Accueil > Société > Une formation en ligne pour dépister les violences sexuelles contre les femmes et les enfants handicapés
Tout l'enjeu, pour les proches, est de veiller à repérer les symptômes psychotraumatiques pouvant faire suspecter que la personne handicapée a été victime de violences sexuelles.

Une formation en ligne pour dépister les violences sexuelles contre les femmes et les enfants handicapés

Deux associations viennent de mettre en ligne un module d’auto-formation, gratuit, sur les violences sexuelles. Il s’adresse aux proches de femmes et d’enfants en situation de handicap ainsi qu’aux professionnels. Objectif : les aider à dépister ces violences.

« Il est temps de briser l’omerta. » Marie Rabatel poursuit son combat contre les violences sexuelles subies par les femmes et les enfants en situation de handicap. La présidente de l’Association francophone de femmes autistes fait partie de la petite équipe à l’origine du module d’auto-formation en ligne, lancé mardi 20 octobre.

Deux fois plus exposées aux violences sexuelles

Cet outil, gratuit, rappelle l’ampleur du fléau. Une récente étude de la Drees a ainsi montré que, en France, les femmes en situation de handicap sont au moins deux fois plus nombreuses que celles sans handicap à avoir été victimes de violences sexuelles au cours des deux années précédant l’enquête.

Et chez les enfants, les filles en situation de handicap mental présentent un risque six fois plus élevé, précisent les concepteurs de la formation, sur la base de travaux danois.

Trois bonnes pratiques à adopter

Mais le principal intérêt du module est donner des conseils pratiques aux proches et aux professionnels. « Pour qu’ils soient capables de dépister, signaler et prévenir », insiste la psychiatre Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, qui a participé à sa conception.

Et de lister trois bonnes pratiques. Être attentif à tous les signes. Effectuer un dépistage systématique. Et avoir conscience de la gravité des symptômes psychotraumatiques (troubles du sommeil, crises d’angoisse…) « Malheureusement, ils sont souvent interprétés, à tort, comme des symptômes du handicap et non d’une agression sexuelle », regrette Muriel Saloma.

Des prédateurs visant les personnes handicapées

Les agresseurs sont « souvent des personnes connues de leurs victimes et non des inconnus », insiste Marie Rabatel. Il peut s’agir de proches, professionnels ou bien encore d’autres résidents.

« Ils ciblent les enfants et les femmes en situation de handicap par opportunisme et stratégie », poursuit-elle. Entre autres parce qu’ils estiment que les risques d’être repérés sont bien moindres.

Le module est accessible, gratuitement, en cliquant sur ce lien. Agréé par le secrétariat d’État chargé de l’enfance et des familles, il dure 25 minutes. Il contient également une liste de ressources et les organismes à contacter.

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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4 commentaire

  1. Avatar

    Bonjour,
    J’aimerais tellement que ce genre d’offre concerne aussi les hommes victimes de violences…
    En 2018, 28 hommes sont morts tués par leur compagne ou ex-compagne.
    La lutte contre les violences familiales devrait être globale.
    Le 3919 s’appelle Violences Femmes Info.
    Il n’existe aucune communication à destination des hommes battus.

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