez vous m’éclairer ?
    Je vous en remercie par avance.

    Bien à vous.

  3. Avatar

    J’ai jamais u gratuit jai acheter à la pharmacie empluse je suis invalidé à 80%

  4. Avatar

    À ce que j ai pu trouvé comme informations les patients à très haut risque sont les personnes imunodeprimees. Étant greffée mon néphrologue n a posé aucun problème hier à me faire une ordonnance pour 10masques chirurgicaux par semaines.
    La cpam devrait pouvoir vous informer clairement je pense la prise étant charge étant de leur ressort.

  5. Avatar

    SEP en fauteuil roulant invalide 80% en ALD 55 ans mais ne faisant pas partie des personnes à haut riques .
    TOUT est dit ABANDON durant le confinement indifference après le deconfinement le HANDICAP en FRANCE est très bien ignoré.
    Je me sens soutenue ,reconnue par le gouvernement tout comme les nombreux HANDICAPÉS
    Une handicapées Strasbourgeoise

    • Avatar

      Quand on fait la liste de tous les droits qu’ouvre une invalidité à 80% et ALD, on ne peut pas dire que les handicapés concernés sont abandonnés.
      Certes, on est toujours handicapé, et on s’en passerait bien.
      Certes, la fréquentation des MDPH et autres services sociaux nous ont appris que râler et pleurer amène souvent un petit avantage supplémentaire, dans le maquis dense des niches sociales, fiscales, patrimoniales, de déplacement ou de stationnement, qui figurent dans nos lois et règlements, et que nous ignorons.
      Mais il faudrait aussi être un peu positif, et profiter de la vie qui nous reste, au lieu de geindre indéfiniment partout.
      Aucun pays n’accorde autant de dispositions que la France dans ce domaine, même s’il reste difficile de prendre un simple métro.
      La SEP n’est pas un facteur aggravant en cas de Covid, tant mieux et pas tant pis. A moins que vous préferiez le masque GRATUIT + le COVID…

      • Avatar

        Handicapé des voies respiratoires à 65 ans le port du masque m’est extrêmement pénible.c’est très compliqué pour toutes les personnes dans mon cas. Alors je ne préfère ni le masque gratuit !!! ni le COVID mais simplement vivre au mieux le temps qui me reste !
        Alors réfléchissez avant d’écrire n’importe quoi !!! (voir commentaire suivant de « maegotton91 »)
        Un handicapé qui ne se sent pas soutenu …….

  6. Avatar

    Bonjour,
    La dérogation accordée aux personnes handicapées ne supportant pas le masque, à justifier sur présentation d’un certificat médical…
    Très bien mais encore faudrait-il que son existence soit connue…
    Je suis atteinte d’un handicap invisible, mais bien présent, je suis autiste asperger. Je le suis présentée à la MDPH, sans masque, vu que je ne le supporte pas, munie d’un certificat médical dérogatoire. Cela c’est très mal passé. La personne qui m’a reçue semblait tout ignorer de cette dérogation, alors qu’elle travaille à la MDPH, lieu « dédié » à la prise en charge du handicap.
    « Les cordonniers sont les plus mal chaussés. »…

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